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dimanche 25 septembre 2016

La Commission européenne évalue l'impact d'eEurope

La Commission européenne vient de publier une communication dont l'objet est de mesurer les progrès réalisés dans le cadre de l'action e-Europe 2002
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Mis à jour le 14/02/2002 | Imprimer | Envoyer

Le rapport publié par la Commission a pour objectifs:

  • de dresser un état des lieux de l'utilisation de l'Internet en Europe,
  • d'examiner les rapports entre le développement de l'action politique et l'évolution du marché,
  • de tirer les conclusions sur la dernière année d'e-Europe et de considérer les actions supplémentaires souhaitables.

Parmi les principaux thèmes abordés on peut notamment citer:

  • l'évolution du taux de pénétration de l'Internet dans les foyers européens,
  • l'évolution de l'utilisation de l'Internet par les citoyens et les entreprises,
  • les coûts d'accès et vitesse de connexion,
  • la sécurité de l'Internet,
  • la formation et la lutte contre la fracture numérique,
  • le commerce électronique,
  • l'e-government,
  • l'e-santé.

Taux de pénétration de l'Internet en Europe

Après avoir enregistré une période de croissance rapide, on observe aujourd'hui une tendance à la stabilisation de la pénétration de l'Internet, celle-ci plafonnant à 38% des foyers européens (décembre 2001). Ce chiffre masque de larges disparités. Dans certains Etats membres (Pays-Bas, Suède, Danemark), le taux de pénétration se situe en effet à 60% des foyers. Afin d'inverser cette tendance, la Commission recommande qu'une plus grande attention soit portée aux autres plate-formes d'accès à l'Internet (terminaux mobiles, TV numérique interactive).

50% de la population européenne de plus de 15 ans utilisait l'Internet depuis son lieu de travail, son domicile ou encore depuis des bornes publiques. Il y a aujourd'hui autant d'utilisateurs de l'Internet en Europe qu'aux Etats-Unis. On observe également que 80% des utilisateurs se connectent au moins une fois par semaine. Là aussi l'analyse de ces données montre de profondes disparités entre pays ainsi qu'entre catégorie d'utilisateurs. La majorité des utilisateurs réguliers de l'Internet sont encore des hommes jeunes disposant d'un niveau élevé d'éducation et résidant en milieu urbain.

La Commission encourage les Etats membres a accroître leurs efforts pour mettre en place un environnement favorable à la pénétration et à l'utilisation de l'Internet. L'objectif retenu est d'atteindre, en Europe, un taux minimum de pénétration de 30% dans les foyers et une moyenne de 50% au sein de l'UE.

Coûts d'accès et débits

La Commission rappelle que l'objectif de l'initiative e-Europe n'est pas de faire baisser artificiellement les tarifs, mais bien de contribuer à stimuler la concurrence entre les différents prestataires de la société de l'information. Sur le marché de l'accès à l'Internet par ligne PSTN, la Commission relève que cet objectif peut être considéré comme atteint, le coût mensuel se situant actuellement entre 10 et 20 euros (abonnement téléphonique compris) pour l'offre la plus avantageuse dans l'UE. En outre, la Commission rappelle qu'une concurrence accrue n'a pas seulement un effet positif sur les tarif mais contribue également à l'émergence de nouveaux modes de tarification comme l'Internet illimité au Royaume-Uni. L'adoption du nouveau "package réglementaire télécoms" en décembre 2001 qui sera d'application en 2003 viendra renforcer cette tendance.

D'autre part, la Commission rappelle l'importance du passage vers des accès large bande pour l'introduction de nouveaux services multimédias innovants. En la matière, la Belgique n'a pas à rougir puisqu'elle figure dans le peloton de tête des accès résidentiels à haut débit avec près de 500000 abonnés.

La sécurité des réseaux et des plate-formes

La Commission précise que la sécurité constitue désormais une préoccupation majeure pour l'essor de la société de l'information. On a observé, en effet, au cours de ses derniers mois, une hausse très sensible du nombre d'attaques virales. Le nombre de serveurs équipés d'un système de connexion SSL a pourtant fortement augmenté depuis un an, mais reste encore très en-deça du niveau d'équipement constaté aux Etats-Unis.

