Quel avenir pour les réseaux mobiles?
Le passage vers des services data à moyen et haut-débit devrait permettre aux opérateurs de compenser en partie la baisse constante des revenus liés à la voix
Mis à jour le 18/10/2002 | Imprimer | Envoyer Attention ! Page archivée. Son contenu est trop ancien et/ou une page plus récente a été publiée sur ce sujet
De la voix vers le data
Historiquement, le modèle de revenus des opérateurs mobiles était basé sur une tarification de services à la durée, où dominaient les applications liées au transport de la voix. Ce modèle va être bouleversé par une montée en puissance des services data et par l'adoption d'une tarification basée sur le volume de données échangées. En 2000, la voix représentait 90% de la facture d'un abonné. Cette proportion devrait tomber à moins de 50% d'ici 2010.
A côté de ces revenus traditionnels devraient apparaître de nouveaux gisements de recettes basés:
- sur de nouveaux services, comme la transmission de données à haut débit ou la géolocalisation,
- sur de nouveaux modèles économiques permettant la perception de commissions lors des transactions ou provenant de la publicité.
Le passage d'un modèle voice-centric vers un modèle data-centric suppose un véritable renversement des perspectives dans la mesure où les services à valeur ajoutée ne représentent actuellement que 5% des revenus des opérateurs.
Quels flux de revenus?
Il est donc très difficile d'établir clairement la répartition des nouveaux flux de revenus pour les opérateurs mobiles, d'autant plus que l'essentiel des estimations futures de revenus reposent encore essentiellement sur l'hypothèse d'un doublement de l'ARPU (average revenue per user ou revenu moyen par abonné) au cours des dix prochaines années.
On enregistre actuellement plutôt une tendance à une baisse de l'ARPU (10% en moyenne par an). Les causes de cette baisse sont:
- l'accroissement important des ventes de cartes prépayées (jusqu'à 70% des nouveaux clients chez certains opérateurs),
- le niveau élevé du taux de désabonnement (churn) qui se situe actuellement à 20%.
Dans le même temps, les opérateurs espèrent une augmentation de 30% de l'ARPU au cours des dix prochaines années alors que les coûts de opérateurs mobiles auront plus que doublé par rapport à la 2G.
A titre d'exemple, Vodafone, premier opérateur mobile mondial, estime qu'en 2004, ses revenus (hors voix) se répartiront comme suit:
- 8 à 13% pour les services de messagerie,
- 2 à 3% pour le M-commerce,
- 5 à 10% pour les services d'information et de divertissement,
- 8 à 13% pour les services professionnels,
- 2 à 3% pour les applications Machine to Machine (M to M).
Un accroissement significatif de la consommation des abonnés aux services mobiles passera donc par:
- une offre personnalisée de services innovants basés sur les usages,
- une certaine forme de cannibalisation de budgets utilisant aujourd'hui d'autres canaux de distribution (par exemple la musique),
- la mise en place de nouveaux modèles économiques fondés notamment sur un renouvellement des relations nouées avec les fournisseurs de contenus.
Ces nouvelles sources de revenus sont sensées couvrir, du moins en partie, les coûts gigantesques supportés par les opérateurs européens pour acquérir les licences de 3ème génération.