Paiements en ligne
Il existe différentes formules de paiement en ligne: carte de crédit, codes uniques et cartes à gratter, débit immédiat (cartes de débit et transferts électroniques), par e-mail ou via des comptes de tiers, communications surfacturées, paiements mobiles
Mis à jour le 16/11/2009 | Imprimer | Envoyer |
La carte de crédit
C'est le moyen de paiement en ligne numéro 1, grâce à sa simplicité et son universalité, mais que le cybercommerçant doit accepter avec prudence. Dominant sur Internet, ce moyen de paiement présente des avantages très importants:
- simplicité: nécessité juste de recueillir un numéro de code, un nom et prénom, une date de validité, et un code de vérification, informations qui se trouvent sous une structure identique sur toutes les cartes du monde;
- universalité: possibilité de réceptionner des paiements quelque soit le pays d'origine de l'acheteur, sans se soucier des éventuelles opérations de change nécessaires;
- paiement différé au niveau du consommateur: élément favorisant bien évidemment les achats impulsifs. De plus, compte tenu de cette caractéristique, ce moyen de paiement peut être considéré comme compatible avec la réglementation belge sur le délai de réflexion dans le sens où le compte du client est débité avec un délai de quelques jours et que le client peut aisément dénoncer une opération auprès de "l'acquéreur Un acquéreur (par exemple Bank Card Company) assure la gestion des comptes de cartes de crédit. Par l'intermédiaire de la banque émettrice de la carte de crédit, ils prélève chez le consommateur le montant des transactions et le reverse directement sur le compte en banque du marchand, moyennant le prélèvement d'une commission et sous réserve que la transaction n'ait pas fait l'objet d'une plainte de la part du titulaire de la carte" de la carte (les 2 principaux acquéreurs en Belgique sont Atos Worldline, actif sous l'appellation commerciale Bank Card Company, et Europabank) et se voir rembourser des montants qui auraient été perçus indûment par le vendeur. Côté commerçant, le délai de réception de l'argent varie selon les émetteurs. Il est souvent de l'ordre de 2 à 3 jours.
Il présente également différents inconvénients:
- public restreint aux personnes majeures, ayant généralement dû justifier de revenus réguliers pour recevoir une carte de crédit. Il y a néanmoins environ 3 millions de cartes en circulation en Belgique (dont plus de 90% émises par l'acquéreur Bank Card Company);
- usurpation (de moins en moins) aisée: la simplicité du dispositif engendre la possibilité pour toute personne ayant noté les numéros de la carte d'un tiers d'effectuer des opérations sur le compte de celui-ci. Ce risque n'est évidemment pas lié au commerce électronique, de telles opérations pouvant aussi être effectuées par fax ou téléphone;
- coûts des commissions sur les transactions perçus par l'acquéreur et par le PSP. Ils sont variables selon le contrat, dans un ordre de grandeur de 2 à 3%, plus souvent un montant fixe par mois, plus un coût fixe par transaction). De plus, il est nécessaire pour le commerçant de conclure avec son établissement bancaire un contrat l'autorisant à réceptionner des paiements à distance sans que le client ne doive taper le code confidentiel, "statut" qu'en pratique, une start-up n'obtiendra généralement pas rapidement;
- les transactions sont plafonnées à un certain montant total de dépenses par mois. Généralement, il s'agit de 1250 euros par défaut. Ainsi, ce mode de paiement est inapproprié pour la vente de produits d'un montant supérieur et ne devrait pas être le seul proposé aux clients si le panier moyen attendu dépasse les 500 euros.
Aussi, surtout si le site s'adresse à un public international, la carte de crédit reste un des principaux moyens de paiement à proposer sur un site Internet.
Le point sur la sécurité des transactions par carte de crédit
S'il était auparavant enfantin d'effectuer une opération sur le compte d'un autre, l'algorithme d'élaboration des numéros de carte ayant été livré sur des sites Internet, la généralisation du code de vérification au dos des cartes, chiffres indépendant du numéro de carte, a diminué sensiblement la fraude à grande échelle. De plus, le processus de transfert de données en ligne est maintenant nettement mieux sécurisé, avec d'une part l'emploi des technologies de cryptage sur base de la technologie SSL Protocole de sécurité permettant une communication confidentielle entre deux applications (généralement client/serveur) sur Internet et d'outils spécialement développés par les émetteurs de cartes de crédit, et d'autre part le recours généralisé à des sociétés spécialisées pour assurer la transaction. Ainsi le cybercommerçant reçoit seulement de celles-ci une autorisation ou non de transaction, et n'a donc pas connaissance des numéros de cartes de crédit des acheteurs, ce qui élimine le risque d'usage frauduleux par des employés malintentionnés ou par des personnes qui auraient piraté le site d'e-commerce. Enfin, à côté de ces protections techniques, une protection juridique s'est ajoutée ces dernières années en Belgique.