La Commission souligne également qu'en dépit de l'existence d'un cadre juridique pour la signature électronique, l'utilisation de celle-ci en tant que mode d'identification reste encore trop limité. Sur le plan technique, la Commission va soutenir le recours à des systèmes d'identification et d'authentification électronique à l'aide de financements pour la R&D en matière de cartes à puce.

Enfin, en matière de sécurité, les actions e-Europe prendront la forme, en 2002, d'actions de sensibilisation, d'appuis technologiques dédiés. Il est également envisagé de mettre sur pied une task force pour la sécurité. Enfin, des actions réglementaires spécifiques pourraient également voir le jour.

La formation et la lutte contre la fracture numérique

Le double engagement pris à Lisbonne qui vise à conférer aux citoyens européens les compétences nécessaires pour exploiter les TIC, mais également à lutter pour réduire la fracture numérique est réaffirmé avec force.

En ce qui concerne les écoles, l'objectif de réaliser le raccordement Internet de toutes les établissements scolaires européens est presque atteint puisqu'en mai 2001, 80% des écoles de l'UE étaient connectées. Cependant la Commission rappelle que trop souvent encore ces connexions ne sont pas utilisées à des fins pédagogiques. Par ailleurs, les connexions utilisées sont encore majoritairement des technologies bas débit.

En ce qui concerne l'utilisation des TIC sur le marché du travail, la Commission précise que plus de la moitié de la main d'œuvre de l'UE utilise des ordinateurs pour travailler. Ce chiffre a d'ailleurs connu une augmentation de 20% l'année dernière. Dans le même temps, la formation à l'utilisation des TIC ne suit pas. Seulement un tiers de la main d'œuvre européenne a reçu une formation spécifique. Cette situation constitue une entrave supplémentaire au développement du commerce électronique.

De la même façon l'étude de la Commission européenne montre que le recours au télétravail reste encore marginal. En novembre 2001, moins de 2% de la main d'œuvre pratiquait régulièrement cette forme de travail. Toutefois, en moyenne un quart des travailleurs européens se montrent intéressés par cette nouvelle forme d'organisation de leurs activités professionnelles. Le Danemark fait figure de pionnier en ce domaine avec 17% de télétravailleurs soit trois fois la moyenne européenne.

La réduction de la fracture numérique passe également par une plus grande disponibilité de l'accès à l'Internet. C'est pourquoi l'une des actions de l'initiative eEurope consistait en l'installation de points d'accès publics à l'Internet. La Commission souligne que 6% des utilisateurs accèdent aujourd'hui à l'Internet grâce à ce moyen. Les statistiques disponibles montrent que ces bornes publiques d'accès présentent un intérêt particulier pour les personnes socialement défavorisées (19% des utilisateurs disposant de faibles revenus, 12% étant sans emploi).

Le commerce électronique

La Commission constate une progression lente du commerce électronique concernant les particuliers (B2C) au cours des douze derniers mois. Alors que 31% des utilisateurs de l'Internet dans l'UE avaient effectué des achats en ligne en octobre 2000, ce chiffre n'atteignait que 36% en novembre 2001. Plus inquiétant, seulement 4% des utilisateurs européens indiquent qu'ils effectuent fréquemment des achats en ligne!

Outre les conditions d'accès, les freins à l'achat en ligne les plus souvent évoqués sont:

  • l'importance des frais de livraison,
  • le manque de confiance notamment en ce qui concerne la sécurité et la disponibilité de moyens de règlement des litiges éventuels.

La Commission souligne qu'en dépit de l'introduction d'un cadre juridique visant à renforcer la confiance (directive commerce électronique du 08 juin 2000), et de plusieurs initiatives spécifiques, notamment en ce qui concerne les modes de règlement alternatif des litiges, la confiance des consommateurs européens n'est toujours pas au rendez-vous. Cette situation est davantage préjudiciable pour les PME qui ne disposent d'une notoriété équivalente à celle des grands groupes.

