Agence Wallonne des Télécommunications, la plateforme ICT de la Wallonie

dimanche 21 septembre 2014

L'e-health au service du patient. Retour sur la 6ème édition de l'IP-Forum

L'information est aujourd'hui devenue l'enjeu central de la relation entre les établissements de soins et le patient. Celui-ci compare dorénavant les prestations et les services proposés au regard d'informations disponibles sur des canaux sans cesse plus étendus
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Mis à jour le 23/10/2012 | Imprimer | Envoyer

Pour sa 6ème édition, l'IP-Forum AWT/Aastra avait pris ses quartiers dans le cadre authentique de l'Abbaye de Nizelles. Au programme: le baromètre de l'AWT en matière de soins de santé, l'écomodèle d'Aastra en matière de solutions technologiques au service de l'e-santé, mais également des défis tels que la localisation en temps réel des matériels et des personnes avec AeroScout, l'amélioration de la gestion des rendez-vous en milieu hospitalier avec le CHR de la Citadelle, ou encore la découverte d'une plateforme innovante sur tablette en matière de dossier de soins avec Pyxima.

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Le baromètre de l'AWT et le secteur des soins de santé

Dans le cadre de son baromètre TIC 2011 de la Wallonie, l'AWT a mené une enquête approfondie sur les usages et équipements TIC dans le secteur des soins de santé, et plus particulièrement les prestataires de soins, les hôpitaux et les pharmaciens. Dans le cadre de l'IP-Forum, Isabelle Rawart, expert à l'AWT, a rappelé quelques-uns des grands constats dégagés dans le cadre de cette enquête.

Hôpitaux

Les 36 institutions hospitalières wallonnes, regroupant 85 implantations, font très largement usage des TIC pour la gestion administrative et le suivi médical des patients hospitalisés. 92% d'entre-elles ont ainsi intégré la plupart de ces données dans un véritable "Dossier médical informatisé hospitalier" ou DMIh, même si les solutions retenues ne sont pas toujours homogènes entre services ou entre implantations.

Tous les hôpitaux sont connectés à Internet. Dans près de 3 institutions sur 4, il est possible de se connecter partout à Internet, sur tous les ordinateurs, mais les droits d'accès diffèrent selon le profil métier des utilisateurs. 81% des institutions hospitalières wallonnes ont au moins un réseau Wifi en interne. La connexion Wifi est principalement destinée aux médecins et au personnel infirmier.

99% des médecins ont un ordinateur dans leur cabinet à l'hôpital et 88% utilisent activement Internet, essentiellement via des ordinateurs fixes. La mobilité reste largement un défi pour les prochaines années. On note toutefois la présence régulière d'ordinateurs portables avec connexion Wifi sur les chariots pour le tour des salles.

L'accès à distance aux données du DMIh est possible pour 52% des médecins hospitaliers, mais seulement 33% en font régulièrement usage. Par ailleurs, 36% des institutions donnent aussi un accès à distance à des médecins généralistes pratiquant à proximité. Dans ce cas, l'accès n'est délivré qu'après demande motivée et seulement pour consulter des données de patients pour lesquels les généralistes ont un lien thérapeutique clairement établi. Ces différentes interconnexions sont appelées à s'effectuer de manière de plus en plus systématiques et structurées. Le Réseau Santé Wallon (RSW), développé à l'initiative de la FRATEM, donc du milieu médical lui-même, et s'inscrivant à présent plus largement dans le cadre de eHealth, recueille un large assentiment. 32 des 36 institutions ont dès à présent clairement marqué leur intention d'adhérer au RSW.

Médecins

89% des médecins généralistes ou spécialistes et des dentistes utilisent un ordinateur. 61% utilisent un logiciel de gestion des dossiers patient (DMI) pour intégrer l'essentiel des données médicales en leur possession. Cette tendance est un peu plus forte chez les généralistes (68%) et moins chez les dentistes (54%). Le logiciel de prescription est par contre beaucoup moins répandu, avec 36% des généralistes et 22% des spécialistes. Lorsque l'on examine les taux d'équipement et de connexion selon les types de cabinets, on observe clairement que les cabinets partagés, dans lesquels on trouve 16% des praticiens interrogés, sont systématiquement un peu mieux équipés que les cabinets privés (58% des répondants). Ainsi, par exemple, on a un taux de connexion internet de 76% dans les cabinets partagés et des 66% dans les autres.

