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dimanche 4 décembre 2016

Cloud computing. Pourquoi les PME doivent en profiter

Stockage, outils collaboratifs, logiciels métiers, plateformes de développement, ... le Cloud Computing couvre aujourd'hui tout le spectre des services ICT pour les entreprises. Comment choisir un offre Cloud? L'AWT fait le point pour aider les dirigeants d'entreprises à y voir plus clair
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Mis à jour le 11/02/2013 | Imprimer | Envoyer

Cloud, empowerment, big data et mobile. Le carré magique ICT pour le futur

Le Master Plan TIC du programme Creative Wallonia décrypte l'environnement numérique global selon 4 axes:

  1. Mobile et Web². Une fusion des mondes réel et virtuel.
  2. Cloud computing. Une plateforme ubiquitaire de services.
  3. Big Data. Le pouvoir des données.
  4. Empowerment social. Une redistribution des rôles.

Ces axes recouvrent largement ceux adoptés depuis comme grille de lecture du futur numérique par le consultant IT Gartner, sous le concept de "Nexus of Forces". Cette "conjonction de forces" résulte de la convergence et du renforcement mutuel de 4 tendances technologiques: le mobile, le social, l'information et le Cloud. Si leurs évolutions respectives ont largement été étudiées, le fait nouveau est cette convergence provoquée par la consumérisation des usages TIC, notamment grâce aux terminaux mobiles intelligents.

Le Gartner envisage cette "conjonction de forces" comme une plateforme technologique globale et programmable, offrant de nouvelles opportunités de business pour les entreprises. Les interactions entre ces forces créent un écosystème TIC toujours plus orienté vers les utilisateurs. L'information, globale, pertinente et personnalisable, permet d'élaborer de meilleurs produits et services, notamment au travers des expériences sociales et mobiles. Les terminaux mobiles intelligents et la connectivité permanente forment une plateforme pour les échanges sociaux et permettent l'émergence de nouvelles méthodes de travail et d'organisation. Les technologies sociales relient les gens entre eux, à leurs entreprises et avec le monde, sur base de modèles relationnels inédits où les rapports de force sont profondément modifiés. Enfin, le Cloud computing permet de développer et fournir, de manière transparente, l'information et les services nécessaires aux utilisateurs et aux entreprises.

Cloud computing. Retour vers le futur

Le "Cloud Computing", littéralement "informatique dans les nuages", remonte déjà au début des années 2000, lorsque certaines applications telles que l'e-mail, les outils collaboratifs ou encore les logiciels de gestion de clientèle (CRM) ont entamé leur migration vers Internet.

Les entreprises ont toujours été confrontées aux besoins en compétences informatiques nécessaires pour soutenir leur activité au moyen de la technologie. A cela s'ajoute les fluctuations (pics de charge) de l'activité qui ne permettent pas toujours d'adapter les infrastructures technologiques aux besoins quels qu'ils soient. De ces constats, est née l'idée de partager des ressources et des compétences informatiques via Internet.

Informatique à la demande

Le principe du Cloud Computing est donc de délocaliser le stockage et le traitement de données sur des serveurs distants interconnectés, afin de fournir "à la demande" des ressources informatiques aux entreprises qui en ont besoin même de façon temporaire.

Le Cloud Computing marque notamment une rupture dans la gestion informatique dans la mesure où la localisation des serveurs distants sur lesquels sont stockées ou traitées les données n'est pas toujours connue de l'utilisateur. De plus, particuliers et entreprises peuvent désormais accéder à des produits et services variés en ligne sans s'occuper de la mise à jour des applications, mais, surtout, en supportant des coûts d'infrastructure moindres.

Une offre qui se construit en permanence

Depuis les début des années 2000, le marché du Cloud computing se développe et se structure petit à petit. Dès 1999, un acteur pionnier comme Salesforce a proposé une plateforme Web de téléghargement d'un logiciel de gestion de fichiers clients et des équipes de vente. Le service s'est rapidement étendu à une véritable "magasin" d'applications téléchargeables baptisé (AppExchange) et à une plateforme de développement de programmes appelée Force.com. Seuls manquaient encore les services d'infrastructure, c'est-à-dire du stockage de données sur serveurs distants ou encore de la puissance de calcul pour faire fonctionner des applications.

