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dimanche 25 septembre 2016

Des tablettes dans ma classe?

La rentrée scolaire 2012 fut incontestablement placée sous le signe des tablettes numériques! De même les projets-pilotes Ecolenumerique.be font la part belle aux tablettes. Le Be-ODL et ses partenaires, dont l'AWT, ont fait le point le 5 décembre 2012 à TechnofuturTIC
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Mis à jour le 24/10/2012 | Imprimer | Envoyer

Les tablettes numériques, un atout pour l'individualisation des apprentissages

Face à l'engouement rencontré par les tablettes numériques, le 5 décembre 2012 à TechnofuturTIC, le réseau Be-ODL (Belgian Network for Open and Digital Learning) et ses partenaires, dont l'AWT, faisait le point sur les usages, les tendances et les perspectives. Après un rapide tour du marché des tablettes numériques, des tendances et des perspectives, ainsi que des avantages et inconvénients des divers terminaux disponibles, par Pascal Poty et André Delacharlerie, experts à l'AWT, Pierrick Petillion de l'École libre de Profonsart à Limal et Luc Viatour de l'Institut Saint Joseph à Ciney, ont témoigné de l'utilisation qu'ils font des tablettes dans leur classe, respectivement en primaire et secondaire, et ce qu'ils en retirent.

Parmi les nombreux atouts recensés, les possibilités d'individualisation et de personnalisation de l'apprentissage ressortaient en tête.

Présentations:

Le manuel numérique scolaire à la croisée des chemins

La diffusion des tablettes dans les écoles, mais aussi dans les foyers, posent inévitablement la question de l'accès aux ressources numériques, ainsi que de leur qualité (niveau d'interactivité et d'enrichissement multimédia) et de leur prix. Un débat animé par Sébastien Reinders, coordinateur Pedago-TIC et Ecolenumerique.be, rassemblant Françoise Châtelain (Enseignement.be), André Delacharlerie (AWT), Thibault Léonard (CEO - Primento Editions), Michel Roiseux (Directeur d'édition du Gai Savoir et Président de la section scolaire des éditeurs belges), Olivier Ruol (De Boeck Education) et Hubert Lalande par visioconférence (Directeur du CFORP - Centre Franco Ontarien de ressources Pédagogiques), a permis de dresser un bilan sans concession de la situation.

Le manuel numérique scolaire est à la croisée des chemins car tout est à repenser et à réinventer, notamment le modèle économique, mais également la méthode rédactionnelle et la stratégie pédagogique. A l'image du marché de la musique, chamboulé voici quelques années par iTunes, celui de l'édition numérique et en particulier scolaire doit trouver un nouveau modèle économique, car actuellement le retour sur investissement fait défaut. Produire un manuel enrichi coûte 7 à 8 fois plus cher que la version papier, alors que dans le même temps, là où le client est prêt à mettre 50 euros pour un manuel papier, il rechigne à payer 35 euros la version électronique!

On constate également un morcellement des modes de consommation auquel certains éditeurs se sont déjà adaptés en vendant leur contenu par petites unités pour quelques euros. Cette tendance au morcellement s'expriment depuis longtemps au travers du concept d'objet-d'apprentissage et depuis peu, de manière plus structurée, au travers de celui de Ressource Educatives Libres (REL) ou d'Open Educational Resource (OER).

Un autre enjeu majeur est également celui de l'accès aux ressources:

  • à partir d'où j'accède? une plateforme de vente, un CMS, une plateforme éducative (LCMS, ENT, etc.);
  • sur quel terminal/device je consulte? un smartphone, une tablette, un ordinateur portable ou fixe, etc.

L'enjeu de l'interopérabilité a abouti à l'élaboration d'une norme relative au Livre numérique (ePub), ainsi qu'à l'élaboration du HTML5 qui devrait permettre de s'affranchir de Flash et du problème d'incompatibilité voulu par Apple. Ajoutons enfin, qu'aujourd'hui n'importe qui (moyennant un minimum de compétences numériques et indépendamment de sa capacité à obtenir un résultat professionnel ou de la question de la valisation du contenu) peut créer, diffuser, voire vendre un livre numérique ou des ressources pédagogiques. Les éditeurs présents se sont montrés moins préoccupés par ce risque que par la difficulté de réinventer leur métier. Car outre, le modèle économique à réinventer, il faut également:

  • changer les méthodes de travail, vers une rédaction davantage collaborative (avec les enseignants) et une mutualisation des moyens entre éditeurs partenaires, comme de nombreux partenariats semblent déjà l'indiquer;
  • mettre au point de nouvelles stratégies pour structurer et consommer le contenu, notamment de manière plus pédagogique et moins transmissive.

Le manuel numérique sera-t-il pédagogique?

Le manuel papier était penser enseignant et enseignement. Quelle stratégie pédagogique mettre en place pour que le manuel numérique soit orienté apprenants et apprentissage? Transformer un manuel papier en format numérique en l'enrichissant grâce au multimédia (image, audio, vidéo, animation, etc.) apporte une plus-value pédagogique très relative. Par contre, rendre un contenu véritablement interactif (en allant plus loin que cliquer sur un hyperlien, une vidéo ou une animation multimédia), est un tout autre challenge qui nécessite créativité et investissements conséquents.

Ainsi les éditions Belin proposent des manuels qui visent quatre objectifs:

  1. Lisibilité: affichez en un clic les documents du manuel en plein écran;
  2. Liberté: personnalisez le manuel en insérant vos documents depuis la médiathèque;
  3. Partage: échangez vos contenus avec vos élèves ou avec vos collègues;
  4. Mobilité: votre application toujours avec vous : en ligne, sur votre ordinateur ou sur votre clé USB.

Ci-dessous, nous formulons quelques pistes supplémentaires pour rendre le manuel numérique scolaire encore plus interactif:

  • proposer un scénario interactif type "le livre dont vous êtes le héros";
  • co-construire (et/ou agréger) des contenus collectivement, un peu à la manière de wikipedia;
  • proposer des activités d'apprentissage.

Si les deux premières formules sont relativement bien connues, la troisième implique de traduire le contenu/matière en activités d'apprentissage qui mettent l'apprenant en mouvement, afin de lui faire inventer/découvrir ce que, par facilité, nous nous contentons en général de transmettre. Or on sait depuis longtemps qu'une information reçue de manière relativement passive (même si la lecture est une démarche un peu plus active que le visionnage d'une vidéo), plutôt que par le vécu, est moins efficace en termes de rétention d'information (durée et profondeur de la mémorisation) et de transfert dans les pratiques (application des connaissances nouvellement acquises, changement comportemental, etc.), sans parler des gains en termes de motivation et d'implication. Le risque de cette dernière proposition est de transformer le manuel en collection d'exercices. Mais la réflexion est en court et ce sont les usages qui décideront!

Pour en savoir plus

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