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mardi 12 décembre 2017

L'évolution des métiers des TIC

Comment évoluent les métiers des TIC et quelles sont leurs caractéristiques? Où se situent l'homme et la femme dans cette évolution? Quels sont les besoins en formation? Autant de questions auxquelles tente de répondre la Fondation Travail-Université
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Mis à jour le 07/05/2004 | Imprimer | Envoyer
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Le 30 avril 2004, la Fondation Travail-Université (FTU) organisait, avec le soutien de la Région Wallonne, une journée de conférence ayant pour titre "Les trajectoires professionnelles dans les métiers de l'informatique". Cette journée a permis de présenter les premières constatations de deux études actuellement en cours à la FTU.

Les études en cours à la Fondation Travail-Université ont pour but de donner un aperçu de l'évolution des métiers des hommes et des femmes dans le secteur des technologies de l'information et de la communication (TIC). La première étape consiste à mettre en évidence les problématiques relatives au déroulement des carrières, les parcours et besoins en formation de chacun, les atouts et les difficultés des métiers, en se penchant tout particulièrement sur la situation des femmes.

Etude du WWW-ICT

Le WWW-ICT (Widening Women's Work in Information and Communication Technology) est un groupe de recherche européen s'intéressant à l'orientation et aux carrières des femmes dans les métiers des TIC et ayant pour objectifs de réduire les disparités liées au sexe, ainsi que d'accroître l'égalité des chances dans les professions des TIC.

L'étude, menée dans sept pays (Autriche, Belgique, France, Irlande, Italie, Portugal, Royaume-Uni), relève de manière empirique les facteurs liés à l'éducation, à l'organisation du travail et à la culture professionnelle. Les résultats finaux ont été présentés lors d'une conférence à Paris le 24 mai.

WWW-TIC (Widening Women's Work in Information and Communication Technology)

Etude du MéTIC

L'enquête, menée par questionnaire auprès de 1100 professionnels des TIC en Wallonie et à Bruxelles, a pour objectif de relever la qualité du travail et les parcours de formations dans ces régions.

L'échantillon de répondants au questionnaire se divise en deux groupes:

  • les personnes formées dès le départ aux métiers des TIC,
  • les personnes formées dans un autre domaine et réorientées par la suite vers les métiers des TIC.

Dans ces deux sous-groupes apparaissent:

  • des personnes actives dans les métiers des TIC,
  • des personnes actives dans d'autres métiers,
  • des personnes sans emploi.

Enfin, les personnes interrogées ont divers degrés de formation:

  • enseignement supérieur non universitaire et universitaire,
  • centres de formation d'adultes procurant des Formations Professionnelles Qualifiantes (FPQ),
  • centres de certifications privées (Microsoft, Cisco, etc).

Métiers et parcours professionnels

Les métiers des TIC ne se cantonnent plus au seul métier d'informaticien. Les besoins de connaissances en business et en TIC proprement dits se fondent, les professionnels de l'informatique se rapprochent des utilisateurs tout comme bon nombre de ces derniers acquièrent des compétences technologiques avancées. Bref, de nouveaux métiers apparaissent à la frontière entre conception et utilisation. Ainsi, les métiers se diversifient, certains demandent une spécialisation alors que d'autres font appel à la polyvalence.

La FTU met en évidence une nouvelle cartographie des métiers: autour du noyau dur informatique apparaissent des métiers dans les domaines applicatifs, des professionnels de l'Internet et du multimédia, ainsi que des utilisateurs spécialistes avancés. Ces métiers demandent un élargissement des connaissances à d'autres domaines que les TIC.

La cartographie des emplois, quant à elle, révèle la diversité des domaines d'application des métiers des TIC: outre les services informatiques, les télécommunications ou la fabrication de composants informatiques, le marché de l'emploi couvre des domaines aussi variés que l'e-commerce, les jeux et médias électroniques, les banques et assurances, les administrations publiques, l'éducation, etc.

La sécurité d'emploi n'est généralement pas mise en cause, surtout dans les domaines des banques et assurances et dans l'administration publique et l'éducation, toutefois, les craintes sont plus grandes chez les personnes non formées aux métiers des TIC dès le départ. Le secteur des TIC est peu adapté au travail à temps partiel, 83 % des emplois sont des temps plein à durée indéterminée.

Par contre, le secteur est propice aux multiples changements d'employeurs au cours d'une carrière, surtout chez les licenciés/maîtres qui comptent clairement changer plusieurs fois d'employeur dans la suite de leur carrière. Ils déclarent aussi plus fréquemment que les gradués ou les formés aux FPQ qu'ils ne veulent pas travailler dans les TIC toute leur carrière. Cela s'explique certainement par le fait que les graduats et les FPQ sont plus orientés métiers, les étudiants connaissant donc mieux le métier à la fin des études, contrairement aux licenciés/maîtres dont la formation, plus abstraite, ne rend pas nécessairement compte de la réalité de l'emploi. Preuve en est aussi la proposition de stage qui débouche fréquemment sur le premier job du gradué et du formé au FPQ.

Les revenus sont généralement satisfaisants, excepté peut-être pour ceux ayant suivi une FPQ, pour lesquels la formation n'est pas toujours aussi bien reconnue auprès des employeurs que les études supérieures. Les branches d'activités les plus satisfaisantes sont les banques et assurances, mais les sociétés de services informatiques offrent plus généralement des avantages en nature tels que gsm, ordinateur, connexion à domicile ou voiture de service.