En 2006, la librairie en ligne Amazon a compris que la puissance et la capacité de son gigantesque parc de serveurs n'étaient utilisées à pleine capacité qu'une partie du temps et dès lors n'étaient pas rentabilisées 100% du temps. D'où l'idée de créer Amazon Web Services pour offrir du stockage, de la puissance de calcul ou encore des espaces collaboratifs aux entreprises accessibles via Internet.

L'année suivante, Google a lancé une offre de services allant de l'infrastructure à la messagerie, en passant par la bureautique en ligne avec Google Docs. Enfin, Microsoft, face à cette nouvelle offre de Cloud Computing attractive, lancera en 2010 sa plateforme Azure et Office 365.

Désormais, pratiquement toutes les applications que les entreprises utilisent de manière transversale existent en tant que services accessibles via Internet et peuvent être tarifées à la consommation effective.

Historique du développement de l'offre de services de cloud computing

Historique du développement de l'offre de Cloud Computing de 1999 à nos jours. Tableau non exhaustif
SalesForce.com
1999
  • Appexchange. Magasin d'applications à télécharger concernant tous les aspects de la vie de l'entreprise
  • Salesforce. Customer Relationship Manager en ligne
  • Force.com. Plateforme de développement d'applications disponible via Internet
Amazon Web Services
2006
  • Amazon.com. Première libraire en ligne (e-commerce)
  • Amazon Virtual Private Cloud (VPC). Applications en ligne
  • Amazon Elastic Compute (EC2). Location d'espace serveur pour répondre aux pics de charge et puissance de calcul
  • Amazon Simple Storage Compute (S3). Location d'espace de stockage sans capacité de calcul
Google
2007
  • Google Apps Market Place. Magasin d'applications
  • Google Docs / Drive. Suite bureautique et stockage
  • Google App Engine. Plateforme de développement d'applications
  • Google Compute Engine. Puissance de calcul et de traitement informatique à la demande
Microsoft Azure
2010
  • Microsoft Office 365. Suite bureautique Office mais dans le Cloud
  • Microsoft. Net. Plateforme de développement d'applications
  • Microsoft Windows/SQL Server. Stockage et gestion de base de données online
  • Microsoft Dynamics CRM. Gestion des fichiers clients et des équipes de vente

A partir de 2010, les smartphones, puis les tablettes, connaissent un succès grandissant auprès du grand public et des entreprises. Dès la fin 2011, les ventes des terminaux mobiles dépassent celles des ordinateurs. Par ailleurs, la combinaison entre réseaux filaires, Wi-Fi et 3G/4G garantit désormais un accès presque ubiquitaire et de qualité aux données et aux services.

Cela transforme de facto le Web en plateforme universelle de services en ligne. L'industrialisation de l'informatique est en marche. Google, Amazon, Microsoft, ... sont devenus les usines de l'économie numérique. Ils maîtrisent leur production depuis la fabrication de composants jusqu'à l'offre de services au consommateur final, en passant par l'hébergement à grande échelle dans des datacenters de plusieurs dizaines de millions de dollars l'unité. Facebook et Google sont ainsi désormais dans le top 10 des fabricants mondiaux de serveurs.

Les modèles de Cloud Computing. Everything as a Service

Grâce à la consumérisation de l'IT, les entreprises peuvent désormais faire du shopping de solutions informatiques standardisées et hébergées dans le Cloud. L'informaticien se profile de plus en plus comme un agrégateur ou un assembleur de briques applicatives et de passerelles entre les applications Cloud et les systèmes existants. Il développe aussi un rôle de consultant qui saura trouver l'offre la plus adaptée aux besoins de l'entreprise sans nécessairement faire du développement en interne à cette occasion. Plus que jamais, son rôle s'apparente à celui d'un architecte qui construit le système informatique brique par brique en coordonnant l'ensemble des intervenants au sein de ce système.