Sur base d'une directive européenne, la réglementation belge plafonne la responsabilité du consommateur à maximum 150 euros pour toutes les transactions qui auraient été effectuées via sa carte de crédit entre le moment de sa perte/vol et le moment où il avertit la société "acquéreur" (sauf en cas de faute grave ou de négligence de prévenir suffisamment rapidement). Ceci vaut pour les transactions qui auraient été effectuées avec la fourniture du code à 3 chiffres de vérification ou l'imitation de la signature envoyée par fax, c'est-à-dire lorsque la personne s'est appropriée la carte (dans le cas où une transaction aurait été enregistrée sans signature ni code de contrôle, c'est à dire juste avec la fourniture du numéro de la carte et de la date de validité, le détenteur lésé sera intégralement remboursé). Toutefois, seuls les particuliers sont protégés par la réglementation: ce plafond n'est donc pas d'application pour les cartes de crédit établies au nom d'une société. Celles-ci doivent donc être utilisées en ligne avec prudence, d'autant que le risque d'usurpation est augmenté dans un environnement où de multiples personnes peuvent connaître les numéros.
Une source importante de litiges provient de l'usage de cartes de crédit appartenant à des proches, à l'insu du titulaire. L'attention est attirée sur la pertinence pour le cybercommerçant de se réserver un maximum de preuves, quant à la réalité et la fiabilité de la transaction bien entendu, mais aussi quant à la réalité de la fourniture d'un produit ou d'un service et quant à l'identité du destinataire. Ainsi, quand le produit s'y prête, il est judicieux de (faire) recueillir une signature lors de la réception d'un colis. En effet, généralement dans les contrats standards, "l'acquéreur" de carte ne fournit aucune garantie de paiement.
En cas de contestation d'une opération par le titulaire d'une carte de crédit (répudiation) et en l'absence d'indice de mauvaise foi, la société "acquéreur" créditera généralement sans discuter le consommateur lors du relevé mensuel suivant, mais se retournera auprès du cybercommerçant en lui demandant de montrer qu'il a bien eu une transaction en bonne et due forme et de communiquer à qui le produit ou service a été transmis. Même si l'opération a été acceptée automatiquement, "l'acquéreur", en l'absence d'éléments probants de concordance d'identité entre le titulaire et le destinataire ou de précédents de fraude au niveau du titulaire, ne payera vraisemblablement pas le commerçant. En effet, une obligation de prudence dans le chef du vendeur figure dans la plupart des contrats conclus avec les sociétés "acquéreurs".
Certains "acquéreurs" proposent toutefois une formule plus sécurisée (par exemple: protocole 3D-Secure "Verified by Visa" et "MasterCard SecureCode"), sorte d'assurance qui garantit le paiement au commerçant jusqu'à un certain montant, mais uniquement dans le cas où le titulaire de la carte invoque pour unique motif ne pas avoir effectué la transaction et pour des cartes émises dans une zone intra-européenne. Ce dispositif peut être renforcé par l'obligation pour l'acheteur de s'authentifier en validant l'opération via l'interface de Webbanking et son "digipass", comme cela se fait déjà en Belgique pour les clients de plusieurs grandes banques. Cette formule optionnelle est donc recommandable pour le commerçant qui veut réduire les risques de non paiement.
Compte tenu des risques plus grands et de la plus grande difficulté de régler les éventuels litiges, il y a lieu de redoubler de prudence lors d'opérations à l'exportation. A noter aussi que le recours à des sociétés spécialisées en paiement électronique (PSP) ne lève pas d'office ce risque: en effet le métier de celles-ci est de recueillir en ligne de façon sécurisée les données financières et non pas de contrôler l'identité de l'acheteur. Le message que le cybercommerçant reçoit après la transaction en ligne signifie simplement qu'il n'y a pas de dépassement de la limite de la carte de crédit indiquée et que la carte ne fait pas l'objet d'une opposition, mais le message ne garantit absolument pas que le vendeur sera payé, dans le cas où l'acheteur se révèle ne pas être le titulaire de la carte.
