Agence du Numérique (ex - Agence Wallonne des Télécommunications / AWT), la plateforme ICT de la Wallonie

lundi 5 décembre 2016

Les télécommunications mobiles au service du GPS

Jusqu'à présent, les terminaux GPS de voiture restaient des objets peu communicants. Cela va changer puisque les récepteurs GPS autonomes vont intégrer une carte SIM qui les rendra enfin communicants et capables de recevoir de l'information en temps réel
Twitter Facebook Delicious
Mis à jour le 01/09/2008 | Imprimer | Envoyer

Les terminaux autonomes GPS comptent aujourd'hui parmi les équipements numériques qui ont enregistré le plus rapide taux d'adoption par le grand public au cours des dernières années. Pourtant, hormis les téléphones mobiles intégrant une puce GPS, ces terminaux de voiture restent des objets peu communicants. En effet, à l'exception des sessions de connexion via un ordinateur personnel pour réaliser des mises à jour, la seule fonctionnalité de communication, lors de l'utilisation en déplacement, était celle de la réception de services d'info-trafic via un système TMC. Cette situation est cependant en train d'évoluer rapidement grâce à un triple effet:

  • l'augmentation rapide de la performance des terminaux mobiles,
  • la disponibilité d'offres tarifaires de type illimité en matière de services,
  • la conclusion de partenariats entre les acteurs du marché du positionnement GPS et ceux des télécommunications et de l'Internet.

Le téléphone mobile au coeur des stratégies de services de positionnement

Il existe deux modèles sur le marché de la navigation mobile:

  • le modèle "on-board": la cartographie est stockée dans la mémoire du terminal mobile;
  • le modèle "off-board": il correspond à un modèle connecté où le terminal mobile est équipé d'un client léger qui charge dans la mémoire cache les cartes depuis un serveur distant.

Le marché de la navigation sur mobile se structure, essentiellement pour des raisons de puissance de calcul, autour des terminaux de type smartphone. On compte 2,6 millions de systèmes on-board contre seulement 800000 systèmes off-board en Europe en 2008. Si les aspects hardware constituent encore parfois une contrainte au développement du marché des solutions off-board, notamment au regard des limitations touchant aux capacités de calcul, aux interfaces ou encore à l'autonomie, les coûts unitaires des puces GPS ne constituent plus véritablement un obstacle à leur intégration dans les téléphones mobiles.

En revanche, l'une des conditions essentielles pour le développement du marché du off-board réside aujourd'hui dans la disponibilité d'offres 3G haut débit illimitées et de tarifications adaptées en matière de transmission de données en roaming. La mise en oeuvre de systèmes de type A-GPS (Advanced GPS) où le téléphone utilise la transmission de données mobiles pour accélérer et améliorer la précision du positionnement, ainsi que la nécessité de disposer de services paneuropéens (roaming) sont de nature à faire exploser les coûts pour l'utilisateur final. Or, si des offres data-mobiles de type illimité sont déjà disponibles sur certains marchés européens, les questions relatives au roaming, elles, ne sont pas encore réglées.

Ces offres devraient notamment permettre le développement de nouveaux revenus issus de services associés à l'offre de positionnement. En effet, le développement de ces services associés permet également de passer rapidement d'une offre de systèmes de positionnement de type "automobile" à une offre de type "piéton" centrée sur l'utilisateur final. Cette évolution significative est déjà perceptible via une série d'accords passés entre différents acteurs du positionnement et de l'Internet comme Garmin et Facebook ou encore entre acteurs du positionnement et opérateurs mobiles, comme TomTom et Vodafone par exemple.

Enfin, on remarque l'émergence rapide d'un grand nombre de start-up qui fondent leur stratégie sur des modèles publicitaires, du contenu autoproduit par les utilisateurs ou encore des mashup. C'est ainsi que ABI Research estimait récemment que l'arrivée d'acteurs émergents sur le marché du positionnement et des réseaux sociaux comme GyPSii, Pelago ou Loopt pourrait représenter un marché de 3,3 milliards de dollars en 2013.

Le marché du positionnement GPS depuis un téléphone mobile devrait donc connaître, au cours des prochaines années, une triple évolution:

  • une montée en puissance de l'interactivité du fait de l'arrivée d'acteurs innovants capables de nouer des partenariats avec les acteurs de l'industrie mobile. Ces services interactifs devraient notamment faciliter la recherche locale et contextualisée d'informations, mais également mettre en avant de nouvelles fonctionnalités comme la gestion de présence par exemple dans le cadre des services de réseaux sociaux,
  • une généralisation de l'usage de la 3D du fait notamment de l'amélioration significative de la puissance de calcul des terminaux,
  • la disponibilité d'interfaces vocales en mode distribué où l'intelligence du système est déportée vers des serveurs distants.

