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dimanche 25 septembre 2016

Politique et citoyen 2.0

Dans le cadre du "Digital Innovators Tour", TechnocITé a organisé à Namur le 6 mars 2009 un séminaire consacré aux liens entre la politique et le Web 2.0. Les campagnes électorales et la vie politique sont-elles influencées par le Web 2.0?
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Mis à jour le 11/03/2009 | Imprimer | Envoyer

Une élection charnière

Qui a plus de trois millions d'amis sur Facebook, plus d'un million sur Myspace, 150.000 followers sur Twitter et possède une application IPhone customisée à ses couleurs? Un chanteur de rock populaire, l'équipe championne du monde de football? Non, il s'agit d'un homme politique, l'actuel Président des Etats-Unis: Barack Obama. Sa campagne électorale pour l'investiture démocrate et pour la présidence ont été des moments charnières dans l'utilisation des TIC en politique. En effet, l'appropriation réussie des TIC par le candidat et son équipe a joué un rôle important dans le succès de sa candidature.

Au-delà de la communication et du buzz généré par le recours à de nouveaux médias, ces technologies ont très concrètement permis d'atteindre, convaincre et fédérer les électeurs. L'exemple du nombre de "petites donations" en ligne en est la parfaite illustration: elles ont donné un avantage financier considérable au candidat victorieux par rapport à son concurrent républicain.

De plus, les groupes de soutien ont profité de la souplesse des TIC pour s'organiser, depuis la centralisation nationale jusqu'aux actions locales. Messageries instantanées, mails, SMS et outils cartographiques ont été largement utilisés pour mobiliser les équipes de campagne, puis les électeurs.

Et en Belgique?

Est-il possible de transposer avec succès dans notre pays ces nouvelles façons d'aborder les électeurs? Le système proportionnel, la culture politique très différente et la législation sur les dépenses électorales obligent à relativiser les comparaisons, en évitant les caricatures. Par contre, certaines réalités ne permettent plus d'ignorer l'émergence d'une génération de "digital natives" aux comportements très différents de leurs aînés.

En effet, pour les élections régionales et européennes de cette année en Belgique, les primovotants, dont les plus jeunes sont nés en 1991, représenteront 8% de l'électorat! Cette génération a développé des habitudes de consommation de l'information spécifiques: peu de lecture de journaux, télévision rarement regardée, multiplicité des médias consultés, importance de l'avis des pairs, etc. Cette génération est en rupture avec les schémas des médias traditionnels qu'il serait dommageable pour les différentes formations politiques de négliger.

Cette analyse a été développée par Bruno Schroder, NTO Microsoft Belux.

Qu'en pensent les partis politiques?

Dans ce cadre, Gilles Doutrelepont pour le PS, Laurent Burton pour le MR, Jean-Paul Bastin pour le CDH et Georges Gilkinet pour Ecolo ont débattu de la meilleure façon d'utiliser le Web 2.0 dans les relations entre les partis et les citoyens. Ils se sont interrogés sur l'équilibre à trouver entre la nécessaire présence des politiciens sur les réseaux sociaux et les moyens à y consacrer en temps et en argent.

Les réticences des premières heures sont maintenant dépassées et les appareils de partis ont compris la nécessité d'investir le Web. Reste à trouver la meilleure manière d'apporter une réelle valeur ajoutée dans ce nouveau type de communication.

Bloguer ou ne pas bloguer?

Mateusz Kukulka, blogueur pour le "PolitiqueShow.be" et Denis Balencourt, spécialiste des nouveaux médias ont analysé et commenté les blogs de différentes personnalités politiques belges. Il en ressort une grande diversité dans les approches, du site bricolé à la campagne très professionnelle. Pour ces analystes, une règle d'or: la sincérité d'abord.

En effet, les médias interactifs permettent de toucher un public jeune qui privilégie le contact direct avec les interlocuteurs du monde politique. Seuls les sites suivis régulièrement par leurs auteurs et en interaction directe avec les visiteurs, sans censure excessive, sont reconnus par la blogosphère.

Avec le Web 2.0, on passe du discours politique classique à un mode de communication qui ressemble plus à la conversation. Il convient donc d'éviter les opérations artificielles car le retour de bâton pour les apprentis sorciers des médias interactifs pourrait produire l'effet inverse à celui recherché.

Pour en savoir plus

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