Le code unique (crédit ou prépayé)
La carte de crédit jetable
Une formule alternative consiste à utiliser une carte de crédit "jetable". Ce moyen de paiement est très peu répandu en Belgique. Compte tenu du climat de méfiance autour du paiement par carte de crédit apparu au début du commerce électronique, plusieurs banques ont imaginé le concept de carte de crédit virtuelle de manière à rassurer le client: ainsi, au lieu de taper son propre numéro de carte de crédit, le consommateur encode en ligne un autre numéro qui est:
- soit éphémère (valable pour une seule transaction),
- soit permanent, mais dont le consommateur peut modifier à tout moment le montant maximum utilisable et parfois d'autres limites (par exemple valable dans un seul pays).
Ce compte virtuel est lié à une carte de crédit classique ou bien à un compte bancaire, mais le couplage n'est connu que de la banque et du client.
Certaines formules sont complètement compatibles avec le système classique de carte de crédit. Dans ce cas, le client a accès à tous les sites dans le monde permettant le paiement par carte de crédit. D'autres formules ne sont acceptées que sur certains sites d'e-commerce adaptés en fonction. Ce procédé limite dès lors souvent l'usage aux pays où la banque est présente et aux cybercommerçants avec lesquels elle a conclu un accord. De plus, le fonctionnement n'est généralement pas simple, avec nécessité parfois de changer de site.
Enfin, ce mode de paiement n'est pas approprié par rapport à la carte de crédit traditionnelle lorsque la réservation ou les achats nécessitent de présenter la carte qui a été utilisée (par exemple pour retirer des tickets).
Par conséquent, ce mode de paiement électronique, moins universel que la carte de crédit classique, reste marginal. Il peut être pertinent pour les sites de commerce électronique s'adressant à des profils d'acheteurs novices en commerce électronique et plutôt méfiants, ou lorsque l'acheteur potentiel souhaite conserver l'anonymat. En effet, avec ce procédé, généralement seule la banque émettrice dispose du nom du client.
Les codes uniques, prépayés
Dans certains pays, des cartes prépayées sont aussi proposées (par exemple Ticketsurf, issu du groupe France Telecom, présent dans une douzaine de pays, essentiellement francophones). Ces cartes peuvent être achetées en magasin (réseau de boutiques affiliées), ainsi qu'en ligne ou par virement bancaire. L'internaute doit gratter les chiffres au dos de la carte pour finaliser le paiement. En Belgique, ce mode de paiement est pour l'instant peu fréquent sur les sites de commerce électronique.
Les codes uniques payés via des communications surfacturées
Il s'agit d'une variante. Le principe est le suivant: le client doit émettre une communication surtaxée à partir de son téléphone (appel vers un numéro du type 0905) ou envoyer un SMS surtaxé (SMS Premium) à partir de son GSM pour obtenir un code d'activation qu'il doit retaper sur le formulaire en ligne du site d'e-commerce.
Le cybercommerçant doit souscrire un contrat auprès d'un call center qui assurera la réception des appels ou auprès d'une société spécialisée disposant d'un accord auprès des différents opérateurs de téléphonie mobile pour réceptionner/émettre des appels surtaxés.
Il est rémunéré par une rétrocession d'une partie du surcoût de l'appel facturé directement au client par l'opérateur de télécommunication, déduction faite de la commission des intermédiaires éventuels.
Parmi les avantages, on pointera les points suivants:
- garantie pour le cybercommerçant d'être payé (dans la mesure où le service proposé est régulier et ne fait pas l'objet de plaintes en masse de consommateurs). C'est en effet l'opérateur de télécommunication qui se charge de la facturation et des éventuels recouvrements;
- très bonne adaptation aux micro-paiements (dès 0,25 euros);
- facilité. Le système peut être déployé en quelques heures;
- très large public en mesure de payer de la sorte. Tous ceux qui disposent d'une ligne téléphonique et tous ceux qui disposent d'un GSM. Toutes les classes d'âge peuvent ainsi être atteintes;
- anonymat. Le client peut maintenir son anonymat vis-à-vis du vendeur.
