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mardi 27 septembre 2016

L'Opéra de Wallonie démultiplie ses spectateurs grâce à Internet

Première mondiale à Liège: 6 caméras HD et 48 micros pour retransmettre un spectacle lyrique en direct sur Internet. Une remarquable utilisation d'Internet pour rendre la culture accessible à tous sans concession au niveau de la qualité
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Mis à jour le 07/06/2010 | Imprimer | Envoyer

La volonté du projet

  • Qui? Opéra Royal de Wallonie
  • Quoi? Spectacle en streaming
  • Quand? 2010
  • Où? www.operalive.org

Rendre la culture accessible à tous est un enjeu de société important. Ce défi est encore plus difficile pour les arts de la scène, et particulièrement pour l'opéra, qui souhaite évidemment que ses spectacles, très coûteux à mettre en scène, soient vus par un maximum de spectateurs malgré la taille limitée de la salle. Il est bien entendu possible de jouer dans des salles de plus grande capacité, souvent au détriment de la qualité, ou de multiplier les représentations. Mais les disponibilités des infrastructures et des artistes sont limitées, et des dates supplémentaires engendrent un surcoût significatif, difficilement conciliable avec des enveloppes budgétaires limitées. De plus, ces efforts risquent de ne pas être payants, le public n'étant pas plus diversifié, sur le plan social et du point de vue de l'âge.

Internet, par nature international et ouvert, peut par contre être un excellent moyen d'atteindre cet objectif. L'Opéra Royal de Wallonie a fiat ce pari. Après avoir été parmi les premiers acteurs culturels wallons à proposer un service de billetterie en ligne voici une dizaine d'années, l'ORW propose depuis février 2010 d'assister en direct à plusieurs de ses spectacles lyriques par le biais d'Internet. En s'adjoignant les services de plusieurs sous-traitants spécialisés, seulement 4 mois ont été nécessaires pour concrétiser ce projet ambitieux.

Il s'agit là d'une première mondiale: aucun opéra ne permettait jusqu'alors de suivre sur Internet, en temps réel, un spectacle culturel de cette envergure, presque comme si on y était.

Sur Internet, presque comme si on y était

L'option a été prise d'aller à contre-courant des vidéos généralement très médiocres que l'on peut trouver gratuitement sur Internet, qui ne permettent guère d'apprécier une œuvre lyrique.

Le spectacle proposé en ligne est payant, mais au tarif très démocratique de4 euros (comparable à la consultation d'un film sur une plate-forme de vidéo à la demande). Il peut même être visualisé en direct sans supplément.

La captation est assurée par des professionnels. Des moyens importants sont d'ailleurs déployés pour restituer le spectacle le plus fidèlement possible sur Internet:

  • 6 caméras haute définition,
  • 48 micros: 24 fixes et 24 mobiles (sur les acteurs),
  • 10 techniciens en permanence,
  • 1 régie son et une régie vidéo,
  • 2 serveurs situés dans 2 data-centers différents, en mesure de gérer un grand nombre de connexions simultanées, et 1 serveur de gestion des comptes clients,
  • des espaces de stockage importants (ainsi 100 GB de données doivent être stockés pour chaque spectacle).

Quatre versions sont proposées, su base des deux critères suivants:

  • qualité moyenne, pour les connexions peu rapides, ou plus haute définition,
  • avec ou sans sous-titrages.

Ces 4 versions restent disponibles en ligne pendant un mois après le direct. La version de base des spectacles plus anciens est disponible gratuitement, ce qui permet aisément de se rendre compte du rendu audio-visuel.

L'Opéra de Wallonie plus international et plus proche des jeunes

Cette initiative s'inscrit pleinement dans la politique de l'ORW d'amener l'opéra dans un maximum de foyers, et de s'affranchir du carcan du millier de places physiques disponibles en salle. Après les versions DVD, les retransmissions à la radio et à la télévision, puis le succès rencontré par les diffusions en différé dans des salles de cinéma (La Traviata en 2009), c'est l'internaute que l'on souhaite atteindre, en proposant de regarder très facilement un opéra sur son écran d'ordinateur (et de plus en plus souvent sur un écran plat de salon connecté à l'ordinateur), à un prix nettement moins important qu'en salle.

Grâce à Internet, l'ORW souhaite:

  1. faire connaître ses spectacles à un public plus nombreux au delà des frontières de la Communauté française (en France, Espagne, Italie, etc.),
  2. attirer un public jeune.

Pour faire connaître ce nouveau service, l'ORW a effectué une vaste campagne de communication, en particulier sur Internet.  Il a lancé un blog et l'alimente notamment avec des illustrations d'artistes, mais investit aussi les réseaux sociaux, très fréquentés par le public jeune ciblé.

Les moyens sont à la hauteur des ambitions. Plus de 25000 euros sont investis pour permettre aux internautes du monde entier de suivre le spectacle avec des images et un son de qualité professionnelle (débit de 1000 kbit/s pour la vidéo et 128 kbit/s pour le son).

A terme, l'Opéra souhaiterait multiplier par 5 son audience grâce à Internet. Toutefois, même si Internet devient de plus en plus un média de masse, beaucoup d'efforts de conviction devront être déployés pour atteindre ce résultat. Il faudra d'abord séduire les internautes pour les amener à s'intéresser en plus grand nombre à l'opéra. Et surtout, il convient de les convaincre de payer pour assister au spectacle, alors qu'ils ont pris l'habitude de trouver gratuitement des contenus culturels sur Internet et de s'en satisfaire, même si la qualité est médiocre. Ce défi n'est pas propre à l'opéra, mais est partagé par l'ensemble des producteurs de contenus, qu'il s'agisse d'articles journalistiques, de conseils juridiques, de musique ou de films.

Heureusement les premiers frémissements d'évolution apparaissent. Un basculement plus sensible vers le mode payant pourrait même apparaître prochainement, compte tenu du développement de plateformes de vidéo à la demande. En effet, celles-ci apportent le confort qui manque tant aux solutions actuelles et fédèrent un contenu de plus en plus large, et pourquoi pas bientôt des œuvres lyriques, de même qu'un catalogue d'autres représentations culturelles. On peut en effet supposer que cette initiative fera des émules dans le secteur.

Pour en savoir plus

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