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samedi 1 octobre 2016

eHealth. Investir dans les systèmes de soins de santé du futur

Les responsables politiques de la santé de l'Europe cherchent des réponses à une question pressante: comment utiliser les technologies de l'information et de la communication pour réduire les coûts des soins de santé, tout en améliorant les services?
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Mis à jour le 03/01/2012 | Imprimer | Envoyer

Les décideurs politiques reconnaissent la nécessité d'agir. L'évolution démographique est une évidence, et ils devront en outre lutter pour maîtriser les coûts des soins de santé qui augmentent continuellement, afin de réduire les déficits budgétaires. Selon une étude de l'OCDE, réalisée entre 2005 et 2007, l'espérance de vie moyenne dans les 27 pays de l'UE est de:

  • 80,9 ans pour les hommes,
  • 84,5 ans pour les femmes.

La population âgée n'est pas le seul souci du système des soins de santé. Une bonne majorité d'européens adultes sont en surpoids, voire obèses, ce qui augmente le risque de maladies chroniques comme le diabète ou les maladies cardio-vasculaires.

Le besoin de réduire les coûts et d'adapter les soins de santé oblige les gouvernements à changer de paradigme: remplacer le système centré sur l'hospitalisation par un nouveau système basé sur des services prodigués à distance ou par les médecins généralistes. En effet, la population âgée et les malades chroniques ont plus besoin d'un monitoring régulier que d'une visite à l'hôpital, et la plupart préfèrent éviter les trajets et les attentes liés à ces visites.

Mais les patients ne sont pas les seuls bénéficiaires de cette nouvelle approche. Les autorités médicales souhaitent orienter les services hospitaliers pour les spécialistes et les urgences. Pour cela, le recours à la télémédecine devra permettre aux patients de consulter le médecin traitant et d'accéder, via des réseaux performants, aux résultats de tests (par exemple les scanners) et d'éventuellement faire appel à distance à l'avis d'un spécialiste.

Les bénéfices seront doubles:

  • pour le patient, lui éviter des déplacements et des attentes;
  • pour l'hôpital, réduire les coûts administratifs liés à une visite à l'hôpital et mieux gérer le temps des consultations pour les spécialistes.

De tels services sont facilement mis en place si on dispose de réseaux performants. Ainsi, des vidéoconférences réalisées à l'aide d'ordinateurs ou de TV, entre les patients et le personnel soignant, permettront aux malades d'être en contact visuel avec les soignants et la famille.

Des services de ce type voient le jour un peu partout en Europe. En voici quelques exemples:

  • en Suède, une chaîne de télévision dédiée, "l'infirmière Gudrun", donne la possibilité aux malades d'être en contact vidéo avec un médecin ou une infirmière pour un coût réduit (ce type de consultation revient six fois moins cher qu'une consultation médicale classique);
  • au Portugal, grâce au réseau FTTH déployé au niveau national, on développe des plateformes de soins de santé à distance qui permettent aux différents médecins d'accéder aux données d'un patient afin d'établir ensemble un diagnostic et de définir le traitement adéquat. 10.000 consultations en ligne ont déjà été prodiguées et on développe d'autres services pour les patients atteints d'une maladie rare dans le but de créer des liens et de rompre l'isolement.
  • au Pays-Bas, à Nuenen, une plateforme de télévision locale relie une communauté de personnes âgées afin de stimuler la communication et de créer un réseau social qui permet aux gens de ne plus se sentir seuls chez eux.

Un nouveau plan d'action e-santé de l'Union Européenne

Le plan d'action e-santé a pour but:

  • d'identifier et de résoudre les problèmes qui empêchent les patients, les systèmes de soins de santé et les entreprises de bénéficier pleinement de solutions TIC;
  • de préciser les synergies entre les initiatives politiques et les développements au niveau de l'Europe et des Etats membres;
  • de continuer à soutenir les Etats membres dans leurs développements de projets e-santé ;
  • d'encourager l'utilisation de l'innovation dans l'e-santé ;
  • etc.

Quatre axes ont été identifiés pour réaliser ce plan d'action:

  1. accroître la sensibilisation aux bénéfices et aux opportunités que l'e-santé offre aux utilisateurs (citoyens, patients et professionnels de la santé) par divers moyens:
    • répartir les bénéfices;
    • former les utilisateurs (professionnels de la santé, patients, citoyens);
    • publier des lignes cliniques directrices ;
    • créer de nouveaux services comme l'accès du patient à ses données cliniques ou la gestion des maladies chroniques, etc.;
    • développer et adopter la télémédecine.
  2. résoudre les problèmes qui entravent actuellement l'interopérabilité des applications e-santé par les moyens suivants:
    • définir un set de données patient minimum et commun pour assurer l'interopérabilité des applications e-santé (DAE KA 14, eoSOS, Art 13 X Border Care Directive) ;
    • définir des normes à l'échelle européenne, des tests d'interopérabilité et de certification pour les systèmes d'e-santé (DAE KA 14, Art 14 X Border Care Directive);
    • encourager les développements de profils types;
    • définir un "European eHealth Interoperability Framework" (sémantique, technique, etc.);
    • gérér l'identité interopérable (Interoperable identity management).
  3. améliorer la sécurité juridique pour l'e-santé:
    • améliorer la clarté des dispositions légales applicables pour les services d'e-santé, en particulier dans le domaine de la responsabilité, du remboursement, des licences des professionnels de la santé, de la protection des données;
    • développer la télémédecine;
    • favoriser la coopération entre les Etats membres au niveau opérationel et stratégique ainsi qu'au niveau politique pour les applications e-santé;
    • implémenter l'article 14 de la directive des droits des patients pour les soins de santé au-delà des frontières.
  4. soutenir l'innovation et la recherche pour le domaine e-santé et le développement d'un marché concurrentiel européen et mondial:
    • fournir des recommandations stratégiques pour permettre l'innovation dans le domaine de l'e-santé en utilisant les technologies de re-engineering;
    • soutenir le développement et le déploiement des programmes de gestion des maladies chroniques;
    • identifier, promouvoir et diffuser un cadre juridique favorable à l'innovation (innovation-friendly);
    • favoriser la coopération entre les États membres sur les marchés publics de services e-santé;
    • activer et soutenir les Etats membres à recevoir des fonds d'investissement pour l'e-santé via les instruments de financement communautaires adéquats (fonds régionaux ou d'autres programmes);
    • mettre en œuvre des projets PILOTES sur le vieillissement sain et actif de la population européenne.

