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dimanche 11 décembre 2016

Exposition Renaissance 2.0 au Mundaneum

Quand l'histoire rencontre la technologie : le Munadaneum organise, en partenariat avec Google, une exposition qui explore les origines du Web et de l'accès aux savoirs, tout en décryptant les perspectives de la société de la connaissance. L'AWT a rencontré les organisateurs de cette exposition
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Mis à jour le 10/10/2012 | Imprimer | Envoyer

Pour les fondateurs du Mundaneum Paul Otlet et Henri La Fontaine (Prix Nobel de la Paix, 1913), le monde constitue un univers foisonnant de connaissances qu'ils rêvent d'explorer. Avec de nombreux bénévoles, les deux hommes vont mettre au point un système de classement, la Classification D écimale Universelle, organisant le répertoire bibliographique universel, premier moteur de recherche de l'histoire, et élaborer des collections afin de transmettre la connaissance au plus grand nombre.

Férus de techniques nouvelles, en réflexion constante sur la conservation des données et la transmission de la connaissance, leurs recherches les porteront à anticiper nos technologies. Reconnus aujourd'hui comme pionniers de l'hypertexte, Otlet et La Fontaine s'interrogeront précocement (1895-1934) sur la projection à 360 degrés, la microfiche, le livre téléphoné, le téléphone portatif, l'encyclopédie didactique, mais aussi sur les prémisses du crossmedia, de la webo-conférence et du moteur de recherche, etc.

L'exposition "Renaissance 2.0" a pour ambition de raconter cette histoire dans l'Histoire de l'organisation des connaissances et des technologies, en la replaçant dans son contexte historique et en parcourant les diverses époques qui ont marqué les tentatives de classification du monde. Pour présenter cette initiative, l'AWT a rencontré le Président du Mundaneum, Jean-Paul Deplus, Vincent Delvaux, Commissaire de l'exposition, William Echikson, External Relations Head of Free Expression chez Google, Marc Weber, du Computer History Museum en Californie, et Laurent Grumiaux de Fishing Cactus.

Un parcours interactif

Au fil d'un parcours chronologique, la technologie augmente l'histoire d'une dimension nouvelle, offrant à chaque visiteur un cheminement propre suivant le degré d'information qu'il désire. L'exposition invite qui le souhaite à suivre le fil de manière connectée. Grâce à des tablettes, un environnement WiFi et un parcours jalonné de stations numériques renvoyant via des QR codes vers les compléments d'information sur l'encyclopédie libre et participative Wikipedia. Des didacticiels amènent le visiteur à appréhender le fonctionnement du moteur de recherche, la notion de classement ou encore, le processus de dématérialisation de l'information via la numérisation des documents. Et puisque on peut aussi apprendre en jouant, l'exposition s'offre à la découverte au départ d'un Serious game spécialement réalisé pour l'occasion par Fishing Cactus.

En moins de deux décennies, les technologies numériques ont bouleversé nos habitudes de travail, de consommation, de loisir et se sont immiscées dans tous les domaines de la vie quotidienne. Plus largement, elles ont contribué à créer un nouveau rapport avec le monde, plutôt que de se substituer au réel, le virtuel vient "l'augmenter" par le biais de nouvelles interfaces et de moyens de communications innovants. Le champ de la connaissance aujourd'hui est immensément vaste, amplement dématérialisé, distribué, déterritorialisé. Le savoir à l'heure actuel est mondial, accessible partout et en tout temps, il se décline en une grande variété de langues et de dynamiques contradictoires. Il n'est plus l'apanage d'une vision occidentale et ethno centrée mais se trouve soumis à la constance inéluctable d'un relativisme culturel, lui-même amplifié par les flux migratoires et le "raccourcissement" des distances. Nous vivons aujourd'hui dans un monde bien plus petit en termes de distances grâce aux progrès du transport aérien mais infiniment plus grand dans son horizon temporel et plus profond dans le champ de la connaissance que celui dans lequel vivaient nos ancêtres.

