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dimanche 11 décembre 2016

Report du lancement commercial de l'UMTS en Belgique

Le Ministre Rik Daems accède à la demande de Proximus, Mobistar et KPN de reporter d'un an le lancement commercial des premiers services UMTS, normalement prévu pour septembre 2002
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Mis à jour le 07/02/2002 | Imprimer | Envoyer

Proximus, Mobistar et KPN, qui coordonnent leurs positions pour les dossiers non concurrentiels via le GSM Operators Forum (GOF), avaient adressé une requête commune au Ministère des Télécommunications le 31 janvier afin d'obtenir un report d'un an pour le lancement commercial des premiers services UMTS, initialement prévu au 1er septembre 2002. C'est désormais chose faite. Le lancement de la téléphonie mobile de troisième génération aura lieu eu plus tard en septembre 2003.

Des difficultés techniques à résoudre

Si Proximus a été l'initiateur de ce mouvement dès 18 décembre 2001, l'ensemble des opérateurs mobiles belges connaissent en fait des difficultés identiques. Plusieurs raisons sont aujourd'hui à l'origine de cette requête conjointe:

  • les retards de déploiement de leurs infrastructures GSM liés au blocage de la délivrance des permis de bâtir. Chacun s'accorde à reconnaître que le passage vers la 3G nécessitera l'implantation d'un nombre plus important de relais;
  • la non-disponibilité de certains équipements de réseau;
  • la très faible disponibilité de terminaux UMTS et l'absence totale de terminaux bi-mode UMTS/GSM;
  • l'absence de nouveaux services et de contenus innovants pour l'UMTS.

La situation en Europe

Cette demande était loin d'être un cas isolé en Europe. Les régulateurs se sont en effet focalisés sur des exigences de couverture liées à la disponibilité des réseaux alors qu'il aurait été beaucoup plus sage d'opter pour une approche privilégiant l'offre de services innovants capables de développer la demande.

Face à cette réalité, plusieurs opérateurs tentent actuellement d'obtenir un nouveau calendrier de déploiement:

  • en Allemagne, l'opérateur MobilCom vient d'annoncer le report d'un an de son offre commerciale de services UMTS;
  • en Suisse, l'opérateur Denmark's TDC a également différé l'entrée en service de son réseau UMTS d'une année.

Cette liste est loin d'être exhaustive, d'autres demandes de report du lancement commercial des services 3G sont d'ores et déjà déposées sur le bureau des régulateurs nationaux.

Dans le même temps, les premiers tests UMTS ont déjà commencé en Europe:

  • sur l'île de Man, l'opérateur britannique mmO2 (ex-BT Cellnet) expérimente depuis décembre 2001 un réseau UMTS, via sa filiale Manx Telecom;
  • Monaco Telecom, filiale du groupe français Cégetel (Vivendi-Universal Group), teste depuis fin 2001 des services 3G sur le territoire de la Principauté auprès de 200 utilisateurs;
  • Italie: à Padoue (TIM);
  • en Norvège, Telenor Mobile et Netcom (filiale du suèdois Telia) ont ouvert des réseaux 3G depuis le 1er décembre 2001;
  • en Suède, des tests limités ont également débuté dans les régions de Stockholm (Tele2, Hi3g), Karslkrona (Europolitan-Vodafone) et Malmo (Orange) dans la perspective de pouvoir offrir, comme cela est prévu dans les quatre licences attribuées, des services UMTS à l'essentiel de la population suédoise pour la fin 2003;
  • en Finlande, où le régulateur n'a pas imposé de calendrier de déploiement et de couverture, contrairement à la Suède, on assiste également au lancement d'une phase pilote chez Sonera et Elisa Radiolinja depuis le début de 2002.

La disponibilité des terminaux

La plupart de ces tests sont cependant réalisés en interne. Pour la majorité des opérateurs concernés, le véritable lancement commercial des services UMTS reste conditionné à la disponibilité de terminaux bi-mode (GPRS/UMTS) permettant d'utiliser pleinement le réseau sans devoir se limiter à quelques îlots UMTS en zone urbaine comme c'est actuellement le cas.

La mise en oeuvre de terminaux UMTS s'avère en effet extrêmement complexe. La fabrication de ces nouveaux combinés est 20 à 30 fois plus complexe que celle des terminaux GSM actuels, notamment à cause des exigences liées:

  • au roaming entre le 2.5G et le 3G,
  • à l'intégration d'écrans couleur haute résolution,
  • à la gestion de la consommation.

De fait, les équipementiers ne disposeront de terminaux bi-modes que dans le seconde moitié 2002 et tous s'accordent à reconnaître qu'ils ne s'attendent pas à un décollage véritable des ventes avant le début 2003. Sony-Ericsson semble encore plus prudent, car le groupe estime que les terminaux UMTS représenteront moins d'un tiers de ses ventes en 2005!

L'avancée asiatique sur le haut débit mobile se poursuit

Dans le même temps, opérateurs et constructeurs asiatiques maintiennent leur avance dans le domaine des terminaux, des réseaux et de l'offre de services 3G.

NTT DoCoMo a procédé en octobre dernier au lancement commercial au Japon de son service UMTS baptisé FOMA. De la même manière la Corée du Sud dispose également de réseaux mobiles avancés même si ceux-ci utilisent pour l'instant une norme différente du standard 3G retenu en Europe et au Japon (WCDMA). Cette norme, baptisée cdma 2000 1x, sera utilisée par certains opérateurs mobiles américains, notamment Verizon Wireless, et permettra à des constructeurs coréens tels que Samsung, kyocera ou LG de faire partie des candidats potentiels en tant que fournisseurs de l'opérateur américain. La déferlante asiatique poursuit actuellement sa course vers HongKong et Singapour où le lancement de services commerciaux est imminent.

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