Enfin, si la réorientation après passage dans les métiers des TIC est en moyenne de 13 %, on note qu'elle concerne surtout les personnes dont la formation de départ n'est pas du domaine des TIC. Les deux raisons principales à ces réorientations sont le fait de ne pas avoir trouvé d'emploi dans le domaine, et le fait d'avoir eu une opportunité plus intéressante dans d'autres domaines.

Les formations

Si les enseignements supérieurs universitaires et non universitaires forment principalement des licenciés/maîtres et gradués en informatique pure (de gestion et industrielle), l'offre fournie par les FPQ s'étend de la formation de concepteur/développeur de sites Web au technicien PC, en passant par le gestionnaire de réseau ou le concepteur/développeur d'applications. Ces formations sont en effet plus variées et plus ciblées. Elles sont proposées pour des périodes généralement de quelques mois. Vu cette variété, les FPQ ont acquis beaucoup d'importance ces dernières années.

Mais il est surtout important de noter qu'il est aujourd'hui essentiel de connaître non seulement les TIC proprement dites, mais aussi l'entreprise et ses activités. La capacité à communiquer et à travailler en groupe devient un critère essentiel également.

Les différents niveaux de formation mènent à certains types de métiers: si les licenciés/maîtres se destinent plus facilement à la gestion d'équipes et sont plus aptes au travail en groupe, les gradués se distinguent dans la programmation, le développement, la gestion des systèmes d'exploitation, la sécurité et les réseaux. Quant aux personnes ayant suivi une FPQ, nous les retrouvons plus volontiers dans le graphisme, le multimédia, le marketing et les relations commerciales.

Cas particulier des certifications privées et des FPQ

Tout comme les FPQ, les certifications privées ont pris de l'ampleur ces dernières années. 44% des professionnels actifs dans les TIC ont suivi une FPQ, et 24% ont obtenu une ou plusieurs certifications privées.

Les certifications privées semblent de plus en plus nécessaires aux personnes ayant comme plus haut niveau de formation dans le domaine la formation professionnelle. Elle leur permet d'augmenter la valeur de leur formation. Certaines entreprises prennent même ces certifications comme condition à l'engagement, et certains formateurs de certifications privées, tels que Microsoft ou Cisco, planifient des cursus pour les écoles.

Les formations courtes mais pointues prennent également de l'importance, surtout auprès des personnes venant de perdre leur emploi ou des personnes déjà hautement qualifiées mais désirant se spécialiser.

Les femmes dans les métiers des TIC

Dans le secteur TIC, les croyances et idées reçues sur la place des femmes sont bien implantées et pourtant souvent erronées. La lettre EMERIT numéro 38, éditée par la FTU, fait le point sur les préjugés auxquels doivent faire face les femmes dans le secteur, les emplois qu'elles occupent, la faible efficacité des campagnes de sensibilisation et quelques recommandations pour une plus grande présence des femmes dans les métiers des TIC.

Ainsi, si elles sont proportionnellement plus nombreuses que les hommes à passer par une autre formation de départ, souvent mathématique, scientifique ou économique, il est plus fréquent qu'elles aient exercé d'autres métiers que ceux liés aux TIC auparavant. Elles sont aussi plus nombreuses à se réorienter par la suite et à déclarer ne pas vouloir rester toute leur carrière dans le domaine.

Leur niveau d'études est proportionnellement plus élevé également, et elles se retrouvent plus souvent dans les métiers de concepteur/développeur de sites Web, de webmaster ou d'infographiste que dans les métiers d'administrateur réseau ou d'assistance. Elles préfèrent les secteurs d'activités tels que l'administration publique et l'éducation et délaissent les secteurs de l'industrie et du commerce. Elles se tournent également plus vers les petites entreprises que vers les grandes sociétés.

Les femmes se distinguent aussi par leur plus grand intérêt pour les connaissances dans les domaines de la conception et la gestion de sites web, du graphisme et du multimédia. Elles se penchent plus sur les activités de l'entreprise et sont plus portées vers les relations commerciales, le marketing et la pédagogie. C'est notamment pour ces compétences spécifiques, auxquelles elles ont ajouté des compétences TIC, qu'elles entrent dans les métiers des TIC.

Si leur revenu est généralement plus faible, il semble que les femmes soient aussi moins tentées de profiter des avantages en nature tels que gsm, ordinateur, ou même voiture de service. Elles se déclarent par contre proportionnellement plus satisfaites de leur emploi actuel et envisagent moins de changer d'employeur dans la suite de leur carrière. Leurs perspectives de promotion sont également moindres.

Enfin, contrairement aux croyances, si les femmes se tournent peu vers les métiers de l'informatique, ce n'est pas en raison de problèmes liés aux technologies ou aux mathématiques, mais bien parce qu'elles se retrouvent face à un manque de lisibilité des filières et métiers. La mise en place de passerelles pluridisciplinaires et une information efficace sur les contenus et la diversité des métiers permettraient sans nul doute d'augmenter l'intérêt des femmes pour les métiers de l'informatique et des TIC en général.

Pour en savoir plus

  • Centre de recherche travail & technologies Lien externe
    Le centre de recherche travail & technologies de la FTU (Fondation Travail Université) a pour objectif principal de développer une capacité de recherche, d'analyse et d'intervention sur les aspects sociaux des changements technologiques
    http://www.ftu-namur.org
  • L'AWT propose un guide des métiers pour le multimédia
    L'AWT vous propose un guide "des métiers pour le mutimédia". 36 métiers à découvrir, notamment pour les jeunes à la recherche d'une orientation professionnelle dans un secteur d'avenir dont la Région wallonne a fait l'une de ses priorités
    http://www.awt.be/web/img/index.aspx?page=img,fr,foc,100,050
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