Au rayon des inconvénients:
- montant très faible rétrocédé au vendeur par rapport à la dépense de l'acheteur. C'est l'inconvénient majeur. Il dépend des contrats conclus. Ainsi pour un SMS surtaxé d'un euro, il est fréquent que le vendeur ne reçoive que 20 à 30 centimes;
- couverture nationale. Il est possible de proposer ce moyen de paiement auprès de clients de différents pays, soit en souscrivant des contrats avec des intermédiaires dans chaque pays, soit en contractant avec une société servant d'intermédiaire dans les différents pays.
- modularité du prix limité. Cela convient bien pour des produits d'un montant unitaire fixe (tel que le téléchargement d'extraits musicaux ou d'articles journalistiques), mais pas comme moyen de paiement sur un site électronique proposant un catalogue de produits très variés;
- non adapté dans les cas où la réglementation sur le non débit avant le terme du délai de renonciation s'applique;
- comportement incorrect de certains commerçants. C'est le cas si ceux-ci n'avertissant pas précisément le consommateur du coût de ces communications ou abusant de l'envoi de SMS surtaxés aux frais du client. Cette manière de procéder engendre actuellement un nombre important de plaintes, créant de la sorte une méfiance du consommateur.
Ce système se prête particulièrement pour la fourniture de produits dématérialisés délivrés en ligne, surtout si les transactions sont d'un faible montant (inférieur à 10 euros).
En tapant un code unique, il est possible d’accéder à des réseaux sociaux, de consulter des documents en archives, de télécharger des logiciels, de jouer,…
Des sociétés en ont fait leur core-business. Allopass (groupe Hi-Media) est un des plus importants intermédiaires proposant de tels codes. Cette société active dans 55 pays, écoule environ 7 millions de codes par mois, à environ 2,5 millions d’internautes différents. Ses codes uniques peuvent être acquis via SMS, mais aussi via carte de crédit, via un porte-monnaie électronique (tel que HiPay, appartenant au même groupe), ou par facturation mensuelle si le client est abonné auprès d'un fournisseur d’accès Internet associé.
Ce système se positionne pour les paiements de moins de 5 euros et uniquement pour la fourniture de biens dématérialisés. Il est particulièrement bien adapté pour les activités en ligne s’adressant à un public non ou peu bancarisé.
D’autres acteurs se positionnent également sur ce créneau, tels wexpay.com et Paysafecard.
Méthodes de paiement à débit immédiat: cartes de débit et transferts électroniques
Ce moyen de paiement national, en pleine émergence sur les sites Internet, est bien adapté au BtoC, mais aussi au BtoB.
A l'origine, plusieurs banques belges importantes ont développé leur propre système de paiement électronique. Ce système se basait parfois sur l'outil de Web-banking "maison" ou sur une plate-forme électronique spécifique. Il pouvait donc être utilisé par tout client de banque qui s'était abonné à ce service, moyennant parfois un contrat supplémentaire. Le client était redirigé vers cet outil en cliquant sur le bouton correspondant présent sur le site d'e-commerce. Il émettait ensuite une sorte de virement électronique sur le compte du vendeur, qui se distinguait des virements traditionnels par une quasi immédiateté du transfert.
Chaque banque ayant son propre système (CBC Online, Dexia NetBanking, ING Home'Pay, KBC Online), le cybercommerçant devait souscrire à un abonnement auprès de chacune d'entre elles et adapter son site de commerce électronique afin de pouvoir accueillir l'ensemble des clients de ces différentes banques. Dès lors, peu de cybercommerçants ont proposé ce mode de paiement, et donc peu de clients ont souhaité disposer de ce service auprès de leur banque. Ce mode de paiement est donc resté peu utilisé, jusqu'à ce que le secteur bancaire belge, inquiet de la prépondérance des paiements par cartes de crédit, tente de reprendre des parts de marché. Il s'est repositionné via, cette fois-ci, une solution commune aux principales banques belges actives en ligne, basée sur la carte de débit classique Bancontact-MisterCash déployée par Atos Worldline (ex-Banksys).