Les solutions proposées en tant que services via le Cloud couvrent plusieurs grands types d'usages technologiques professionnels:

  • SaaS (Software as a Service). Le SaaS consiste à proposer un abonnement à un logiciel standard plutôt que l'achat d'une licence. Le logiciel est alors utilisé via Internet grâce à un simple navigateur. Le forfait mensuel que paie l'entreprise pour l'utilisation du logiciel lui permet de connaître ses coûts à l'avance et de disposer, à tout moment, de la dernière version du logiciel sans se soucier des mises à jour. Cette formule est désormais courante en entreprise pour les usages tels que le courrier électronique, l'alimentation de sites Web, la bureautique ou encore la comptabilité.
  • IaaS (Infrastructure as a Service). Le IaaS consiste à offrir des infrastructures de stockage et de traitement des données comme un service facturé à l'unité de stockage aux entreprises. Les ressources informatiques de l'entreprise (serveurs, puissance de calcul, stockage, etc.) se trouvent donc chez un fournisseur qui héberge à la fois les ressources et les données en garantissant leur sécurité et la totale disponibilité de celles-ci.
  • PaaS (Plateforme as a Service). Le Paas permet le développement et le test d'applications informatiques dans les nuages. Ce modèle consiste essentiellement à mettre à disposition des entreprises un environnement middleware immédiatement disponible où l'infrastructure est masquée et externalisée. Cette formule permet de développer des applications sans entraver le fonctionnement de l'infrastructure de base.
  • PraaS (Process as a Service). Dans ce cas, les processus informatiques sont disponibles et utilisables dans le Cloud par les directions métiers des entreprises. Ainsi par exemple, la chaîne logistique est un processus métier faisant intervenir différents départements de l'entreprise et des prestataires externes. Pour ce processus en particulier, on peut trouver des suites logicielles hébergées dans le Cloud qui encadrent complètement les différentes étapes de la chaîne de valeur. Il en va de même pour certaines transactions bancaires complexes, l'introduction de réclamations auprès d'un service d'assurances, la gestion de call centers traitant de gros volumes de données ou encore pour la gestion des ressources humaines et de la formation continue dans les grandes entreprises. AMIANDO est un bel exemple de PraaS, il s'agit d'un progiciel qui prend en charge toutes les étapes d'une organisation d'événement qu'il s'agisse d'une conférence ou d'un concert.
  • DaaS (Data as a Service). Le DaaS est une évolution logique du Cloud, au croisement des phénomènes de Big Data et d'Open Data. Si la disponibilité de fournisseurs de données à valeur ajoutée est une réalité fort ancienne, l'application des modèles SOA (Service-oriented architecture) permet d'envisager le déploiement à grande échelle de nouveaux services en ligne accessibles au plus grand nombre et proposant, à la demande, l'agrégation de données brutes, quantitatives ou personnelles, afin de faciliter, pour les entreprises, la compréhension de certains phénomènes et d'anticiper ainsi de nouvelles tendances de marché.

Avantages et inconvénients du Cloud Computing

Faire des économies grâce au Cloud Computing ?

Dès lors qu'une entreprise ne paie que ce qu'elle consomme en termes de données et d'applications et qu'elle n'a pas à gérer l'infrastructure nécessaire au traitement de ces données, elle va réaliser des économies de coût. Ces économies peuvent être substantielles dans la mesure où le TCO (Total Cost of Ownership) d'une infrastructure informatique (hard et soft) représente en moyenne 50% du budget IT d'une entreprise. Le coût total de possession englobe l'achat et l'entretien des machines, ainsi que l'acquisition et la mise à jour des logiciels nécessaires à leur fonctionnement.

Quand on compare les coûts associés à l'utilisation de la suite bureautique Microsoft Office sous licence hébergée en local avec son équivalent Office 365 dans le Cloud, le gain potentiel en faveur du Cloud est de l'ordre de 30%.

Pour la démonstration chiffrée de ce gain potentiel, l'AWT a dressé la liste des services web standards de qualité professionnelle nécessaires au bon fonctionnement d'une PME de 10 travailleurs afin d'avoir une base de services claire pour établir les comparaisons:

  • messagerie électronique utilisant le nom de domaine de l'entreprise,
  • prise en charge de la messagerie vocale hébergée,
  • synchronisation des annuaires,
  • archivage et stockage illimité du courrier électronique,
  • anti-virus et anti-spam configurables,
  • calendriers partagés,
  • messagerie instantanée et visioconférence,
  • usage et stockage des services bureautiques,
  • Intranet prenant en charge jusqu'à 300 sous-sites,
  • site Web,
  • helpdesk informatique.

Pour bénéficier de ces services avec la suite Microsoft Office hébergée en local, il faut envisager l'achat des licences suivantes.

