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mardi 12 décembre 2017

Etat de l'e-learning dans les PME

L'e-learning, qui favorise l'individualisation des trajets de formation, est extrêmement flexible et utilise les ressources du Web, ce qui permet aux PME de devenir plus performantes dans leurs actions de formation
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Mis à jour le 19/11/2006 | Imprimer | Envoyer
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L'e-learning ne remplacera jamais le système éducatif en place mais il apportera le complément essentiel qui permet la formation continue (life long learning) de la force de travail.

Chiffres et contexte socio-économique

Les chiffres

99% (1) des entreprises de l'Union européenne sont des PME. En Wallonie, les entreprises de 5 à 9 employés représentent 52% de l'ensemble des PME régionale. Au sens de la définition européenne, une PME emploie de 5 à 250 personnes, fait au maximum 50.000.000 d'euros de chiffres d'affaires et détient au moins 50% de son capital. 89% des PME wallonnes disposent d'une connexion à Internet. La connexion à Internet est un préalable indispensable à l'utilisation de l'e-learning.

Les PME par nature sont une collection de réalités divergentes; ces organisations ont des usages des TIC parfois très différents selon leur taille et le secteur dont elles sont issues .

En outre, l'utilisation de l'e-learning pour la diffusion des connaissances n'échappe pas à cette règle. Les PME qui ont déjà une utilisation, même basique, d'Internet sont davantage utilisatrices d'e-learning. L'e-learning nécessite un équipement minimum (PC récent, connexion à Internet, carte son, Webcam, logiciels d'apprentissage, local adapté, etc) qui n'est pas présent dans toutes les entreprises.

En Wallonie, 75% des entreprises employant 1 à 249 personnes (donc les PME + TPE) disposent d'au moins un ordinateur. 64% sont connectées à Internet. La présence d'un réseau favorise également l'adoption de l'e-learning. Les PME/TPE wallonnes qui ont déjà eu recours à la formation via Internet sont peu nombreuses, à peine 3%. Ce taux grimpe à 6% si l'on considère uniquement les entreprises de 5 à 250 personnes (PME). La formation "via Internet" dont question n'englobe pas l'utilisation des CD-Rom.

L'e-learning n'étant qu'une forme de formation parmi d'autres, il faut contextualiser ces chiffres avec ceux de la formation "classique".

45% des PME wallonnes déclarent avoir structuré leur politique de formation et mis en oeuvre des mesures pour mettre à jour les compétences de leur personnel. Les autres n'ont eu ni le temps, ni les moyens de s'occuper de cette question de plus en plus stratégique, ce qui n'empêche évidemment pas le personnel de ces organisations d'apprendre sur le terrain de manière informelle.

Lorsque l'on demande aux entreprises sous quelle forme elles préfèrent dispenser la formation, seulement 3% répondent qu'elles préfèrent l'e-learning. Les thèmes de prédilection en e-learning sont:

  • l'informatique et Internet (30%),
  • les langues (17%),
  • la comptabilité/fiscalité (17%),
  • le management et la gestion du personnel (10%).

(Source: http://www.traininginfo.be)

Ces chiffres conduisent à un premier constat: la formation et l'e-learning en particulier, sont encore trop souvent embryonnaires dans les petites et moyennes structures.

Les caractéristiques intrinsèques des PME expliquent ces taux insuffisants et font l'objet du chapitre intitulé "caractéristiques des PME" dans le présent rapport. Mais alors pourquoi donner une importance stratégique à l'e-learning pour un public qui ne l'utilise presque pas? Les réponses à cette question sont multiples et une partie d'entre elles sont liées au contexte socio-économique. Tous les résultats des enquêtes de l'AWT concernant la pénétration des TIC dans les PME et les TPE sont disponibles sur www.awt.be.

Le contexte socio-économique

Dans un contexte de globalisation économique, les organisations sont obligées de s'adapter plus rapidement aux demandes changeantes du marché afin de conserver l'avantage concurrentiel dont elles disposent. Cette agilité par rapport au changement repose sur une capacité à gérer l'information et à utiliser celle-ci de façon stratégique. Internet, ayant bouleversé les frontières spatiotemporelles, permet d'accéder à un flot ininterrompu d'informations et d'idées neuves qui permettent à l'entreprise d'évoluer et de se différencier en offrant de nouveaux services (tertiarisation de l'économie). Les capacités d'apprentissage de la force de travail jouent un rôle clé dans l'agilité des entreprises.