Internet est utilisé par 66% des praticiens informatisés pour communiquer avec leurs confrères et avec les laboratoires. 58% consultent ainsi la presse médicale spécialisée et 46% recourent à Internet pour consulter des ouvrages de bibliothèques professionnelles. Ce sont toutefois des usages non médicaux qui rassemblent le plus d'utilisateurs:

  • opérations de banque en ligne (69%),
  • réservation d'hôtels ou de moyens de transport (57%).

27% des généralistes disposent déjà d'un accès (souvent partiel) au DMIh de leurs patients hospitalisés. 42% sont demandeurs de cet accès illustrant par là l'intérêt de l'interconnexion des DMI via le Réseau Santé Wallon actuellement en cours de réalisation.

  • Baromètre TIC 2011 de la Wallonie
    Dans le cadre de son baromètre TIC 2011 en Wallonie, l'AWT a mesuré le niveau d'usages et d'équipement TIC des citoyens, des entreprises et du secteur des soins de santé: hôpitaux, prestataires de soins et pharmaciens. Tous les chiffres sont en ligne!
    http://www.awt.be/web/dem/index.aspx?page=dem,fr,b11,000,000
  • Baromètre TIC 2011. Equipement et usages TIC du secteur des soins de santé en Wallonie (.PDF 148 k)
    Présentation d'Isabelle Rawart (AWT) à l'occasion de la 6ème édition de l'IP-Forum AWT/Aastra, le 5 octobre 2012
    http://www.awt.be/contenu/tel/res/IP-Forum_10_2012_AWT.pdf
  • E-santé. Politiques et objectifs à l'horizon 2020
    Le succès des projets e-santé est aujourd'hui étroitement dépendant des stratégies politiques définies et poursuivies par les Etats européens. Ces stratégies, centrées sur le patient, vont remettre en cause les modèles établis en matière de prévention et de prise en charge thérapeutique
    http://www.awt.be/web/res/index.aspx?page=res,fr,foc,100,147

Aastra. Un ecomodèle au service de l'e-santé

Aastra a ensuite présenté le Healthcare Eco-model developpé par cette société en matière d'e-santé. Partant du constat que dans une approche de marché centrée sur les besoin du client, la seule téléphonie n'est plus pertinente, Aastra et ses partenaires ont développé une offre très large de solutions de communication unifiée adaptée aux nouvelles exigences des différents acteurs, c'est-à-dire personnels soignants mais également patients.

Le Healthcare Eco-model d'Aastra est une matrice intelligente et adaptable qui est issue d'un sondage du marché réalisé auprès des différents acteurs (médecins, chefs infirmiers, infirmières, CIO, directeurs d'établissements, etc.) afin d'établir différents scénarii autour de profils clairement identifiés d'utilisateurs de la technologie. 4 profils ont ainsi été identifiés:

  • le médecin-chef qui cherche avant tout à rassembler les meilleures compétences médicales,
  • l'infirmière-chef qui représente sans doute le profil le plus proche du patient. Pour ce profil, l'enjeu réside dans l'optimisation du temps. En effet, ces sondages ont permis de constater que les infirmières passaient jusqu'à 30% de leur temps dans des activités de recherches (assets et personnes),
  • la directrice générale dont la principale préoccupation réside dans l'amélioration continue de l'image de marque de l'établissement de soin afin de rendre celui-ci plus attractif.
  • le directeur financier qui très logiquement cherche avant tout à optimiser la productivité des différents services composant l'établissement de soins.
  • Quels sont leurs différents besoins?

De l'autre côté on trouve le patient, qui constitue l'acteur central de cette gestion d'information. En effet, il devient de plus en plus évident que le patient affiche désormais un niveau d'exigence de plus en plus élevée quant à la qualité des soins, au confort de prise en charge, ou encore à la possibilité de garder le contact avec sa famille et ses proches via ses réseaux sociaux pendant son hospitalisation.

