Agence du Numérique (ex - Agence Wallonne des Télécommunications / AWT), la plateforme ICT de la Wallonie

dimanche 25 septembre 2016

L'AWT vous présente ses ... meilleures tendances pour 2013

Les TIC se confondent de plus en plus avec le monde réel. Quels sont les axes qui structurent cet environnement numérique global? Quelles sont les tendances technologiques qui vont émerger dès 2013? Quels sont les défis de la Wallonie numérique? L'AWT vous propose ses pistes de réflexion
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Mis à jour le 31/12/2012 | Imprimer | Envoyer

4 axes pour comprendre notre futur numérique

Le Master Plan TIC du programme Creative Wallonia a décrypté ce nouvel environnement numérique global selon 4 axes:

  1. Mobile et Web². Une fusion des mondes réel et virtuel.
  2. Cloud computing. Une plateforme ubiquitaire de services.
  3. Big Data. Le pouvoir des données.
  4. Empowerment social. Une redistribution des rôles.

Ces axes recouvrent largement ceux adoptés depuis comme grille de lecture du futur numérique par le consultant IT Gartner, sous le concept de "Nexus of Forces". Cette "conjonction de forces" résulte de la convergence et du renforcement mutuel de 4 tendances technologiques: le mobile, le social, l'information et le Cloud. Si leurs évolutions respectives ont largement été étudiées, le fait nouveau est cette convergence provoquée par la consumérisation des usages TIC, notamment grâce aux terminaux mobiles intelligents.

Le Gartner envisage cette "conjonction de forces" comme une plateforme technologique globale et programmable, offrant de nouvelles opportunités de business pour les entreprises. Les interactions entre ces forces créent un écosystème TIC toujours plus orienté vers les utilisateurs. L'information, globale, pertinente et personnalisable, permet d'élaborer de meilleurs produits et services, notamment au travers des expériences sociales et mobiles. Les terminaux mobiles intelligents et la connectivité permanente forment une plateforme pour les échanges sociaux et permettent l'émergence de nouvelles méthodes de travail et d'organisation. Les technologies sociales relient les gens entre eux, à leurs entreprises et avec le monde, sur base de modèles relationnels inédits où les rapports de force sont profondément modifiés. Enfin, le Cloud computing permet de développer et fournir, de manière transparente, l'information et les services nécessaires aux utilisateurs et aux entreprises.

Web². Une fusion des mondes réel et virtuel

Le premier axe est l'intégration toujours plus forte des mondes réel et virtuel. D'où l'idée d'un "Web carré", illustrant des interactions nouvelles liées à la "multiplication" du monde réel par le monde virtuel. Internet des objets, Natural User Interface (NUI), réalité (et bientôt humanité) augmentée, SmartCities, IT for Green, … sont quelques-uns des concepts liés au Web².

C'est par les technologies mobiles que le Web² a d'ores et déjà pris place dans notre vie quotidienne. Le consommateur adopte des comportements toujours plus nomades et multitâches supportés par les terminaux mobiles intelligents. Grâce à leur connectivité permanente et aux écosystèmes auxquels ils sont intégrés, les smartphones sont capables de répondre, à tout moment et en tout lieu, aux besoins, voire aux impulsions, des utilisateurs.

Cloud computing. Le Web comme plateforme de services

Le second axe est incarné par le Cloud Computing, c'est-à-dire le déplacement vers des serveurs distants, "dans les nuages", des données, applications ou services informatiques, désormais consommables à la demande "comme des services".

Les grands acteurs TIC mondiaux investissent massivement dans le Cloud Computing : IBM (SmartCloud, etc.), Microsoft (Office 365, Azure, SkyDrive, etc.), Google (Drive, App Engine, etc.), Apple (iCloud) ou encore Amazon (Web Services), actuellement la plus importante plateforme Cloud avec plus de 700 milliards d'objets gérés et des pics de 500.000 requêtes par seconde. Outre ces grands acteurs "classiques", de nombreuses plateformes innovantes apparaissent quotidiennement, certaines étant déjà des "icônes", comme DropBox pour le stockage ou Evernote pour gestion des informations.