Microsoft Office on premise 2012
Microsoft Office on premise Coût unitaire
(euros)
Quantité pour une PME
de 10 travailleurs
Licence Office 400 10
Licence d'accès à LYNC 31 10
Licence d'accès à Exchange 88 10
Licence d'accès à Windows 24 10
Licence d'accès à SQL 153 10
Licence d'accès à Sharepoint 83 10
SYMANTEC antiSpam/Virus 39 10
Licence Exchange Server 1.300 1
Licence LYNC Server 2.000 1
Licence Sharepoint Server 4.000 1
Licence Windows Server 3.496 1
Licence SQL Server 657 1
Total 12.271  

Pour des services équivalents en Office 365 selon la formule tarifaire "moyennes et grandes entreprises E3", le coût mensuel est de 19 euros par mois et par utilisateur, c'est-à-dire un coût total de 19 euros pour 12 mois pour 10 travailleurs, soit 2.280 euros.

Autrement dit, le coût d'exploitation d'Office 365 représente 20% de celui de la suite Microsoft Office hébergée en local. Ce ratio doit être relativisé par le fait que les licences Microsoft se renouvellent généralement tous les 3 ans alors que la tarification d'Office 365 est mensuelle. Par ailleurs, il est rare que les entreprises fonctionnent uniquement avec des infrastructures et applications informatiques hébergées dans le Cloud. La plupart du temps, le système informatique est mixte. Dans cette configuration, le gain de coût potentiel du recours au cloud computing est plutôt de l'ordre de 33% et non 80%.

Un plan tarifaire "petites entreprises P1" est également disponible à partir de 5 euros par utilisateur et par mois pour les services suivants: messagerie électronique utilisant le nom de domaine de l'entreprise, calendriers partagés, messagerie instantanée de PC à PC avec visioconférence, bureautique, intranet, site web et anti virus. Ce plan a le mérite de rendre les coûts informatiques abordables et prévisibles pour les TPE.

Outre Microsoft, très présent dans les PME pour les services de bureatique, d'autres solutions existent, et particulièrement Google Apps. Les Google Apps ont l'avantage d'être des applications natives du Web. Ces applications offrent un environnement similaire à celui de Microsoft (80% des fonctionnalités sont communes).

L'utilisateur va rapidement retrouver ses marques, mais surtout, il va pouvoir disposer de services Web intégrés à ses applications pour 40 euros par an et par utilisateur avec un espace de stockage gratuit de 5 Gigas par utilisateur. Par ailleurs, les outils étant interconnectés, des services comme Google Translate ou des accès à des informations en temps réel (un cours de bourse ou une carte par exemple) sont accessibles directement dans une feuille de calcul. De plus, les formats de fichiers sont compatibles entre les Google Apps et Office.

Par ailleurs, Google Drive offre, comme son nom l'indique, un espace de stockage supplémentaire, intégré dans l'arborescence classique des fichiers de l'ordinateur ou accessible via le browser. DropBox, Box ou SkyDrive (Microsoft) offrent des services identiques, mais Google Drive offre l'avantage d'une intégration native avec tous les autres services de Google.

Se poser les bonnes questions

A première vue donc, le Cloud Computing n'a que des avantages. Pourtant, certaines entreprises ayant migré une partie de leurs applications vers le Cloud disent avoir dû supporter des coûts cachés ou imprévus tels que des upgrades de maintenance et de helpdesk,ainsi que des coûts de "shelfware". Les coûts de shelfware proviennent de la non utilisation d'un service auquel on est abonné.

En informatique comme ailleurs, il n'existe pas de solution miracle. Le Cloud Computing ne fait pas exception à cette règle. En effet, si certains paramètres ne sont pas vérifiés avant la signature des contrats de Web services, cela peut poser des problèmes à moyen terme, tant au niveau du coût que de la fiabilité des services.

Les offreurs de services dans le Cloud font souvent la publicité d'un service de base en omettant d'expliquer que des coûts de migration, de maintenance, de helpdesk ou encore de stockage, risquent de s'ajouter au tarif de base. Ces coûts imprévus apparaissent quand l'entreprise doit intégrer les services Cloud à un système d'applications sous licence hébergées en local. Par ailleurs, les contrats de Web services sont souvent laconiques et/ou comportent des hyperliens renvoyant vers des pages Web détaillant certaines clauses du contrat qui peuvent être modifiées unilatéralement par l'offreur. Il faut donc tenter d'identifier les coûts annexes éventuels et de fixer clairement les accords sur la qualité de service garantie au sein même du contrat de base. Le niveau de service attendu est la pierre angulaire du Cloud Computing.