Seconde tendance structurante concernant le patient, celui-ci souhaite aujourd'hui être en mesure de communiquer avec les établissements de soins via différents canaux. L'information de ces acteurs doit donc être disponible sur différents canaux tels que site web, applications mobiles et demain Smart TV.

Enfin, le patient est aujourd'hui de mieux en mieux informé sur les pathologies et les traitements disponibles avant toute consultation. Dans cette perspective, il souhaite de plus en plus disposer d'une liberté d'accès à ses propres données médicales, ce qui n'est pas sans poser de sérieux défis.

Aastra a également présenté les différentes couches technologiques (des solutions de communications unifiées aux infrastructures réseaux en passant par les nouvelles plateformes applicatives notamment dans le cadre d'un reporting centralisé) capables de répondre à ces différents défis. Afin d'illustrer ces différentes possibilités les partenaires présents avaient organisé une série de démonstration mettant l'accent sur les différentes possibilités:

  • des senseurs sans fil pour mesurer la température de produits médiaux sensibles,
  • des systèmes d'alerte infirmière et de localisation des assets et des personnes,
  • Aastra Belgique Lien externe
    Aastra commercialise un éventail de solutions pour entreprise incluant une large gamme de terminaux IP et traditionnels, des outils collaboratifs et de communicatins unifiées et applications métiers
    http://www.aastra.be

AeroScout. Localisation des assets et réduction des coûts

La société AeroScout a été fondée en Israël en 2010 et vient d'être rachetée par la société Stanley Black & Decker. Le domaine de spécialisation d'AeroScout au sein de Stanley Healthcare Solutions réside dans ce qu'on appelle communément le RTLS (Real Time Location System).

La société concentre aujourd'hui ses efforts sur la partie "realtime visibility" qui vise à aller plus loin que la simple localisation des assets en conférant de l'information à ceux-ci. Il est ainsi possible de déterminer, non seulement la localisation précise d'un asset (chaise roulante, matériel de perfusion, etc.) mais également d'attribuer à celui-ci un état informationnel précis quant à sa disponibilité par exemple (en réserve, en opération, en maintenance, etc.).

Pour transmettre ces informations, AeroScout s'appuie sur une infrastructure de réseau sans fil de type WiFi. La solution Aeroscout est compatible avec les principaux fournisseurs de matériels. Néanmoins, Aeroscout n'installe pas l'infrastructure WiFi qui a également d'autres finalités au sein de l'établissement de soins (comme l'échange de données ou encore l'acheminement des appels VoIP par exemple).

La valeur ajoutée d' AeroScout réside dans deux axes:

  1. réduire les coûts opérationnels (en supprimant des comportements individuels visant, par exemple, à stocker de façon "secrète" certains assets afin d'être assuré d'avoir lesdits équipements sous contrôle et qui aboutissent à des augmentations importantes et non justifiées des coûts d'acquisition pour la structure concernée);
  2. améliorer les process organisationnels (via, par exemple, le tracking, la mesure de température pour produits médicalisés, ou encore le reporting).

La valeur se trouve notamment au coeur de la plateforme applicative proposée par cette société qui peut, via une API, être directement intégrée dans les plateformes existantes au sein des établissements de soins de santé. L'application est entièrement personnalisable en fonction des besoins et des assets que l'on veut contrôler. La partie interface a été particulièrement soignée pour être rapidement maîtrisée par tout type de personnel (exemple: définition des alertes en fonctions des personnes et des zones concernées).

Enfin, cette solution peut également être adaptée afin d'assurer la protection du staff médical (exemple urgences) vis-à-vis de comportements agressifs de la part des patients. Elle est également utilisée afin de renforcer la sécurité dans des cas particuliers tenant à l'encadrement des patients dans les établissements spécialisés comme en psychiatrie par exemple.