Grâce au Cloud Computing, le Web devient de facto la plateforme de l'économie numérique. De plus en plus, sites et applications seront construits sous forme de "mashups", c'est-à-dire d'assemblage de briques applicatives disponibles dans le Cloud.

Big Data. Le pouvoir des données

"Nous créons actuellement en deux jours autant d'information que nous en avions créée depuis la naissance de la civilisation jusqu'en 2003", rappelait récemment Eric Schmidt, Chairman de Google. C'est le 3ème axe: le Big Data.

Pour les entreprises, le défi consiste à traiter et activer les données disponibles afin d'améliorer leur compétitivité. Outre les données "classiques" déjà manipulées par les entreprises et exploitées par les techniques de Business Intelligence, s'ajoutent désormais les données informelles, essentiellement issues du "crowdsourcing", via les médias sociaux, les terminaux mobiles, et, de plus en plus par les senseurs intégrés dans les objets de notre quotidien.

Ces données se caractérisent par un volume et une vitesse d'acquisition inédits. Confrontée à un environnement "plus rapide que le temps réel", l'entreprise doit mettre en oeuvre des processus de "real time business analytics" intégrant la recherche, l'identification, la collecte, l'organisation, le traitement et la visualisation de ces données. Pour McKinsey, les entreprises capables de mettre en oeuvre les stratégies et outils les plus efficaces pour améliorer la connaissance du client afficheront des taux de croissance annuels significativement supérieurs à la moyenne de leurs concurrents.

Empowerment. La redistribution des rôles

Enfin, le 4ème axe est moins technologique que sociologique puisqu'il bouleverse le modèle toujours largement hiérarchique de notre société. Baptisé "empowerment" par Forrester, il résulte de la combinaison des médias sociaux, du mobile et du Cloud Computing. Les relations "consommateur/marque", "employé/employeur", "élève/professeur", ou encore "citoyen/gouvernement" sont profondément modifiées par les TIC.

Au sein des entreprises, le défi majeur va être d'assurer aux ressources humaines l'accès aux outils numériques et d'en organiser l'usage. Forrester évoque ainsi la notion de HEROes (Highly Empowered and Resourceful Operatives). Ils seront les innovateurs au sein des entreprises et des organisations, fortement impliqués dans la création, le développement et le lancement de projets caractérisés par une haute valeur ajoutée et un recours intensif aux technologies, internes et externe, disponibles en mode Cloud.

La co-création distribuée devient une tendance de fond. Grâce aux TIC, la capacité à organiser des communautés, développer, commercialiser et assurer le service après-vente de produits et services, se déplace de la sphère professionnelle vers le grand public.

Tendances TIC pour 2013

Chaque fin d'année est l'occasion pour les consultants, chercheurs et entreprises du secteur TIC de proposer leurs tendances pour l'année à venir. 2013 n'échappe pas à la règle. L'AWT a sélectionné et regroupé les tendances plus marquantes.

Compagnon mobile

Gartner indique que d'ici 2015, 80% des ventes de portables concerneront des smartphones. Dans le même temps, les ventes de tablettes devraient rejoindre celles des ordinateurs portables. La concurrence des plateformes devraient également évoluer fortement. Essentiellement concentrée sur le duel iOS (Apple) versus Androïd (Google), la lutte pour la domination du marché des plateformes mobiles va s'élargir à Windows 8 (Microsoft). La "mauvaise" nouvelle pour les organisations et les entreprises est qu'il ne sera pas possible de faire le choix radical d'une plateforme. Elles devront mettre en place une politique de support et d'intégration de plusieurs types de terminaux, sur plusieurs plateformes (dont de nouveaux challengers tels que Rim BB10, Jolla, Tizen, Mozilla OS).

2013 marquera le véritable début de l'ère "post PC". De simple canal supplementaire, le mobile va évoluer en une offre "cross canal" globale qui construira sa valeur ajoutée sur l'immédiateté, la simplicité et la contextualisation. Cette étape intermédiaire sera suivie d'une autre évolution que l'on pourrait qualifier de "mobile-only" où le service mobile devient un véritable "compagnon" conçu comme une extension de la personne et des habitudes de chaque mobinaute. Le passage vers cette troisième étape va être rendu possible par l'integration dans nos devices mobiles des nouvelles technologies de localisation, de capteurs et d'affichage.