Pour ce qui est des échanges inter-entreprises (B2B), la Commission relève que l'offre de produits et de services en ligne reste également trop faible. En moyenne, seules 20% des entreprises européennes achètent et vendent sur l'Internet. La Belgique se situe juste dans la moyenne. Là-aussi, les PME-PMI hésitent encore trop souvent à franchir le pas.

Afin de relancer une dynamique propre à réduire les fortes disparités géographiques et sectorielles constatées, la Commission lancera en 2002 dans le cadre de l'initiative Go-Digital, une fonction de surveillance du commerce électronique en Europe basée sur une série d'indicateurs spécifiques. L'accent sera notamment mis sur le passage des PME au commerce électronique.

e-Governement

La Commission renvoie à la déclaration ministérielle du 29 novembre 2001 publiée lors de la conférence sur les services publics en ligne. Elle constate ainsi que près de la moitié des utilisateurs européens ont déjà visité des sites administratifs. En revanche, on observe que moins de 10% de ceux-ci ont introduit des formulaires sous forme électronique. L'objectif réaffirmé par la Commission consiste donc dans la disponibilité rapide de services réellement interactifs pour les citoyens européens. D'autre part, la Commission va également faire porter ses efforts sur trois axes complémentaires en ce domaine:

  • la réorganisation interne des administrations dans le cadre de l'e-gov,
  • la création de places de marchés électroniques pour les achats publics,
  • l'exploitation de l'information émanant du secteur public.

e-Santé

La Commission souligne que c'est dans ce secteur d'activité qu'on a enregistré en un an l'une des plus forte progression dans l'utilisation. En effet, alors qu'en juin 2000, 48% des médecins généralistes européens étaient connectés à l'Internet, ceux-ci étaient 60% en mai 2001. Le pourcentage de médecins qui utilisent le courrier électronique est passé, durant la même période, de 12 à 34%. Enfin, il est à noter que l'intérêt des utilisateurs pour les informations en matière de santé diffusées sur l'Internet est très important et viendrait juste en seconde position après la musique, notamment chez les jeunes. Face à une telle demande, la Commission va envisager comment fixer des normes minimales pour les sites qui proposent de l'information médicale en ligne.

En conclusion

Face à ces différents constats, la Commission estime nécessaire une ré-orientation de l'initiative eEurope qui était conçue comme une action de stimulation du marché à court terme. L'action eEurope devrait donc être poursuivie au-delà de 2002 et comprendre de nouveaux champs d'action, tels que le défi de la confiance dans le cadre du commerce électronique, la sécurité de l'infrastructure informationnelle ou encore la mise en ligne et la réorganisation des services publics.

Enfin, en replaçant l'homme au cœur même de cette action, la Commission veut également renforcer la lutte contre la fracture numérique, notamment en direction des groupes sociaux défavorisés, ou souffrant de handicaps. L'objectif e-Europe doit également s'inscrire dans la perspective de l'adhésion de nouveaux Etats membres et de la pleine intégration de ceux-ci vis-à-vis de l'échéance de la stratégie du sommet de Lisbonne, à savoir, 2010.

Pour en savoir plus

  • Evaluation comparative des progrès de l'action eEurope 2002 (.PDF 104 k)
    Communication de la Commission européenne au Conseil, au Parlement européen, au Comité économique et social et au Comité des régions (COM(2002) 62)
    http://www.awt.be/contenu/tel/dem/eEurope_evaluation_2002.pdf
  • eEurope 2005 Lien externe
    Le plan d'action eEurope 2005 a été lancé lors du sommet européen de Séville en juin 2002 et confirmé par la résolution eEurope du conseil des ministres de janvier 2003. Son objectif est de favoriser le développement de services publics modernes et d'un environnement dynamique pour l'e-business, grâce à un accès pour tous à la large bande et à des infrastructures de transfert de l'information sécurisées
    http://europa.eu.int/information_society/eeurope/2005/index_en.htm
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