Pour aider les chefs d'entreprises et les DSI dans cette tâche, 10 questions permettent d'identifier d'éventuels coûts câchés.

  1. L'entreprise a-t-elle bien identifié les besoins informatiques qu'elles souhaitent déplacer vers le Cloud afin de comparer les solutions possibles de manière objective?
  2. Est-il possible de transférer les licences existantes hébergées en local chez un concurrent opérant dans le Cloud?
  3. Quels sont les coûts par utilisateur et par mois pour un service comparable à celui du logiciel sous licence?
  4. Ces coûts englobent-ils un helpdesk humain aisément joignable et une intervention rapide en cas d'interruption de service?
  5. Le niveau de service attendu est-il clairement défini au sein même de la page Web contractuelle?
  6. L'entreprise dispose-t-elle de l'infrastructure, notamment de la bande passante, nécessaire à la pleine jouissance du service?
  7. Une mise à niveau des compétences du personnel est-elle nécessaire pour bien utiliser les fonctionnalités du nouvel environnement?
  8. Est-il possible de sortir du contrat de maintenance les applications qui migrent vers le Cloud de sorte à diminuer les coûts globaux de maintenance pour les licences d'applications qui restent hébergées en local?
  9. En interne, êtes-vous capable de gérer et de mesurer les performances d'applications sous licence hébergées en local mais également d'applications hébergées dans le Cloud?
  10. Si une première expérience de migration d'applications vers le Cloud s'avère non concluante, combien cela va-t-il coûter de revenir à l'applicaiton initiale sous licence hébergée en local?

Ces 10 questions constituent en quelque sorte la feuille de route à l'intention des dirigeants d'entreprises pour une bonne utilisation des services Cloud.

La définition du niveau de service attendu occupe une place critique dans cette feuille de route. En effet, ce que l'on appelle SLA (Service Level Agreement) est la garantie pour l'entreprise qu'en cas de non respect de la qualité de service attendue, cette dernière sera aidée, dédommagée voire libérée du contrat dans l'éventualité de problèmes récurrents. Un service offert dans le Cloud, ne se définit ni plus ni moins que par son niveau de qualité et sa disponibilité.

Ces précautions d'usage ne doivent cependant pas occulter de nombreux avantages qu'offrent les applications hébergées dans le Cloud ni les gains de coûts potentiels associés à ce type de solutions.

Les dirigeants d'entreprise et les décideurs informatiques ne doivent pas non plus se laisser décourager par le fait que la localisation des données dans le Cloud est floue, notamment parce que les offreurs de solutions Cloud travaillent avec de nombreux sous-traitants. En effet, les principaux acteurs du marché sont des multinationales qui ont largement démontré leur professionnalisme (IBM, Google, Microsoft, HP, Amazon, etc) en matière de sécurisation des applications et leur stabilité financière.

Avantages et inconvénients du Cloud Computing

En bref, un fois les coûts annexes envisagés, et le contrat de services bien balisé, les avantages du Cloud Computing sont nombreux par rapport aux inconvénients.

Avantages et inconvénients du Cloud Computing
Avantages Inconvénients
Disponible sur n'importe quel terminal (cela peut rendre le personnel davantage mobile ou encore faciliter le partage de données entre sites distants) Les usages métiers, spécifiques et complexes trouvent peu de réponses dans le Cloud
Divise en moyenne les coûts IT par 2 Les applications disponibles dans le Cloud couvrent 80% des besoins utilisateurs les plus courants, il y aura toujours besoin des compétences de l'informaticien pour le développement de passerelles entre les modules et pour la liaision fine des applications Cloud avec l'existant
Version toujours à jour et identique pour tous les utilisateurs En cas de litige, le nombre de prestataires et la localisation floue des données complique la gestion et l'éventuelle indemnisation du risque de perte de données
Facturation à la consommation  
Les applications Cloud sont des outils collaboratifs à la base et leur utilisation ne nécessite pas d'add-on
Fonctionne avec les browsers modernes
Peuvent aussi être utilisées à partir d'un client Outlook
Les applications existantes hébergées en local peuvent continuer à fonctionner en même temps que les applications Cloud
Ces applications sont autonomes par rapport à l'operating system du terminal qui y accède, donc, elles marchent aussi bien sur PC que sur Mac, tablettes ou smartphones. Aucune perte de fonctionnalités liée au terminal
Plus besoin de synchroniser les différents devices puisque les données sont stockées dans le Cloud

Cloud Computing et PME

En Wallonie, les connexions à Internet en situation de mobilité professionnelle ont fait un bon de 9 points entre 2010 et 2011. Elles concernent 19% des entreprises wallonnes. 11% des PME wallonnes ont totalement ou partiellement externalisé leur informatique et 5% supplémentaires en avaient le projet pour 2012.