Parmi ces nouvelles technologies, on retrouve par exemple les commandes en language naturel NUI (Natural User Interface, notamment via le contrôle vocal ou gestuel), la réalité augmentée, la capacité à partager depuis son device mobile des contenus sur différents type d'écrans (interface HDMI, radio, pico-projecteurs, etc.), les accéléromètres, les gyroscopes ou encore les différents types de senseurs (par exemple l'intégration de compteurs Geiger dans les smartphones au Japon).

Commerce connecté

Désormais installé dans la vie quotidienne des entreprises et des consommateurs, l'e-commerce reste un phénomène en perpétuelle mutation. Ces dernières années, les médias sociaux ont par exemple profondément modifié les relations entre marques et consommateurs. Plus que jamais, l'e-commerce va subir l'influence des forces majeures que sont l'empowerment social, le mobile et le cloud computing. Ainsi, les réseaux sociaux sont-ils aujourd'hui utilisés par les marques automobiles tout au long du processus de vente.

Mais c'est sans soute sous l'angle de la fusion entre monde réel et virtuel que les évolution seront les plus marquantes, notamment via le mobile et l'Internet des Objets. On s'attend donc à l'émergence d'un véritable "commerce connecté" qui offrira une expérience utilisateur globale, continue et transparente, intégrant les interactions en ligne multicanal avec les interactions "in situ". Traçabilité de la fabrication et de la composition des produits, comparaison en temps réel entre concurrents, modes d'emploi interactifs, mobiliers et présentoirs intelligents, réalité augmentée, ... feront partie de nos processus de choix et de consommation. On assiste aussi aux prémices d'une télévision connectée amenant les téléspectateurs à interagir avec les marques et les enseignes. Ces évolutions sont autant de défis et d'opportunités pour nos entreprises, tant pour les fournisseurs de solutions ICT, que pour les (cyber-)commerçants eux-mêmes.

Le mobile, encore lui, jouera évidemment un rôle majeur pour le commerce connecté. Plusieurs études récentes (Juniper Research et ABI Research notamment) montrent que le "m-commerce" devrait connaître un véritable décollage dans les 5 ans à venir, pour représenter entre 25 et 30% de l'ensemble des revenus du commerce électronique. Dans un premier temps, ce sont surtout les produits de grande consommation qui seront concernés, comme les vêtements ou les produits de beauté, parce que les risques perçus lors de la transaction sont faibles. Cette tendance sera encore renforcée par l'explosion du marché des tablettes.

C'est aussi dans la perspective du commerce connecté que l'impression 3D pourrait, selon Chris Anderson, ancien rédacteur en chef de Wired, occasionner dès 2013 une nouvelle révolution industrielle qui devrait bousculer la production et l'échange de biens physiques de la même manière que le Web a remis en cause les secteurs des services, de l'information et de la production de contenu.

Bring your own "Everything"

Avec la consumérisation de l'IT, les TIC débordent de plus en plus du seul cadre professionnel où les systèmes et usages sont organisés et contrôlés. Le BYOD (Bring Your Own Device) touchera de plus en plus d'entreprises en 2013. Gartner estime que les employés utiliseront en moyenne quatre à six terminaux différents dans le cadre de leurs activités professionnelles au cours des prochaines années.

Les applications vont suivre cette évolution. On parle dès lors de BYOA (Bring Your Own Application). Les employés auront de plus en plus recours à des applications "grand public" dans leur environnement professionnel, parallèlement aux applications privées de l'entreprise mises à disposition via des "app stores".

L'étape suivante de ce processus sera d'apporter au sein de l'entreprise ses propres services et ses propres développements. C'est donc à un véritable phénomène de "Bring Your Own Everything" que les organisations vont devoir adapter leur environnement IT. Cette adaptation sera d'autant plus critique que le lieu même du travail devient élastique, avec les nouvelles façons de travailler liées au NWOW (New World Of Work), comme le  coworking et le télétravail. L'évolution de " Chrome", le navigateur de Google, vers un environnement applicatif global est une illustration remarquable de ce phénomène.