L'apprentissage est en pleine mutation parce que les besoins en termes de renouvellement des connaissances se sont intensifiés. L'Internet et l'e-learning en particulier répondent à une mutation profonde de notre système de connaissances. Le système d'apprentissage actuel formalisé et rigide, limité dans le temps, basé sur une dynamique de transmission et véhiculant des connaissances "durables", est révolu. Il n'est plus adapté aux besoins du monde économique globalisé où l'information occupe une place stratégique. Il disparaît progressivement au profit d'un système centré sur l'individu et sa capacité à utiliser l'information rendue disponible à tout moment par les TIC pour interagir avec son environnement. Néanmoins, l'e-learning ne remplacera jamais le système éducatif classique présentiel. Au contraire il apportera un complément indispensable à la qualité et à l'interactivité des formations.

Démographie

La démographie des pays industrialisés du Nord pousse les pouvoirs publics et les entreprises à se préoccuper du transfert des savoirs et des compétences entre les générations, lorsque les "babyboomers" nés après la seconde guerre mondiale, prendront leur retraite.

Outre le transfert intergénérationnel des savoirs, la démographie a également un impact sur la logique des marchés. D'un côté, les pays du nord sont obligés d'augmenter la productivité de leur économie pour rester compétitifs et, de l'autre, les pays du Sud, dont la majorité de la population a moins de 25 ans, constituent un marché indispensable à la croissance des économies du Nord.

Le développement des usages TIC, tant au Nord qu'au Sud, dans le cadre d'une coopération intelligente, constitue donc un enjeu économique majeur. (Source: Forum Français pour la Formation Ouverte et à Distance (FFFOD))

Mobilité

La mobilité est également un facteur qui favorise le développement des usages des TIC, et bien évidemment le recours à l'e-learning, pour les questions de formation.

En effet, la mobilité à la fois géographique et professionnelle se développe. Les sites ou personnes distantes au sein des entreprises doivent pouvoir communiquer aussi facilement que si elles étaient regroupées au sein des murs de l'entreprise; cela permet de fournir de meilleurs services plus rapidement. D'autre part, la mobilité professionnelle est facilitée par l'usage des TIC, car cet usage augmente l'employabilité des travailleurs; elle leur permet également d'être opérationnels plus rapidement en cas de "turn over".

Enfin, last but not least, l'intensification du travail sous l'effet des usages TIC rend le recours à l'e-learning presque incontournable pour réussir à mettre les connaissances à jour au rythme auquel l'évolution technologique l'exige.

En maîtrisant le temps et l'erreur dans les processus de production, le capital humain a été également placé au centre d'une pression constante et triangulaire. Cette pression résulte de l'utilisation des outils technologiques pour encoder la bonne information au bon moment et de la bonne manière. Les services corollaires à l'activité principale sont de plus en plus étendus, ce qui induit l'instauration d'horaires de travail flexibles, l'ouverture de help desks permanents ainsi que le recours aux téléservices. Ce changement profond de l'activité économique s'accompagne d'un recentrage sur le core business et le recours à la sous-traitance pour les services annexes.

Autrement dit, les services mais aussi les relations d'affaires deviennent de plus en plus complexes et font intervenir de plus en plus d'acteurs. Cette complexité n'est gérable qu'avec l'appui des TIC. Exemple concret: les usines produisant 24h/24h ont besoin d'un système automatisé pour gérer les présences des diverses équipes, le salaire, les congés, les maladies et disponibilités de chacun. Les opérateurs de terrain sont amenés à encoder eux-mêmes les informations nécessaires à l'enregistrement de début et de fin de prestation. Les systèmes informatisés enregistreront également ces informations si elles ont été encodées à temps, si le poste de travail a été arrêté à cause d'un problème, etc.

Bref, les travailleurs ont besoin de connaître non seulement leur métier mais aussi de faire preuve de capacité d'abstraction pour utiliser les outils informatiques, surtout si ces derniers sont intégrés.

En effet, des applications partageant une même base de données et dont l'action est réglée par un outil de méta- planning (ERP), vont partager la même information; si celle-ci est fausse, l'erreur est multipliée autant de fois qu'elle est reprise par les différentes applications intégrées. L'encodage unique de l'information selon une procédure codifiée dans le cadre d'une rentabilité optimale instaure la mesure des performances en mode de vie des organisations agiles; les travailleurs doivent être disponibles ou à tout le moins indiquer leurs disponibilités dans le système. Ces nouvelles conditions de travail rendent les modes de formation classiques obsolètes.