Le secteur médical a besoin d'innovation basée sur les TIC

L'Union européenne des 27 comptait en 2009 501 millions d'habitants. La position de l'Europe par rapport à une crise du secteur des soins de santé s'explique en quatre points:

  • une augmentation des coûts des soins de santé; 
  • une augmentation du nombre de personnes âgées; 
  • une diminution du nombre de personnes prodiguant des soins (des professionnels de la santé); 
  • les soins de santé représentent en Europe un droit fondamental de l'être humain.
L'agenda numérique prévoit des actions pour favoriser l'accès sécurisé en ligne au DMI jusqu'en 2015 et assurer un large déploiement des services de télémédecine jusqu'en 2020.

Plus que jamais, le secteur médical a besoin d'innovation. Ce processus est long (6-10 ans) et dépasse souvent celui d'un mandat électoral. L'innovation n'est pas synonyme de recherche. L'innovation utilise des techniques existantes mais inclut du temps pour expliquer, convaincre et faire accepter de nouvelles manières de travailler. Dans le processus médical du futur, il faudra inclure le patient.

L'accès sécurisé en ligne au DMI

Autoriser les patients à avoir un accès en ligne sécurisé à leur dossier médical DMI (à leurs données e-santé) est un premier pas qui sera accompagné d'une évaluation des bénéfices, afin d'envisager un déploiement massif dans les années à venir. L'évaluation sera réalisée par:

  • au minimum 4 entités légales appartenant au 4 Etats membres ou pays associés;
  • les principaux acteurs impliqués dans la fourniture de services e-health en ligne (e-booking, repeat e-prescription, le support pour la gestion des maladies chroniques, etc.).

Les critères qui serviront à l'évaluation sont:

  • les services vus sous l'angle des soins de santé d'une part, et du point de vue économique d'autre part;
  • la durabilité du modèle économique à long terme;
  • les recommandations pour un set minimum de services et la mise en oeuvre dans les pays européens.

Le déploiement des services de télémédecine

L'objectif de cette action est de:

  • faciliter l'échange des bonnes pratiques;
  • obtenir les consensus des parties prenantes;
  • préparer des actions pour un déploiement à large échelle des services de télémédecine.

Pour réaliser ces objectifs, il faudra impliquer:

  • au minimum 7 entités légales indépendantes de 7 Etats membres ou pays associés;
  • des experts des domaines suivants: les associations nationales de télémédecine, les organisations de patients, les organisations de professionnels des soins de santé.

Pour obtenir un consensus et accélérer le déploiement de la télémédecine, il faudra:

  • rédiger des guides pratiques;
  • aborder les questions juridiques, techniques, organisationnelles et économiques.

L'agenda numérique envisage, grâce aux projets d'e-health, d'augmenter le nombre d'années de vie en bonne santé en moyenne de deux ans d'ici 2020 en Europe. L'agenda numérique 2020 ambitionne un triple résultat gagnant pour l'Europe:

  • permettre aux citoyens européens d'avoir une vie saine, active et autonome jusqu'à un âge avancé;
  • améliorer la durabilité et l'efficacité des systèmes de soins de santé et sociaux;
  • développer et déployer des solutions innovantes favorisant ainsi la compétitivité et la croissance du marché.

Pour en savoir plus

  • eHealth week Lien externe
    Site officiel de la conférence eHealth Week
    http://www.worldofhealthit.org
  • Digital agenda for Europe Lien externe
    The overall aim of the Digital Agenda is to deliver sustainable economic and social benefits from a digital single market based on Internet and interoperable applications
    http://ec.europa.eu/information_society/digital-agenda
  • Les TIC dans le secteur hospitalier wallon
    Le secteur de la santé est l'un des plus illustratifs de l'utilité des TIC. Dans le cadre de son baromètre TIC 2011, l'AWT a étudié l'équipement et les usages TIC dans le milieu hospitalier wallon, ainsi que son intégration en réseau
    http://www.awt.be/web/dem/index.aspx?page=dem,fr,b11,hop,010
  • Plan eHosp 2011-2016. Vers un réseau d'hôpitaux connectés numériquement
    En 2009, le Gouvernement fédéral et le SPF Santé publique lançaient le plan eHosp. Ce plan prévoit un budget annuel de plus de 16 millions d'euros pour les investissements informatiques dans les hôpitaux, et notamment le dossier infirmier électronique
    http://www.awt.be/web/res/index.aspx?page=res,fr,foc,100,122
  • Agoria e-Health Awards Lien externe
    Les Agoria e-Health Awards ont pour objectif de mettre à l'honneur tous les projets e-Health des hôpitaux, médecins, mutualités, autorités publiques, etc.
    http://www.ehealthawards.be
  • Chaîne YouTube de eHealthInfso Lien externe
    Delivering better and more efficient healthcare services. This is how Information and Communication Technologies (ICTs) are helping you, your doctor(s), your pharmacist and your hospital take better care of your health
    http://www.youtube.com/user/eHealthInfso
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