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dimanche 4 décembre 2016

Conseil européen de Stockholm des 23 et 24 mars 2001

Evaluation des premiers résultats de l'initiative e-Europe et priorités de la Commission
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Mis à jour le 29/03/2001 | Imprimer | Envoyer

Dans le cadre d'un communication relative au sommet de Stockholm, la Commission européenne évalue les résultats de l'initiative e-Europe 2002 et dresse un état des lieux de l'adoption et de l'utilisation de l'Internet dans l'UE. Elle présente également les futurs domaines d'action jugés prioritaires pour le développement de la société de l'information en Europe.

L'Europe rattrape son retard sur les Etats-Unis

Premier constat, l'Europe est en passe de rattraper son retard sur les Etats-Unis en nombre d'internautes. Le nombre de ménages de l'UE connectés a augmenté de 55% entre mars et octobre 2000. Le nombre total d'utilisateurs d'Internet, tous lieux de connexion confondus (professionnel, privé), représente aujourd'hui 40% de la population de l'UE.

En revanche, si le coût de l'accès à l'Internet a diminué en moyenne de 23% à 47% au cours de la même période, on remarque que l'utilisation de l'Internet demeure essentiellement passive, c'est-à-dire limitée à la recherche d'informations et au téléchargement. La pratique des transactions en ligne reste plus courante aux Etats-Unis que dans l'UE. Seulement 5% des internautes européens achètent régulièrement des biens et/ou des services sur l'Internet, 25% des internautes européens sont des cyberacheteurs occasionnels.

De même, l'utilisation des services d'accès à haut débit reste encore marginale, l'ADSL ne concernant que 1,1% des foyers européens et le câble que 7,8%. Cependant, la libéralisation de la boucle locale depuis le 1er janvier 2001 devrait favoriser le développement de la concurrence sur ce marché et permettre une baisse des prix sur les services haut débit.

Un frein lié à la sécurité

La sécurité constitue également toujours un frein important à la montée en puissance des transactions en ligne. Une étude spécifique menée dans le cadre d'e-Europe a notamment révélé que 17% des utilisateurs de l'Internet avaient déjà rencontré des problèmes dans ce domaine.

Cependant, les atteintes à la vie privée (9% des utilisateurs) ainsi que les risques liés aux virus (8% des utilisateurs) sont plus volontiers cités par les internautes que les risques liés à une utilisation frauduleuse des cartes de paiement (2% des utilisateurs). Une autre étude émanant cette fois de l'OCDE a également montré que les Etats-Unis disposaient, par habitant, de 6 fois plus de serveurs sécurisés que l'Europe et que cet écart ne s'était pas réduit au cours de l'année 2000.

Société de la connaissance

Concernant le développement de la Société de la connaissance et plus particulièrement de l'accès des établissements scolaires à l'Internet, l'étude de la Commission européenne précise qu'en février 2001, 94% des écoles de l'UE étaient équipées d'ordinateurs et que 79% d'entre-elles disposaient d'une connexion Internet. Des disparités régionales très importantes subsistent néanmoins.

Du point de vue de la formation professionnelle, 23% des travailleurs européens ont déjà eu l'occasion de recevoir une formation spécifique à l'informatique et 45% d'entre eux utilisent l'informatique dans le cadre de leurs activités professionnelles. Si le télétravail ne concerne encore en moyenne que 5,6% des travailleurs européens, des écarts significatifs existent entre les Etats membres en la matière. Ainsi, c'est au Danemark que la proportion de télétravailleurs occasionnels ou réguliers est la plus élevée (17,6%).

E-government

En ce qui concerne les réalisations dans le domaine de l'e-government dans l'UE, 25% des internautes européens accèdent déjà à des sites gouvernementaux d'information. Toutefois, l'interactivité de ces sites reste faible puisque seulement 10% des internautes européens ont utilisé ces sites pour télécharger et transmettre de façon électronique des formulaires.