Les entreprises devront définir et mettre en place des stratégies de support, d'évaluation, de sécurité technique et juridique, de conditions d'accès aux ressources IT, ou encore de respect de la vie privée, pour accompagner cette vague de terminaux, applications ou développements "privés".

Web programmable

Datacenters distribués et services de stockage en ligne, d'une part, connexions filaires et mobiles ubiquitaires, d'autre part, forment désormais une véritable plateforme distribuée sur laquelle les entreprises vont progressivement migrer. En 2013, plus de 60 % des organisations auront adopté une forme ou une autre de Cloud Computing.

Le modèle des API (Application Programming Interface) devient le modèle standard de développement. Plusieurs milliers d'API publiques sont déjà disponibles sur www.programmableweb.com, et le rythme d'adoption s'accélère. La multiplication d'API mises à disposition sur le Web fait de ce dernier la plateforme "universelle" sur laquelles les organisations, les entreprises, mais aussi les citoyens, vont développer et mettre en oeuvre leurs services interactifs. Les observateurs avisés parlent désormais de "Web programmable".

L'exemple du journal anglais "The Guardian" en est une parfaite illustration. En lançant sa plateforme d'API, il a rendu son contenu plus attractif et plus accessible. Développeurs internes et externes peuvent ainsi développer des applications basées sur le contenu du journal, comme par exemple un moteur de recherche personnalisé sur base des tags choisis par les utilisateurs (folksonomy).

D'ici 2014, plus de 70 milliards d'applications devraient être téléchargées chaque année à partir des "app stores". Plus marquant encore, de plus en plus d'entreprises et d'organisations fourniront des applications à leur personnel et leurs partenaires directement depuis des "app stores" privés. C'est aussi un défi absolument majeur pour les services publics.

Data as a Service

La consumérisation de l'IT recèle une autre dimension essentielle, celle des données. Au croisement des phénomènes de Big Data et d'Open Data, on devrait assister des 2013 à l'émergence du "Data as a Service" (DaaS). Si la disponibilité de fournisseurs de données à valeur ajoutée est une réalité fort ancienne, l'application des modèles SOA (Service-oriented architecture) permet d'envisager le déploiement à grande échelle de nouveaux services en ligne accessibles au plus grand nombre et proposant, à la demande, l'agrégation de données brutes, quantitatives ou personnelles, afin de faciliter, pour les entreprises, la compréhension de certains phénomènes et d'anticiper ainsi de nouvelles tendances de marché. Par exemple, les ventes d'un produit seront-elles ou pas affectées par certains types de phénomènes météo? Ou encore, comment va évoluer une épidémie?

Un exemple remarquable de cette tendance est sans aucun doute Qunb entreprise finaliste du concours de startups de la Conférence LeWeb 2012. Qunb se présente comme une plateforme DaaS d'agrégation où il est possible d'interargir et de croiser différentes sources de données. Qualifiée de "YouTube" des données, elle permet à ses utilisateurs de "consommer" les seules données qui les intéressent et de les visualiser dans le format et sur le support de son choix.

Data et secteur public devrait former un couple à haute valeur ajoutée dans les prochaines années. De plus en plus, les entreprises vont envisager les données des services publics comme une "plateforme d'investissement", au sens financier et technologique du terme. Les applications développées sur cette plateforme permettront de libérer des données jusque-là bloquées dans des silos administratifs. En exposant leurs données (Open Data), les services publics faciliteront ces développements et contribueront à des retombées économiques estimées par l'Europe à plus de 50 milliards d'euros.

Enfin, le commerce connecté, déjà évoqué, sera également largement influencé par le phénomène du Big Data. Pour autant qu'elle mette en place un stratégie en la matière, une marque pourra mesurer et analyser les comportements et besoins de ses clients avec une précision inédite, et traduire cette analyse en temps réel dans la (re)définition de son offre.