Cette société avait effectuée une première tentative en lançant au début des années 2000 le système "Banxafe" pour les cartes de débit. Celui-ci impliquait l'acquisition par le consommateur d'un mini-terminal de paiement "Banxafe" à connecter à l'ordinateur via une connexion USB, ainsi que l'installation d'un logiciel. Une fois la carte Bancontact introduite et le code PIN habituel introduits à 2 reprises sur le clavier du terminal (la première fois pour s'identifier, la seconde pour valider le montant), un message chiffré était envoyé à un serveur central qui transmettait au cybercommerçant une autorisation de paiement. Toutefois, compte tenu des coûts respectivement de terminal et d'abonnement, peu de clients se sont équipés et peu de vendeurs ont proposé cette formule. Dès lors, le système Banxafe n'a pas percé.
Nouveau service "Bouton Bancontact"
Une nouvelle approche a été lancée en 2006. Le client n'a dorénavant plus besoin d'équipement technique particulier. Lors de l'étape "paiement", son navigateur Internet est redirigé vers l'interface de Web-banking de sa banque, auquel il est généralement familiarisé. Il encode le numéro de la carte de débit, c'est-à-dire un nouveau numéro PAN (Primary Account Number), comportant 17 chiffres et commençant par 6703. Il est imprimé sur les nouvelles cartes. Il peut être communiqué par l'agence bancaire aux clients dont la carte n'a pas encore été renouvelée) et valide l'opération de la même manière qu'il effectue d'ordinaire ses transactions bancaires en ligne (selon les banques, via par exemple une calculette "digipass", etc.). Cette redirection permet de s'assurer que l'acheteur est bien le titulaire de la carte.
Comme pour le paiement par carte de crédit, le cybercommerçant devra payer des frais d'activation (actuellement 60 euros) et une commission par transaction (compris entre 1 et 1,5%, sur base du chiffre d'affaires mensuel en ligne) à Banksys, mais aussi des frais d'abonnement et de transaction auprès du prestataire qu'il aura choisi pour implémenter le programme de capture et de suivi des commandes sur son site Internet (actuellement Ogone ou NeoSolution), frais s'élevant à 15 euros/mois + 0,5 à 0,9 euros/transaction.
Les avantages de ce système sont les suivants:
- sécurité des transactions: celles-ci s'effectuent avec le même niveau de sécurité que les opérations bancaires en ligne. Le risque de piratage est très faible;
- non répudiation possible: l'usage à l'interface de Web-banking est personnel, protégé par un mot de passe;
- la carte de débit est fort répandue: plus de 10 millions d'exemplaires en Belgique, les belges en ayant plusieurs. Ainsi le site d'e-commerce peut atteindre une population plus large: les adolescents, les retraités et les sans-emplois.
- pas d'apprentissage nouveau pour les personnes déjà habituées à effectuer des opérations bancaires en ligne. Celles-ci seront donc assez facilement disposées à utiliser ce mode de paiement;
- pas de plafond mensuel: la transaction sera acceptée du moment que le compte bancaire est suffisamment alimenté ou que l'ouverture de crédit à la consommation qui aurait été accordée à ce client est suffisante. Toutefois, des plafonds sont parfois fixés dans le contrat de Web-banking;
- bonne adaptation aux transactions BtoB (entre sociétés), l'usage de la banque en ligne se généralisant dans les entreprises.
En ce qui concerne les inconvénients, on pointera les suivants:
- non universalité: il s'agit d'un système de portée nationale pour l'instant, mais qui devrait s'élargir dans le cadre du SEPA (Single Euro Payments Area, zone de paiement européenne unique) avec une évolution vers Maestro. De plus, tous les clients des banques n'ont pas souscrit à un abonnement de Web-banking, qui fait parfois l'objet d'un supplément;
- contestation difficile: contrairement au paiement par carte de crédit qui applique un remboursement direct en cas de contestation, avec charge pour le vendeur de montrer qu'il y a une fraude, le client devra introduire un dossier pour être remboursé s'il n'a pas reçu le produit et n'a pas été directement remboursé par le vendeur. Il semble toutefois que Banksys prévoit une procédure souple de même qu'un débit bancaire avec un léger différé compte tenu de la réglementation sur le délai de renonciation.
Ce mode de paiement est nouveau en Belgique. Il commence donc seulement à percer auprès des consommateurs et des vendeurs, atteignant à peine 15% des paiements électroniques en ligne (contre environ 65% pour les paiements par cartes de crédit et environ 15% pour les boutons de paiements et les comptes virtuels). Il est plus particulièrement recommandé lorsque le site s'adresse particulièrement aux jeunes, ou bien à d'autres sociétés, lorsque le panier moyen est d'au moins 10 euros.
