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dimanche 4 décembre 2016

Vers la "Green IT"

A l'instar d'autres secteurs économiques, le secteur des TIC doit trouver demain les clés nécessaires pour effectuer sa révolution énergétique et préparer les opportunités économique nées de la croissance verte. L'AWT fait le point sur cette question
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Mis à jour le 13/09/2007 | Imprimer | Envoyer

IT et protection de l'environnement vont-ils de pair?

Premier constat: le secteur IT ne peut pas être qualifié de secteur "Earth friendly". Les chiffres parlent d'eux-mêmes: la fabrication d'un desktop et de son écran 17 pouces (soit un total de 24 kg) nécessite aujourd'hui pas moins de 18 tonnes de matériaux divers, dont 240 kilos d'énergie fossile, 22 kilos de produits chimiques et 1500 litres d'eau! Rappelons qu'il s'est vendu 239 millions de PC dans le monde en 2006! La liste des produits chimiques qui entrent dans la composition de nos ordinateurs, téléphones mobiles ou encore baladeurs numériques est à c'est égard très peu rassurante: mercure, arsenic, cadmium, plomb, chrome, etc.

Ce constat peut d'ailleurs être étendu à l'ensemble de la filière microélectronique et télécom. Qualifiés parfois de véritables "bombes à retardement écologiques", les téléphones mobiles figurent également en bonne place de ce funeste classement. Plus globalement, la diminution du cycle de vie des produits électroniques contribue sensiblement à l'explosion de la masse de "e-déchets". Ainsi, pas moins de 20 à 50 millions de tonnes de e-déchets sont produits chaque année dans le monde. L'Europe n'est pas en reste avec une augmentation annuelle de e-déchets de 3 à 5%.

Le secteur TIC à la recherche de sa révolution énergétique

Second constat: la prise de conscience est en marche. Prise de conscience "forcée" tout d'abord, avec l'accroissement du poids de la régulation. En matière de recyclage, par exemple, l'entrée en vigueur de la directive européenne ROHS constitue une avancée sensible. Cette tendance à l'accroissement des contraintes réglementaires devrait d'ailleurs connaître une accélération sensible au cours des prochaines années.

Prise de conscience volontaire ensuite, de la part d'industriels du secteur IT qui ont compris que l'envolée des prix de l'énergie conjuguée à l'absence de stratégie environnementale étaient susceptibles de constituer une menace réelle pour la croissance de leurs activités.

Cette réaction salutaire s'exprime, tant en amont, avec la conduite de véritables "audits écologiques" au sein de l'entreprise. Ceux-ci se traduisent généralement par toute une série de mesures concrètes telles que la remise en cause de stratégies marketing, le recyclage du papier, la mise en œuvre de visioconférences en lieu et place de voyages en avion ou encore l'instauration de véritables politiques de mobilité favorisant par exemple le co-voiturage, ou encore le télétravail des employés. Ainsi, chez l'opérateur de télécommunications mobile Orange, la mise en oeuvre de ce type d'initiatives a déjà permis d'économiser 35 tonnes de papier par mois à l'échelle du groupe.

En aval, de nombreuses entreprises du secteur IT (dont IBM et Apple) viennent de lancer des programmes de recyclage étendus des produits vendus ou encore des stratégies de maîtrise et de réduction substantielle de leur consommation d'énergie (production de puces moins gourmandes en énergie, diminution de la consommation globale des data-centers, etc.). Les coûts énergétiques des data-centers ont, par exemple, explosé au cours des dernières années. Afin de remédier à ce problème stratégique, plusieurs entreprises internationales ont déjà réagi. C'est ainsi le cas de HP qui va réduire de 20% sur 3 ans sa consommation mondiale d'énergie, notamment grâce à une diminution de 20 à 45% de ses coûts de refroidissement. L'obejctif annoncé est d'aboutir à une réduction de 15ù, d'ici à 2010, ses émissions de gaz carbonique.

Outre l'économie qu'elles représentent, ces différentes actions peuvent également constituer un nouvel argument de différenciation commerciale. De ce point vue, on observe que les différents constructeurs du secteur informatique et télécom se sont récemment lancés dans une véritable course de fonds afin d'être reconnu comme un bon élève en matière de développement durable. C'est ainsi qu'en 2006, les efforts de Nokia et de Dell ont été récompensés par le classement de l'ONG Greenpeace, tandis qu'APPLE se retrouvait bon dernier de la classe en matière de bonnes pratiques respectueuses de l'environnement. Depuis lors, Apple a très clairement annoncé son intention d'améliorer rapidement ses processus de production afin de les rendre plus éco-compatibles. Les annonces en ce sens ce sont d'ailleurs multipliées de la part des industriels au premier semestre 2007.

On peut ainsi retenir l'initiative de Nokia qui, outre les efforts nécessaires en matière de processus de fabrication de ses terminaux mobiles, a également annoncé qu'il proposerait bientôt de nouvelles fonctions intelligentes en matière de recharge des batteries de ses téléphones. Grâce à une coupure automatique lorsque le niveau optimum de charge de la batterie est atteinte, le constructeur espère réduire de 50% la consommation d'énergie des adaptateurs qui restent branchés sans être utilisés? L'objectif chiffré mis en avant par Nokia est d'économiser, par la généralisation de tels systèmes, une quantité d'électricité comparable à la consommation annuelle de 85000 foyers.

Le Web 2.0 comme futur modèle d'organisation de la décarbonisation de l'économie?

Troisième constat: La consumérisation de l'IT va également s'étendre au domaine de la production d'énergie. La diversification et la décentralisation progressive des sources de production d'énergie, notamment renouvelables, vont renverser les business models traditionnels des "utilities" fondés sur une fourniture de services à sens unique. Le consommateur d'hier va donc devenir le producteur de demain.

Outre ce renversement de perspectives, il sera également nécessaire de gérer cette multiplication de productions d'énergies caractérisées par leur diversité et surtout leur irrégularité. De ce point de vue, l'IT a beaucoup de choses à apporter aux futurs acteurs de cette réalité complexe. Le modèle de l'Internet 2.0 a ainsi vocation à devenir le vecteur organisationnel de cette révolution du CleanTech.

Par ailleurs, ce futur modèle distribué de type Grid computing, bien connu du secteur IT, va ouvrir des perspectives nouvelles pour les applications du très haut débit ou des réseaux de capteurs sans fil par exemple.

On le voit bien les dividendes de cette "croissance verte" apparaissent très prometteurs pour le secteur IT car c'est bien à l'aune de la métrique CO2 que se structurera demain l'ensemble de l'économie.

Pour en savoir plus

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