L'individu, à partir des années 70, a connu un bouleversement comparable à celui de la diffusion de la culture grecque en Occident grâce à l'écriture ou de la Renaissance avec l'invention de l'imprimerie. Ce nouveau modèle sociétal, ancré au coeur de la machine, de la technologie et des réseaux, a aujourd'hui envahi notre quotidien et bouleversé nos habitudes de vie et de travail d'une manière jamais observée auparavant. L'entièreté du cadre de référence qui a régulé et régi l'activité humaine pendant les cinq derniers siècles en Occident a donc subi une mutation considérable en l'espace de trois générations à peine, ouvrant ainsi la voie à une ère nouvelle, une "Renaissance 2.0", dont nous sommes aux balbutiements.

Pourtant cette époque nouvelle de distribution des savoirs a connu des prémices et a pu germer aussi grâce au travail de pionniers qui ont su tracer une vision claire et garder de manière inébranlable un cap à travers le chaos du monde. Paul Otlet et Henri La Fontaine furent de ceux là et l'entreprise visionnaire du Mundaneum en est un témoignage éclairant qui fit date. Ces "classificateurs" du monde, et ceux qui les ont précédés (les savants du Moyen-Âge, les princes collectionneurs de la Renaissance, les Encyclopédistes des Lumières, etc.), ont tenté de donner un sens à la marche empirique de la connaissance et proposer une méthode claire de classement pour faciliter l'accès à celle-ci.

C'est cette histoire qu'entend retracer l'exposition "Renaissance 2.0". Comment nos ancêtres accédaient-ils à une information avant les bibliothèques, les moteurs de recherche? Comment fonctionnent les moteurs de recherche sur le Web aujourd'hui? A quels bouleversements la révolution numérique nous confronte-t-elle? Quelles perspectives pour l'Internet de demain et la distribution des savoirs? Quelle est la géographie d'Internet et de sa part d'invisible aujourd'hui? L'humanité est-elle entrée dans un nouveau paradigme semblable à celui de la Renaissance? Voilà quelques-unes des questions passionnantes qu'aborde l'exposition présentée au Mundaneum.

Autour de l'exposition

Autour de cette exposition, le Mundaneum propose d'octobre 2012 à mai 2013 un cycle de conférences autour de deux thèmes phares:

  • les pionniers de l'Internet en Europe, en partenariat avec Google;
  • l'impact des TIC sur la société.

Le premier cycle sera inauguré le 22 octobre 2012 à 19h30 par une grande conférence de Robert Cailliau, animée par l'AWT. Cet ingénieur belge est connu pour avoir co-inventé le World Wide Web aux côtés de Tim Berners Lee au CERN (Genève, 1989). La conférence se tiendra en français, Robert Cailliau proposant une version en néerlandais à l'Université de Gand, le mardi 23 octobre 2012 à 19h30.

Le 14 novembre 2012, William Echikson, responsable communication Europe chez Google, donnera un exposé sur la responsabilité sociétale de Google au Mundaneum.

Le 12 décembre 2012, Bruno Schroder, Technology officier chez Microsoft, parlera du futur du knowledge management.

Pour en savoir plus

  • Mundaneum Lien externe
    Centre d'archives et espace d'expositions temporaires de la Fédération Wallonie-Bruxelles, le Mundaneum est aussi appelé "Google de papier" et est aujourd'hui reconnu comme la préfiguration du Web et des réseaux
    http://www.mundaneum.org
  • Computer History Museum Lien externe
    The world's largest history museum for the preservation and presentation of artifacts and stories of the Information Age located in the heart of Silicon Valley
    http://www.computerhistory.org
  • Renaissance 2.0. Dossier de presse (.PDF 4120 k)
    Présentation de l'exposition organisée au Mundaneum du 9 octobre 2012 au 1 juillet 2013 au Mundaneum à Mons
    http://www.awt.be/contenu/tel/dem/Rennaissance_20_Expo_Mundaneum.pdf
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