Systèmes de paiement par e-mail ou via des comptes virtuels de tiers
Il s'agit de systèmes de paiement très faciles à mettre en place et de portée internationale, mais surtout adaptés aux transactions CtoC. Le marché du paiement électronique présente de grandes opportunités d'affaires au niveau mondial de sorte que plusieurs sociétés multinationales se sont positionnées dans ce créneau.
Il en est ainsi de la société eBAY qui a racheté la société "PayPal", concepteur d'un système de paiement sous cette dénomination.
Ce système s'inspire du principe des cartes virtuelles: il couple un moyen de paiement classique, comme une carte de crédit, à un numéro virtuel auquel est associé un mot de passe. Une fois inscrit (en communiquant par exemple un numéro de carte de crédit), le client peut effectuer des transferts d'argent auprès de toute autre personne disposant aussi d'un compte "PayPal", en communiquant le numéro virtuel (personnalisable sous la forme par exemple d'une adresse e-mail) et le mot de passe. Il est possible de payer, mais aussi de recevoir de l'argent.
Il présente les mêmes avantages et les mêmes inconvénients que le moyen de paiement auquel il est généralement couplé, la carte de crédit. On notera surtout que PayPal est un moyen de paiement international, simple (il est facile de s'inscrire et de l'utiliser, avec juste un login et un mot de passe), accepté début 2008 par 200000 marchands et auquel plus de 140 millions de personnes ont souscrit. De plus, il n'y a pas de frais d'installation, d'abonnement mensuel, de frais d'installation de passerelles techniques etc. Si le système est techniquement fiable, il n'est pas par contre particulièrement plus sûr que la carte de crédit, surtout lors de transfert CtoC (entre consommateurs).
En effet, l'ouverture d'un compte virtuel n'est pas aussi contrôlé que l'attribution d'une carte de crédit, notamment au niveau de l'identité du détenteur dans certaines régions du monde. De sorte que ce mode de paiement doit être utilisé avec prudence lorsqu'il s'agit de verser de l'argent à un individu que l'on ne connaît pas ou à une société qui n'a pas pignon sur rue. Pour compenser cette faiblesse importante au niveau de l'authentification des deux parties, PayPal inclut dans les frais de commission perçus (3,4% en Belgique actuellement, plus 0,25 euro et une éventuelle marge de change de 2,5%) une assurance qui couvre les transactions jusqu'à un certain montant (actuellement 500 euros).
Les sociétés spécialisées OGONE et Neos Solution peuvent intégrer PayPal sur un site d'e-commerce. En Europe, PayPal est utilisé dans plus de 30% des cas pour des transferts financiers sans lien avec eBay.
D'autres sociétés se sont aussi positionnées dans ce créneau. Ainsi Google propose "Google Checkout", avec des commissions de l'ordre de 2%. Amazon offre également sa solution. Son propre moyen de paiement peut dorénavant être utilisé par d'autres cybercommerçants. Toute personne disposant déjà d'un compte Amazon peut utiliser "Amazon Flexible Payments Service" (FPS).
Le groupe Hi-Media commercialise également une solution comparable, s'appuyant sur son portefeuille électronique Hipay, qui a la particularité de proposer des comptes secondaires liés au compte principal, auxquels peuvent être associés des limites différentes et des filtres en fonction des catégories de sites (par exemple un compte pour chaque enfant).
Les micro-paiements (à partir même de 0,01 euros) sont généralement bien assurés par ces systèmes.
Un mot enfin sur le système "Western Union". Il s'agit d'un système de transferts de fonds, d'une personne à une autre, basé sur un nombre très important d'agences à travers le monde. Il est bien adapté par exemple pour verser de l'argent à des proches résidant à l'étranger, surtout dans des pays où l'accès aux services bancaires n'est pas généralisé. Par contre, il ne convient pas pour le commerce électronique et encore moins pour le paiement en "CtoC", auprès de personnes qui ne sont pas connues du donneur. Un vendeur qui ne permet qu'un paiement via ce système doit inspirer une grande méfiance.