Les entreprises qui calculent la taille de leur main-d'oeuvre au plus juste ne peuvent plus se permettre de voir partir leurs employés des journées entières en formation. Le rythme auquel les connaissances doivent être mises à jour s'intensifie; les formations doivent donc être flexibles et courtes pour être récurrentes et abordables du point de vue du coût. De plus, les technologies étant de plus en plus imbriquées dans des activités mères non TIC à la base, il devient indispensable de bénéficier de ressources multimedias interactives pour une formation efficiente des travailleurs.

C'est là que l'e-learning prend tout son sens et devient indispensable pour l'évolution du capital humain des entreprises: il permet de faire des simulations sans conséquence, mais aussi formatives qu'un apprentissage sur le terrain.

L'e-learning est également devenu, par essence, outil d'apprentissage puisque environ 60% des formations actuellement dispensées en entreprise sont consacrées à l'usage des TIC. Le jeu, les mises en situation, la vidéo et les hyperliens permettent de donner des formations bien plus riches et complexes que les ressources livresques ne le permettaient jusqu'ici. Les sessions de formation présentielles ne disparaîtront cependant pas, puisque l'homme reste un animal social, mais leurs bénéfices seront décuplés par les supports pré et post formation fournis par l'e-learning (2).

Enfin, l'e-learning est devenu un service au client à part entière. La charge d'information associée aux nouveaux produits et services est telle que des didacticiels sont fournis avec ces produits et services pour permettre aux clients de bénéficier pleinement de ce qu'ils ont acheté.

Ainsi E-Bay, célèbre plateforme de vente sur Internet, propose désormais sur son site une session de formation e-learning pour apprendre à poster une vente sur son site, surveiller les enchères et le cas échéant, adapter le prix de l'article par rapport aux comportements des acheteurs potentiels.

Même démarche pour les concepteurs de jeux vidéos qui proposent des didacticiels et des modules d'entraînement pour apprendre à maîtriser les commandes et subtilités des scénarios de jeu. Ce ne sont que deux exemples parmi tant d'autres. Les TIC sont tellement imbriquées dans l'activité humaine, tant économique que sociale (communautés et rencontres par le Net), qu'il devient incontournable d'utiliser les TIC pour prendre part à ces activités. (3)

Le tableau suivant met en regard des caractéristiques des TIC et les modifications du travail qu'elles induisent et qui rendent l'e-learning nécessaire pour un partage et un renouvellement rapide de compétences.

Caractéristiques des TIC et modifications du travail
Caractéristiques intrinsèques des TIC Modifications du travail
Traitement et structuration d'un grand nombre d'informations. Besoins accrus en méta-connaissances. Elles permettent à la fois d'utiliser les TIC et de gérer/tirer parti de toutes les informations qu'elles rendent disponibles.
Encodage unique des informations dans les applications partagées. Cela raccourcit la durée des processus et en augmente l'efficacité. Changement de la relation au temps en raison du rétrécissement des délais et des projets à durée variable qu'il faut gérer de front. Travailler dans l'urgence est une source de pression d'autant, que l'encodage unique des informations démultiplie l'importance des erreurs.
Partage d'informations à tout moment (y compris entre sites distants) . On travaille de plus en plus avec des informations provenant d'ailleurs (autre département, autre entreprise, Internet, etc.). Il ne suffit plus de se tourner vers le collègue à côté de soi pour obtenir la majeure partie des informations dont on a besoin.
Travail collaboratif, modulaire et par projet. Les relations de travail sont bouleversées d'un point de vue hiérarchique puisque la hiérarchie varie selon les projets. Les relations au savoir se modifient également car ce n'est pas celui qui détient le savoir qui joue un rôle clé; c'est celui qui arrive à faire naître le partage des savoirs et la créativité qui en découle.
Mesure de la performance sous forme de reporting Les profils moins qualifiés s'intellectualisent en raison des fonctions de contrôle de qualité qu'on leur impose.
  1. Commission Européenne. Publications DG Entreprise, 2004. Observatoire des PME européennes 2003/8. Points forts de l'Observatoire des PME européennes. Luxembourg: Office des publications officielles des Communautés Européennes
  2. Vendranin, Patricia. Les TIC, complices de l'intensification du travail. Colloque Organisation, intensité du travail, qualité du travail. Paris, 21-22 novembre 2002
  3. Vendranin, Patricia. Les TIC, complices de l'intensification du travail. Colloque Organisation, intensité du travail, qualité du travail. Paris, 21-22 novembre 2002.

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