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vendredi 30 septembre 2016

Le MAN: un réseau à grande vitesse

Le MET a mis en place un MAN (Metropolitan Area Network ou réseau urbain de télécommunications) à Liège. Ce projet repose sur la fibre optique et l'Internet. Il permet une gestion optimale du trafic et des infrastructures autoroutières
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Mis à jour le 03/12/2004 | Imprimer | Envoyer

Article de Michèle Marchal, paru dans Met Info numéro 77, novembre 2004.

C'est une première mondiale. "Du moins, au moment où nous avons entamé la réflexion au sein de la division de l'Electricité, de l'Electromécanique, de l'Informatique et des Télécommunications", souligne Henri Ueten, directeur a.i. de la direction liégeoise.

"Avec la création de la liaison E40-E25 et de ses locaux techniques, qui hébergent les équipements électromécaniques, nous nous trouvions confrontés à un important potentiel de données à transmettre à la police locale et fédérale, aux pompiers, à la Sofico, à Perex et au centre de supervision de Liège, poursuit-il. Nous devions donc réfléchir au réseau de transmission à mettre en oeuvre. Fallait-il étendre les ramifications du réseau existant, c'est-à-dire un réseau en cuivre utilisant une techologie analogique, ou se tourner vers la fibre optique, pour mettre en place un réseau MAN basé sur la technologie IP et qui serait, en outre, l'embryon d'un réseau s'étendant sur tout le territoire wallon."

"Puisque l'infrastructure en fibre optique était déjà mise en place le long de nos autoroutes, il y avait un défi à relever", ajoute Rudi Noël, ingénieur responsable de l'entreprise. "Il s'agissait d'une première, et nous avons dû, entre guillemets, inventer presque tout, enchaîne Henri Ueten. Sur base d'un appel d'offres, nous avons confié l'étude, la conception et la mise en oeuvre du réseau à un bureau d'études privé et nous avons reçu l'assistance technique de la direction des Equipements de télécontrôle et de transmission, un partenaire dynamique du projet."

Un réseau multiservices

Opérationnel depuis la fin du mois d'octobre, le réseau MAN mis en place à Liège et dans sa périphérie est un réseau de télécommunication multiservices: il permet de connecter à la fibre optique différents types d'équipements utiles à la gestion du trafic et à la sécurité des usagers:

  • panneaux à messages variables,
  • systèmes de télémétrie (comme les boucles de comptage des véhicules) et d'alarme,
  • caméras de télésurveillance,
  • signalisation dynamique,
  • téléphonie,
  • etc.

Les informations (données , images, vidéo, sons) fournies par ces équipements sont alors disponibles pour tous les récepteurs connectés au réseau. "Il y a des entrées et des sorties multiples, explique Rudi Noël. C'est ce qu'on appelle le multicast. Avant, nous avions un système hiérarchisé. Toutes les données étaient centralisées auprès d'un serveur principal, puis elles étaient redistribuées en étoile auprès des récepteurs. Le MAN est donc beaucoup plus souple. Il s'agit d'une boucle sur laquelle se connectent les utilisateurs. Et, suivant le paramétrage, l'utilisateur est récepteur ou émetteur. Il n'y a donc aucun problème pour disposer de toutes les informations qui circulent sur le MAN."

Ce réseau multiservices permet donc la convergence de toutes les applications sur une seule et même infrastructure (celle des fibres optiques), alors qu'auparavant, il fallait composer avec différents réseaux de technologies diverses (réseau Cctv ou Closed Circuit Television pour la vidéo, réseau Belgacom pour la téléphonie, etc.). Cette simplification devrait entraîner une diminution des coûts opérationnels liés à l'existence de multiples réseaux.

Une toile appelée à grandir

Aujourd'hui, la téléphonie et les 200 caméras qui équipent la liaison E40-E25 et la périphérie liégeoise sont connectées au réseau.

"Mais nous pourrions multiplier les connexions à volonté, insiste Rudi Noël. D'autres projets concernant, notamment, la signalisation dynamique sont envisagés. En effet, nous pourrions envoyer, via ce réseau, des signaux informatiques pour piloter les panneaux à messages variables. Nous pourrions également y connecter les systèmes de télémétrie, les stations météos, etc. Tous les équipements qui se trouvent le long des autoroutes et qui participent à la gestion du trafic."

"Il ne s'agit pas d'une structure figée, renchérit Henri Ueten. C'est vraiment une toile, comme le réseau Internet, appelée à évoluer. Nous pourrons y greffer des extensions et l'interconnecter aux boucles créées dans d'autres provinces. Cette technologie est très performante et fiable." Car le MAN est aussi un réseau sécurisé. "On a toujours au moins deux liens (fibres optiques) et, donc, deux chemins diférents pour aller d'un endroit à un autre, explique Rudi Noël. En cas de défaillance d'un segment ou d'un équipement, l'information est donc toujours présente et accessible entre n'importe quel point du réseau." Et ce, en un temps record.

Des trafics rapides et à la demande

Le MAN permet, en effet, des trafics de 1 gigabit par seconde.

"Avec les technologies précédentes, précise Rudi Noël, on n'atteignait que 128 kilobits par seconde." Quelques caméras restent toutefois connectées sur l'infrastructure en cuivre, ramenant la vitesse de transmission de leurs images à 4 mégabits par seconde. "Nous avons dû composer avec le réseau fibre optique existant, poursuit Rudi Noël. A Visé, par exemple, nous avons une caméra à un endroit qui n'est pas desservi par la fibre optique . Nous avons donc utilisé un ancien câble en cuivre que nous avons connecté là où la fibre optique passe."

Cette rapidité dans le rapatriement des données s'accompagne, en outre, d'une amélioration de la qualité des images transmises par les caméras connectées au réseau. "Le réseau permet ce que l'on appelle une bande passante plus importante, explique Rudi Noël. Ce qui augmente la précision de l'image."

Flexible, fiable, rapide, le réseau MAN présente encore un autre avantage. "Seules les vidéos visionnées génèrent du trafic sur le réseau, souligne Henri Ueten. Ce qui n'était pas le cas sur le réseau en cuivre, chaque caméra prenant alors une bande. Aujourd'hui, si l'on visionne cinq caméras à Perex, il n'y a que cinq trafics de caméras vers cette destination. Le réseau de fibres optiques n'est donc pas surchargé. Ce qui signifie également que l'ajout de caméras aux endroits stratégiques ne sera plus problématique du point de vue transmission."

Installé pour un montant de 2,4 millions d'euros (dont la moitié a été prise en charge par la Sofico), le réseau MAN a donc toutes les qualités pour devenir la référence dans le domaine de la gestion du trafic routier.

Pour en savoir plus

  • Société wallonne de financement complémentaire des infrastructures (Sofico) Lien externe
    Société publique wallonne chargée de terminer, au plus tôt et au moindre coût, six grands chaînons manquants et goulets d'étranglement du réseau wallon. Afin d'accroître l'autonomie financière de la société, la Sofico a également reçu la gestion des parties exploitables du domaine du MET: les centrales hydroélectriques, les aires autoroutières et les télécommunications
    http://www.sofico.org
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