Internet des objets et informatique cognitive

L'Internet des objets est là! De 15 milliards d'objets "en ligne" représentant plus de 50 milliards de connexions en 2011, Gartner estime que nous devrions passer à plus de 30 milliards d'objets connectés en 2020 et dépasser les 200 milliards de connexions. De nouvelles applications apparaissent régulièrement, comme Woven, un projet qui permet de transformer un vêtement en une plateforme dont le corps humain est la "manette" interactive. Le business de l'Internet des Objets est lui aussi sur les rails. Dopés par l'intégration de puces NFC et de capteurs intégrés, les équipements intelligents et connectés (lunettes ou lentilles, chaussures, vêtements ou tatouages, voitures, etc.) devraient générer un marché de près de 10 milliards de dollars dans les 5 ans qui viennent.

Si l'Internet des Objets est désormais une réalité, force est de constater que les ordinateurs actuels restent essentiellement ... de "simples" calculateurs, capable de produire des résultats sur base d'algorithmes et de données. Ils ne "pensent" pas et ne sont pas véritablement capables d'acquérir des informations de manière intelligente par eux-mêmes. IBM prévoit l'émergence d'une informatique cognitive, basée sur des ordinateurs et des systèmes capables de penser, de se comporter et d'interagir comme des êtres humains. Cette évolution majeure devrait être possible dans les 5 ans à venir grâce à des terminaux et des systèmes informatiques qui disposeront de nos 5 sens.

  • Le toucher. Les nouvelles évolutions des écrans tactiles et les capacités de vibration permettront de simuler sur un smartphone les mêmes sensations physiques que celles éprouvées au contact d'un objet.
  • L'audition. Via des capteurs, à l'accumulation de sons crowdsourcés et à des algorithmes spécifiques, les ordinateurs seront capables de détecter et d'interpréter les bruits qui comptent en fonction d'un environnement donné.
  • L'odorat. Les smartphones, grâce à des capteurs, seront capables d'identifier la composition chimique d'une odeur et, par exemple, de déclencher une action particulière, comme prévenir une maladie en analysant l'air que l'on expire.
  • La vue. Les ordinateurs pourront identifier un objet, sans intervention humaine, notamment grâce à une comparaison à des "Big Data" d'images.
  • Le goût. Les ordinateurs connaîtront les goûts favoris d'une personne et pourront par exemple identifier ses besoins nutritionnels et proposer des recommandations pour le choix d'un régime.

Le numérique au coeur du développement de la Wallonie

Dans la cadre de l'appel à contribution lancé par le Gouvernement wallon pour le plan Horizon 2022, l'AWT a insisté sur le caractère stratégique des TIC. Dans son livre "Sortir de la crise. Comment l'Europe peut sauver le monde", Guy Verhofstadt a livré quelques réflexions particulièrement pertinentes sur les TIC. "Le secteur des TIC va jouer un rôle crucial dans les réseaux trans-sectoriels étant donné que c'est l'unique secteur qui est connecté avec tous les autres secteurs. (…) Les réseaux de communication sont les veines par lesquelles le sang de la nouvelle économie, l'information et la connaissance, coule. La connaissance et l'information sont probablement les seuls éléments qui grandissent au fur et à mesure qu'ils sont partagés rapidement et de manière efficiente parmi les gens. La large bande, la mobilité, la présence des réseaux de communication sont donc les fondements de la nouvelle économie."

Lors de la conférence "Numérique: investir aujourd'hui pour la croissance de demain", organisée en 2009 à Paris par le Secrétariat d'Etat à l'Economie numérique, Paul Hermelin, Directeur général de Cap Gemini, a notamment souligné que les investissements dans les TIC ont un impact positif sur la productivité trois fois supérieur aux investissements hors TIC. On observe ainsi à la fois une hausse de 10 points du taux de couverture Internet génère 1,3 point de croissance supplémentaire du PIB et un effet positif sur l'emploi.