Ainsi, en Belgique, une très large majorité des plaintes pour escroqueries et arnaques via Internet proviennent de personnes qui ont versé de l'argent via Western Union à des inconnus.
Systèmes de paiement à crédit
Ce système, proposé par des sociétés spécialisées en crédit, est une variante du précédent.Un login (généralement une adresse e-mail) et un mot de passe sont transmis au client après acceptation d'un dossier de crédit à la consommation. En tapant ce login et ce mot de passe sur les sites de cybercommerçants affiliés à ces sociétés spécialisées, le consommateur peut valider les achats effectués. Ceux-ci seront débités sur le compte bancaire en fonction des modalités convenues lors de l'ouverture de ligne de crédit.
En Belgique, un tel système est actuellement commercialisé par 1euro.com, filiale du groupe Cofidis.
Paiement par transfert financier via GSM
Ce sont des solutions nouvelles que le consommateur doit encore s'approprier au quotidien. Deux solutions existent actuellement sur le marché belge.
m-Banxafe
m-Banxafe permet à toute personne de faire associer la carte SIM de son téléphone mobile à son compte bancaire. De la sorte, elle peut effectuer un paiement en validant, avec un mot de passe, un SMS qu'elle reçoit sur son téléphone de la part du commerçant. Celui-ci reçoit en retour de la plate-forme un SMS de confirmation. Parallèlement, un virement sera automatiquement établi entre le compte bancaire du client et celui du vendeur.
Pour bénéficier de ce système, le cybercommerçant doit s'inscrire auprès de Banksys et ajouter dans son site Internet l'application permettant de générer un SMS de demande de virement, et intégrer dans sa plate de forme de traitement des commande les messages de confirmation afin de pouvoir délivrer directement le produit/service après validation par le client. Le consommateur doit de son côté une fois pour toute demander à sa banque de lier un numéro de compte à une carte SIM (l'opération peut aussi se faire dans certains automates avec sa carte de débit), ce qui implique, pour les cartes les plus anciennes non compatibles, un échange auprès de son revendeur GSM. Le coût est fixe par transaction et réparti entre vendeur (0,49 euros htva) et acheteur (0,25 euros tvac), facturé directement par l'opérateur GSM.
Cette solution présente plusieurs avantages:
- s'adresser à une clientèle très large étant donné le taux très important d'équipement en GSM,
- être moins coûteuse que le paiement par communications surtaxées,
- présenter un niveau de risque faible.
Par contre:
- l'anonymat n'est pas garanti,
- la solution est nationale,
- les transactions doivent s'élever au minimum à 6 euros,
- l'intégration technique n'est pour l'instant pas prévue pour assurer une simultanéité du processus commande et le paiement dans un site d'e-commerce.
Ping-Ping
Le système "PingPing" (ex "TUNZ") associe à tout numéro de GSM un portefeuille électronique et permet, via un échange de SMS courts avec la plate-forme centrale, de transférer virtuellement de l'argent d'un portefeuille à un autre (maximum 25 euros par transaction).
Cette solution a été reprise en 2009 par Belgacom, qui prévoit de lui donner un nouveau souffle, en la positionnant sur le segment de la fourniture de biens de faible valeur (moins de 25%), mais surtout dans la fourniture de biens dématérialisés tels que des contenus en ligne (articles de presse, etc.) et dans la dématérialisation des tickets et coupons de réduction.
Cette solution présente les mêmes avantages que la précédente. De plus, elle est:
- légèrement moins coûteuse par transaction dans les situations les plus courantes (surtout pour les opérations de faibles montants),
- plus "anonyme" entre les 2 parties en raison de l'absence de lien obligatoire avec un compte bancaire.
Elle se distingue aussi, par rapport à m-Banxafe, par la possibilité aisée d'intégrer techniquement ce mode de paiement sur son site Internet, qui peut être assurée par un PSP.Ainsi, il est aisé d'ajouter ce mode de paiement parmi ceux proposés sur son site Internet. Par contre, il faut tenir compte de l'inconvénient pour le consommateur de devoir approvisionner préalablement son portefeuille électronique (via un virement, une carte de crédit, un couplage avec la facture de l’opérateur pour les clients de Proximus, etc.). Le coût, facturé directement par l'opérateur GSM, est aussi réparti entre vendeur (entre 0,2 et 0,4 euro htva) et l'acheteur (0,15 euro tvac).