Quant au SaaS proprement dit, il concerne 9% des entreprises régionales et 6% supplémentaires comptaient consommer des applications via Internet en 2012. Ces chiffres sont encourageant et en croissance rapide. L'étude "Ultimate Make over" menée par Microsoft en 2011 auprès de 13000 entreprises belges confirmait que 42% des dirigeants interrogés utilisent leur smartphone pour lire leurs e-mails. Par ailleurs, 53% des entreprises possèdent un serveur en interne contre 34% qui ont déjà opté pour une solution en ligne ou hébergée par un tiers. Enfin 49% des dirigeants interrogés par "Ultimate make Over" ont déjà utilisé un logiciel en mode SaaS. Autrement dit, l'offre et la demande sont mûres pour se rencontrer.

Un autre élément favorable au développement du Cloud Computing au sein des entreprises wallonnes est l'entrée sur le marché de l'opérateur historique Belgacom qui fournit encore des services de téléphonie fixe à 79% des PME régionales. Le portail BeCloud permettra aux utilisateurs professionnels de gérer leurs commandes, leur approvisionnement et leur facturation en mode SaaS pour un forfait mensuel par utilisateur abordable et surtout, sans surprise.

(Petit) tour d'horizon des solutions Cloud pour les PME

Le tableau suivant n'est évidemment pas exhaustif par rapport à l'offre de solutions Cloud accessibles aux PME. Ce tour d'horizon vise à guider les chefs d'entreprises dans une première approche un peu plus opérationnelle des solutions cloud du marché qui peuvent rencontrer certains de leurs besoins. Ce tableau sera mis à jour régulièrement.

Applications métiers
ERP SCM CRM GRH E-commerce Projets Réseau social Divers
Net Suite
Workday
Sap (Cloud d'Amazon)
Aravo
Deposco
SalesForce Success Force
Success Factors (SAP)

Magento Go
Prestashop
Ariba

Clarizen
Knowledge Plaza
Yammer
Blue Kiwi
Google Maps
YouTube
Vimeo
Webropol
Mail, bureautique, gestion, Intranet , ...
Mail Bureautique Intranet Site Web /Blogs Facturation Comptabilité Plateforme globale
Gmail
Outlook.com (hotmail)
Office 365
Google Apps
Zoho Office
Zimbra
SharePoint
Google Sites
Wix
Blogger
Wordpress
Zuora
exactonline.be
Sage One BeCloud (Belgacom)
Serveurs, stockage, puissance de calcul, développement & tests
Développement, applications et calcul Stockage de fichiers
IBM SmartCloud
Amazon Web Services
Google Cloud Platform
Microsoft Azure
Force.com
Ruby on Rails
ComodIT
HP Cloud
DropBox
Evernote
Box
Google Drive
Sugar Sync
Wuala
Mozy
HubiC (OVH)
Amazon Cloud Drive
iCloud
Microsoft Skydrive

Pour en savoir plus

  • L'AWT vous présente ses... meilleures tendances pour 2013
    Les TIC se confondent de plus en plus avec le monde réel. Quels sont les axes qui structurent cet environnement numérique global? Quelles sont les tendances technologiques qui vont émerger dès 2013? Quels sont les défis de la Wallonie numérique? L'AWT vous propose ses pistes de réflexion
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  • Le Cloud Computing au coeur de la 3ème édition de l'IP-Forum AWT/Aastra
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  • Baromètre TIC 2011 de la Wallonie
    Dans le cadre de son baromètre TIC 2011 en Wallonie, l'AWT a mesuré le niveau d'usages et d'équipement TIC des citoyens, des entreprises et du secteur des soins de santé: hôpitaux, prestataires de soins et pharmaciens. Tous les chiffres sont en ligne!
    http://www.awt.be/web/dem/index.aspx?page=dem,fr,b11,000,000
  • Blog de Louis Naugès Lien externe
    Louis Naugès, Chief Cloud Evangelist, Revevol. Le Cloud computing décrypté pour les professionnels de l'informatique
    http://nauges.typepad.com
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