L'école numérique

La place des TIC à l'école est un enjeu d'une importance capitale. L'école doit véritablement les "intégrer" au coeur de son fonctionnement et de son projet éducatif, selon trois axes complémentaires:

  • TIC, facilitatrices de l'apprentissage (TICE ou TIC pour l'Education), permettant de motiver, individualiser et accélérer l'acquisition des compétences;
  • TIC, objet d'étude à part entière permettant à chacun de maîtriser les techniques de base et de prendre conscience des enjeux et des opportunités de ces technologies;
  • TIC, outil de cohésion, de structuration et d'animation de la communauté éducative.

La Wallonie doit envisager les TIC comme une matière transversale, au même titre que le français ou les mathématiques. Cette montée en puissance du numérique dans l'école rejaillira naturellement sur l'ensemble de la société. Les TIC doivent pénétrer le secteur éducatif, non pas comme une compétence spécifique, mais comme une dimension transversale qui affecte tant le curriculum que la pédagogie ou la didactique.

Créer une rupture numérique dans le domaine de l'éducation est un choix de société qui engage de manière vitale l'avenir de la Wallonie. C'est aussi la seule véritable façon de lutter durablement contre la fracture numérique.

L'aménagement numérique du territoire

La circulation de l'information sur les réseaux de télécommunications a pris une place décisive dans le fonctionnement de toutes les activités. Le THD (Très Haut Débit) constitue donc un véritable enjeu de société pour l'émergence d'un nouveau modèle de croissance durable (réduction de l'empreinte carbone, mise en réseau de compteurs intelligents, e-santé, solidarités numériques au service de la population, etc.).

La Wallonie doit envisager l'aménagement numérique de son territoire en intégrant l'ensemble des politiques qui peuvent favoriser le déploiement et l'interconnexion des réseaux à très haut débit. La perception générale de la disponibilité d'un accès à Internet de qualité (presque) partout en Wallonie occulte souvent la nécessité cruciale d'une telle stratégie.

Au-delà de la connectivité THD fixe et mobile, les enjeux de l'aménagement numérique du territoire résident également dans la généralisation et la maîtrise d'usages avancés au travers de nouveaux outils de redéploiement économique. La Wallonie doit s'inscrire au plus vite dans un vaste mouvement mondial qui voit l'éclosion de laboratoires numériques participatifs distribués à l'échelle des territoires. Ces tiers lieux, les FabLabs, sont dédiés à la fabrication numérique personnelle. A la fois studios de prototypage utilisant des machines-outils assistées par ordinateurs (découpe laser, imprimantes 3D, etc.), hackerspaces et centres d'apprentissage, les FabLabs sont la partie émergée de cette troisième révolution numérique touchant cette fois à la conception et à la fabrication personnalisée d'objets.

Au coeur des processus d'innovation ascendante et de décloisonnement des métiers, ces laboratoires d'initiatives numériques doivent représenter un volet majeur de la politique wallonne en matière de TIC. Le rôle des pouvoirs publics sera central pour animer, coordonner et faciliter l'accès à cette infrastructure numérique distribuée, mais également pour accélérer la redéfinition des politiques publiques existantes en matière d'éducation numérique.

La structuration du secteur TIC

Le secteur TIC en Wallonie souffre encore de la dispersion et de la taille souvent trop réduite de ses entreprises. Cela complique l'identification des entreprises TIC innovantes (pépites). Il en résulte un manque de visibilité du secteur TIC wallon dans son ensemble, et des difficultés pour les entreprises à atteindre une taille critique et un niveau suffisant d'internationalisation. Il ne faut toutefois pas de cantonner le secteur TIC dans une logique de "pôle" à l'instar de ce qui a été fait pour d'autres secteurs. En effet, les TIC irriguent l'ensemble des secteurs d'activités et doivent à ce titre être abordées de façon transversale.

Dans cette perspective, le Master Plan TIC a notamment pour vocation d'organiser le cadre général de développement des TIC et de leurs usages en Wallonie au sein d'une véritable plateforme TIC articulée autour des acteurs TIC wallons. L'AWT a enclenché ce processus. Virtuellement placée au cœur de l'écosystème des acteurs TIC de la Wallonie, cette plateforme aura pour mission d'assurer la convergence, l'accompagnement et la diffusion des initiatives TIC, publiques et privées.