L'étude européenne montre également que certains Etats membres sont beaucoup plus avancés que d'autres en ce domaine, en particulier les Pays-Bas et les pays scandinaves. Ce faible niveau d'interactivité des sites web du secteur public se retrouve également en ce qui concerne les autorités régionales. Si 56% de celles-ci disposent effectivement d'un site web, seulement 28% proposent des versions électroniques des formulaires papiers existants et 8% permettent aux citoyens de renvoyer ces formulaires par e-mail. Dans le cadre de la mise en œuvre de la résolution adoptée par les ministres européens de la fonction publique en novembre 2000 à Strasbourg, un groupe de travail évalue actuellement l'impact des TIC sur le fonctionnement des administrations nationales et sur l'amélioration des relations avec les usagers. Un programme de travail est actuellement en préparation pour une adoption formelle au cours du premier semestre 2001.

Conclusions et priorités

En conclusion, si la Commission européenne estime que ces chiffres traduisent globalement une amélioration de la diffusion des TIC en Europe, un long chemin reste encore à parcourir.

Les autorités européennes soulignent notamment les risques importants d'un accroissement des disparités géographiques dans la diffusion et l'usage des TIC au sein de l'UE. Afin de lutter contre ce risque de fracture numérique, les Régions éligibles à l'Objectif 1 devraient bénéficier d'une manne de 6 milliards d'euros de fonds communautaires.

Dans sa communication, la Commission identifie également les priorités essentielles de l'initiative e-Europe 2002:

  1. Le cadre réglementaire pour les communications électroniques:
    • déploiement des infrastructures et services à haut débit (xDSL , Boucle locale radio),
    • disponibilité des services de télévision numérique,
    • encouragement à l'implémentation rapide du nouveau protocole IPv6.
  2. L'e-Commerce:
    • transposition rapide dans les différents droits nationaux des directives "signature électronique" et "commerce électronique",
    • développement d'un système européen de règlement des litiges en ligne pour les différends transfrontaliers,
    • encouragement à la mise en place de codes de conduite par les acteurs de l'e-commerce.
  3. La sécurité des infrastructures d'information:
    • renforcement de la coopération et de la lutte contre la cybercriminalité,
    • accroissement des échanges d'informations entre autorités compétentes concernant les aspects techniques de la sécurité des réseaux,
    • soutien financier aux actions de recherche dans le domaine de la sécurité.
  4. Les communications mobiles:
    • adoption rapide du cadre réglementaire européen en matière de gestion du spectre des radiofréquences,
    • soutien au passage des communications mobiles vers le tout IP.
  5. L'e-government:
    • développement d'une véritable offre de services interactifs au bénéfice des utilisateurs privés et professionnels,
    • utilisation des TIC pour améliorer la transparence du fonctionnement des administrations,
    • encouragement à l'usage par le secteur public des technologies de signature électronique ainsi que des logiciels libres,
    • établissement de places de marché électroniques pour les marchés publics.
  6. L'éducation:
    • adaptation des programmes scolaires aux nouvelles possibilités offertes par les TIC,
    • disponibilité d'accès Internet à haut débit,
    • soutien au développement de programmes de formation en ligne (e-learning).
  7. La fracture numérique:
    • amélioration de la coopération européenne pour une utilisation des potentialités des TIC dans le but d'œuvrer à la réduction de la fracture numérique et renforcer ainsi la lutte contre l'exclusion sociale.

Pour en savoir plus

  • eEurope 2002, impact and priorities (.PDF 82 k)
    Communication from the Commission to the Council and the european Parliament (spring european Council in Stockholm, 23-24 march 2001)
    http://www.awt.be/contenu/tel/dem/eEurope_2002_impact_priorities.pdf
  • eEurope 2005 Lien externe
    Le plan d'action eEurope 2005 a été lancé lors du sommet européen de Séville en juin 2002 et confirmé par la résolution eEurope du conseil des ministres de janvier 2003. Son objectif est de favoriser le développement de services publics modernes et d'un environnement dynamique pour l'e-business, grâce à un accès pour tous à la large bande et à des infrastructures de transfert de l'information sécurisées
    http://europa.eu.int/information_society/eeurope/2005/index_en.htm
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