L'exemple du HD Service de TomTom

A côté des solutions off-board, les télécommunications mobiles vont permettre aux récepteurs GPS autonomes de devenir plus communicants et plus précis. Cette convergence entre les équipements GPS et les télécommunications mobiles peut notamment être illustrée par le service HD progressivement en place par le fabriquant néerlandais TomTom et plusieurs opérateurs européens.

L'accord exclusif conclu entre TomTom et Vodafone vise à permettre l'émergence d'une nouvelle génération de services d'info-trafic fondée sur une connexion mobile Machine-To-Machine (M2M). Concrètement, les nouveaux modèles de GPS autonomes du fabricant TomTom intègreront à l'avenir un emplacement destiné à accueillir une carte SIM de l'opérateur Vodafone et un module de communication GSM.

A partir des données émises par la carte SIM, le système sera capable d'utiliser les informations envoyées par la carte SIM intégrée dans le récepteur GPS. Baptisé "TomTom HD Traffic", ce système géolocalise donc, en permanence et de façon anonyme, les utilisateurs. Après avoir calculé la position géographique et la vitesse de déplacement de utilisateurs, le système retranscrit ces données sur une base cartographique afin de visualiser l'état réel du trafic. Ces données sont ensuite aggrégées avec d'autres sources d'informations sur l'état de la circulation puis sont renvoyées, via le réseau de données mobile, vers les terminaux GPS des utilisateurs, dès lors que ceux-ci se situent en zone de couverture GPRS.

Le principal argument de cette technologie avancé par ses promoteurs est le niveau de couverture et de précision du système "HD traffic". Ainsi, aux Pays-Bas, où le service est déjà opérationnel depuis novembre 2007, 20000 kilomètres de routes des réseaux principal et secondaire sont couvertes, contre seulement 2000 via la technologie TMC d'info-trafic. TomTom affirme même être en mesure d'indiquer au conducteur équipé de ce système la durée effective d'un trajet avec une précision de l'ordre d'une à deux minutes! Ainsi, l'utilisateur est-il non seulement prévenu de l'existence d'embarras de circulation, mais également informé de l'impact de ces perturbations sur son itinéraire. Contraîrement à l'info-trafic via un récepteur TMC qui ne sont réactualisées que toutes les 15 minutes, le système mobile renvoie des mises à jour toutes les deux minutes.

Enfin, la technologie mise en place par ce système de géolocalisation est même capable de différencier les déplacements de véhicules, des déplacements piétons afin de ne pas fausser les résultats ainsi obtenus.

Cette offre va être étendue à d'autres marchés européens au cours de l'année 2008, notamment au Royaume-Uni, en Allemagne, en Suisse et également en France. Un accord a également été signé en Belgique entre TomTom et l'opérateur mobile Base en vue d'une commercialisation du service dès 2009.

Le principal inconvénient du système réside dans un surcoût à l'achat puisqu'il sera nécessaire d'acquérir un nouveau modèle de GPS équipés d'une carte SIM pré-intégrée. Toutefois, le fabricant néerlandais TomTom envisagerait également la possibilité de proposer, via son site Web, des mises à jour du firmware de ses appareils les plus récents qui peuvent déjà se connecter à une téléphone mobile grâce à une liaison sans fil Bluetooth. Enfin, comme ce système repose sur un échange permanent de données via une connexion mobile, le service sera facturé sur la base d'un abonnement mensuel forfaitaire. Aux Pays-Bas, la première année suivant l'achat du nouvel équipement est gratuite, mais au-delà le service "HD Traffic" est facturé 9,95 euros par mois.

On le voit, c'est tout l'écosystème mobile qui se reconfigure autour d'une logique centrée sur l'utilisateur final grâce à la disponibilité de services associés au positionnement afin d'assurer de nouvelles sources de revenus.

Pour en savoir plus

  • Loopt, your social compass Lien externe
    Loopt shows users where friends are located and what they are doing via detailed, interactive maps on their mobile phones
    http://www.loopt.com
  • GyPSii Lien externe
    GyPSii connects people and content to places and networks, from work to play to home, allowing you to share your real life experiences in the virtual world, using mobile devices, the web and Internet connected devices
    http://www.gypsii.com
  • Pelago Lien externe
    Pelago's first product, Whrrl, allows you to discover the world through the eyes of your friends and other people you trust. Check out whrrl.com and take it with you into the real world on your mobile phone
    http://www.pelago.com
  • TomTom HD Traffic Lien externe
    With TomTom High Definition Traffic you receive the most up-to-date traffic information directly on your TomTom. Information from the best and most trustworthy sources, which your TomTom then automatically converts into your smartest route
    http://www.tomtom.com/hdtraffic
Portail de la Région wallonne