Les usages TIC avancés dans les entreprises

Les observations tirées du baromètre TIC de la Wallonie montrent que les entreprises wallonnes ont à présent bien pris conscience de la nécessité d'investir dans les TIC. Néanmoins, au-delà de ce constat positif, on observe que les entreprises, notamment les PME, sous-estiment ou méconnaissent encore les potentialités des usages TIC avancés.

Faute d'un nombre suffisant de partenariats sectoriels en matière d'échange d'expériences et de mise en commun des besoins TIC des PME, la demande n'atteint pas une masse critique suffisante pour stimuler l'offre du secteur TIC et sa capacité d'innovation. La formation aux TIC et à leurs enjeux reste insuffisante chez beaucoup de chefs d'entreprises, et particulièrement les indépendants.

Il en va de même pour la veille technologique et économique. Cette veille est de plus en plus importante pour la survie des entreprises dans un environnement aussi concurrentiel que globalisé. Les pouvoirs publics et les fédérations sectorielles doivent prendre en charge cette veille, qui comprend le balisage de l'offre locale de produits et services TIC, ainsi que l'analyse et la mutualisation des besoins TIC par secteur. Ils joueront ainsi un rôle d'intermédiaire indispensable entre l'offre et la demande des TIC en Wallonie.

Les services publics numériques

La menace de fracture numérique qui pèse sur les services publics est bien réelle. L'AWT a souvent insisté sur l'erreur majeure que représenterait toute forme de "ligne Maginot" contre le numérique. Les services publics de demain seront numériques … ou ils risquent une forme de marginalisation et de perte d'attractivité, notamment pour les jeunes diplômés issus de filières technologiques pointues.

De plus en plus, des activités traditionnellement réservées au secteur public comme la santé, la mobilité, la gestion du territoire, ou encore la gestion de l'identité, vont être confrontées à une concurrence nouvelle issue d'entreprises ou d'initiatives privées. Les citoyens usagers et "alliés" de l'administration voudront retrouver leurs outils et leurs usages numériques habituels dans le cadre de leurs relations avec les services publics. Personnalisation, workflows intelligents, interopérabilité et "Open Data", crowdsourcing, ou encore AppStores "publics", seront les critères d'évaluation et d'adoption par les utilisateurs, ces derniers disposant, au moins pour une partie de leurs besoins, d'offres concurrentes issues d'acteurs privés et mondiaux.

Les nouveaux services publics numériques se construiront sur base de "briques applicatives" assemblées sur des plateformes interactives dont les gouvernements n'auront peut-être plus le contrôle exclusif.

Suivre les TIC avec l'AWT

www.awt.be vous permet de suivre les publications et les activités de l'AWT et des partenaires de la plateforme TIC de la Wallonie. Vous pouvez également vous abonner au flux RSS ou suivre l'AWT sur les réseaux sociaux: Twitter, Facebook, Linkedin, YouTube, Google+, Delicious.

Le baromètre des usages TIC en Wallonie mesure annuellement le niveau des usages et équipements TIC des citoyens et des entreprises. Il propose également des enquêtes sectorielles, notamment sur le secteur TIC, les communes, le secteur des soins de santé ou les écoles.

L'AWT propose et héberge aussi :

L'AWT a également mis en place plusieurs communautés et forums professionnels :

  • #mforum. Le forum de la mobilité professionelle, spécifiquement orienté vers le secteur TIC et les entreprises souhaitent participer au développement d'applications et à l'offre de services dans le domaine de la mobilité.
  • #ipforum. Le forum professionnel consacré aux technologies IP. Cloud computing, e-health, Internet des Objets ou VoIP, sont quelques-unes des thématiques qui y sont abordées.
  • #pme20. Le Club PME 2.0 vise à faciliter la diffusion de bonnes pratiques de terrain et l'échange d'expérience en matière de TIC. C'est dans ce cadre que les acteurs wallons de l'e-commerce ont décidé de se fédérer au sein d'un réseau informel et de définir un plan d'action pour promouvoir le développement du commerce électronique en Wallonie.
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