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lundi 26 septembre 2016

Le paiement mobile pour bientôt?

Selon une enquête publiée par ARC Group, les paiements mobiles pourraient représenter, au niveau mondial, 20 milliards de dollars en 2005. La Belgique pourrait y jouer un rôle grâce à m-Banxafe
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Mis à jour le 26/03/2003 | Imprimer | Envoyer

Vers des solutions standardisées en matière de paiements mobiles

Le paiement mobile a-t-il un avenir? Dans les faits, les premières solutions de paiement mobile reposent aujourd'hui, pour l'essentiel, sur l'usage des SMS surtaxés ou SMS Premium. Le partage des revenus entre opérateurs mobiles, d'un côté et éditeurs de contenus de l'autre offre, en effet, un mode de rémunération qui tire parti de la mobilité. Néanmoins, cette solution est limitée à des paiements de faibles montants et reste réservée à la vente de services dématérialisés de type informationnel ou de divertissement (logos, sonneries). Jusqu'à présent le paiement via des terminaux mobiles pour des actes de m-commerce était donc resté confiné à quelques expériences isolées, pauvres en valeur, impliquant des solutions techniques variées.

Cette situation trouve son origine dans la faiblesse des usages d'échanges de données mobiles mais également dans les hésitations des différents acteurs:

  • opérateurs qui craignaient de devoir assumer des coûts supplémentaires liés à une multiplication des impayés,
  • équipementiers télécoms qui ne parvenaient pas à s'entendre sur l'adoption de standards techniques harmonisés,
  • banques et établissements financiers qui sont tenus au respect d'exigences très strictes en matière de sécurité,
  • manque de définition clairement établie entre micropaiements et macropaiements.

Cette situation pourrait néanmoins radicalement changer au cours des prochains mois. En effet, alors que les usages mobile-data semblent enfin décoller, la question du paiement via des terminaux mobiles revient naturellement à l'ordre du jour. L'émergence et la disponibilité de services à vocation pratique (mobile-parking, mobile-transport, etc.) conjuguée à l'importance du taux de pénétration des GSM laisse entrevoir un marché considérable pour cette forme de paiement.

En Europe, les opérateurs Orange, Telefonica Moviles, T-Mobile et Vodafone se sont associés en mars 2003 afin de mettre au point une solution de paiement mobile pour les achats de faible montant (inférieurs à 10 euros) qui soit pleinement interopérable. Cette initiative va se concrétiser via la création d'une association, baptisée provisoirement Association Mobile Payment Services et qui sera co-financée par chacun des partenaires. D'autres opérateurs ont laissé entendre qu'ils pourraient prochainement rejoindre cette initiative. L'ambition du nouveau consortium dépasse très largement le seul territoire européen et vise clairement des accords commerciaux avec les opérateurs américains et asiatiques. Le défi est néanmoins de taille. Il s'agira, en effet, d'intégrer les solutions techniques actuellement disponibles chez chaque partenaire afin de parvenir à élaborer un nouveau standard interopérable qui sera géré et commercialisé via la nouvelle structure commune. Les opérateurs pourront néanmoins, s'ils le souhaitent, conserver leur propre solution de paiement mobile en rendant celle-ci interopérable avec les autres systèmes existants.

En Belgique, les choses avancent également en matière de paiement mobile puisque Banksys et Mobistar viennent de présenter leur nouveau service, baptisé, Mobile-Banxafe.

m-Banxafe et la sécurisation du mobile-commerce

m-Banxafe repose en fait sur une partage des compétences en fonction du core business de chacun des acteurs. D'un côté, Banksys qui met à disposition des opérateurs mobiles sur une base non exclusive, un logiciel de paiement sécurisé devant être intégré sur les cartes SIM, ainsi que les moyens techniques nécessaires au fonctionnement de ce système chez les commerçants partenaires.

Banksys en tant qu'opérateur de transfert de fonds sous forme électronique, prend donc en charge l'ensemble des paiements en assurant l'autorisation, le règlement, la compensation et la gestion des risques. Excepté sa spécificité mobile, la solution m-Banxafe présente donc l'intérêt d'être gérée comme le serait n'importe quel autre paiement réalisé via une carte de débit ou de crédit.

De l'autre côté, les opérateurs mobiles, dont en premier lieu Mobistar, qui peuvent proposer un nouveau service innovant à leurs clients pre-paid et post-paid, accroître ainsi leur trafic mais également établir de meilleures relations avec leurs différents segments de clientèle. Autre avantage non négligeable, les clients de l'opérateur mobile partenaire peuvent appartenir à n'importe quelle banque.

Le premier service disponible via m-Banxafe permettra aux clients Mobistar de recharger directement leur compte prépayé Tempo. Afin de pouvoir réaliser en quelques clics, via échange de SMS, une transaction mobile totalement sécurisée, plusieurs étapes sont nécessaires:

  • grâce à une application SIM Toolkit basée Java installée sur de nouvelles cartes SIM, les utilisateurs Tempo vont devoir s'enregistrer préalablement via un distributeur automatique bancaire,
  • au cours de cette opération, ils vont notamment choisir un code personnel à 4 chiffres (PIN Code) qui, équivalente à une signature électronique, sera indispensable pour valider les futures transactions,
  • lors de cet enregistrement, un lien va être créé entre la carte SIM du GSM et une carte de débit ou de crédit du client Mobistar,
  • lors de l'opération de recharge, le client se verra proposer un menu spécifique sur son écran de GSM lui donnant plusieurs choix de montant de recharge,
  • une fois ce choix effectué, il lui suffira de confirmer la transaction par l'introduction de son code PIN,
  • l'applet Java de la carte SIM vérifiera la conformité cette signature et transmettra cette information au serveur d'authentification Banxafe via le canal SMS,
  • quelques secondes plus tard, la carte SIM se verra automatiquement rechargée du montant correspondant,
  • dans le même temps, le compte bancaire auquel est rattaché la carte m-Banxafe sera débité,
  • dans ce cas de figure l'opération de recharge ne sera majorée de frais supplémentaires tenant à l'échange d'informations servant de support à la transaction, ces frais étant supportés par Mobistar.

Toutefois, la nature non exclusive de la solution m-Banxafe devrait permettre d'étendre rapidement le paiement mobile à d'autres types de transactions et d'opérateurs. Ainsi, de nouveaux menus intégrant des services supplémentaires (paiement de transports, factures, tickets de cinéma, etc.) pourront être aisément ajouté via une configuration automatique (OTA) par sms envoyé par l'opérateur vers la carte SIM. De la même façon, le système pourra évoluer vers la gestion des macro-paiements.

Le succès de cette solution de paiement dépend largement de l'implication des opérateurs mobiles et du rythme de renouvellement des cartes SIM. On estime aujourd'hui que le cycle moyen de renouvellement des cartes SIM est d'environ trois ans (renouvellement de terminal, vol, obsolescence, etc.). Enfin, il paraît évident que la solution m-Banxafe aura vocation à se développer dans des situations où l'absence de terminaux Bancontact rend précisément utile le recours à un mode de paiement alternatif.

Pour en savoir plus:

  • Mobistar Lien externe
    Opérateur de téléphonie mobile et de télécommunications. Mobistar fait partie du groupe France Télécom
    http://www.mobistar.be
  • Mobile Payment Forum Lien externe
    Association regroupant des organisations leaders des secteurs de la finance et des technologies mobiles. Son objectif est d'aider au développement des moyens de paiement mobile
    http://www.mobilepaymentforum.org
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