  • AeroScout Real-time Visibility Solutions for Healthcare (.PDF 6281 k)
    Présentation de Andreu Huerta (Southern Europe Sales Director AeroScout) à l'occasion de la 6ème édition de l'IP-Forum AWT/Aastra, le 5 octobre 2012
    http://www.awt.be/contenu/tel/res/IP-Forum_10_2012_AeroScout.pdf
  • Aeroscout Lien externe
    Patient Tracking - AeroScout is the chosen solution of over 200 hospitals around the world for RFID patient tracking, healthcare RTLS and hospital RTLS and endorsed by AHA
    http://www.aeroscout.com

CHR de la citadelle. Le défi gagné de la gestion de l'accueil téléphonique

Comptant parmi les plus grands établissements hospitaliers en Wallonie avec 1036 lits répartis sur 5 sites, 3450 collaborateurs et plus de 400 médecins, le CHR de la Citadelle de Liège est venu présenter les différentes avancées concrètes réalisées en ce qui concerne l'accueil des appels téléphoniques internes et externes ainsi que les nouveaux process de gestion de l'information qui en découlent.

Se définissant comme un hôpital public d'excellence, le CHR de la Citadelle a clairement mis en tête de ses priorités l'augmentation de la satisfaction des clients internes (personnes soignants) et externes (patients). Dans cette perspective, l'accent a notamment été mis, grâce aux solutions de Damovo et d'Aastra sur une meilleure gestion des appels téléphoniques et du contact client.

Les défis face à une telle entreprise étaient pourtant considérables. Le service des rendez-vous reçoit actuellement 5000 appels par jour. Le service des guichets accueille quant à lui 1000 patients par jour. Enfin, le CHR gère 455 agendas médecins internes et externes.

Confronté à une hausse constante des appels depuis 2008, mais ne disposant que d'un niveau d'effectif stable (30 personnes), l'un des seuls moyens de résoudre cette équation était d'intégrer une plateforme technologique plus performante. Historiquement, avant même les patients, ce sont les médecins qui constituaient la principale source de plaintes pour des temps d'attente trop longs. Grâce à celle-ci, le délai moyen d'attente pour un rendez-vous téléphonique a été aujourd'hui ramené à 1 mm 25. Pourtant, entre 2008 et 2011, le nombre d'appels pour une prise de rendez-vous est passé de 527.000 à 630.000. Le système est également capable d'opérer une péréquation de la gestion des appels en fonction des pics de trafic touchant certains services alors que d'autres sont plus disponibles.

La mesure de l'impact des innovations technologiques sur le taux de performance (c'est-à-dire le nombre de patients pris en charge dans le délai moyen de 1mm25) donne les résultats suivants:

  • 2008: 61%,
  • 2010: 73%,
  • 2011: 78%.

Outre une meilleuregestion des files d'attentes, les performances ainsi réalisées ont permis de réduire significativement le stress des agents en charge des appels. La gestion des appelants a également fait l'objet d'un soin particulier dans la nouvelle plateforme, car certaines catégories d'appelants, comme les médecins, disposent aujourd'hui de numéros prioritaires qui sont automatiquement identifiés par le système. Les patients bénéficient également de conditions plus favorables via la possibilité d'un call back par l'établissement dans les 30 minutes suivant leur appel lorsque la file d'attente devient trop longue.

L'autre axe de travail a consisté à réduire le taux de désistement de rendez-vous à 25% grâce à la mise en place d'un système de rappel de rendes-vous à sept jours par SMS.

La plateforme offre aussi la possibilité de prise de rendez-vous par Internet. Cependant, contrairement aux attentes, ce nouveau canal n'a pas permis de faire baisser le nombre d'appels téléphoniques car c'est une nouvelle catégorie de patients qui est venue via ce canal électronique.

  • Présentation des rendez-vous (.PDF 369 k)
    Présentation du CHR de la Citadelle (Liège) à l'occasion de la 6ème édition de l'IP-Forum AWT/Aastra, le 5 octobre 2012
    http://www.awt.be/contenu/tel/res/IP-Forum_10_2012_CHRCitadelle.pdf

Pyxima. Une vue d'ensemble de l'état du patient via le dossier de soins

Pyxyma est une spinoff de l'Université de Leuven. L'objectif de cette société est d'améliorer la qualité de vie par les innovations technologiques. A l'occasion de cette 6ème édition de l'IP Forum, l'entreprise a présenté sa plateforme Pyxicare destinée à améliorer la qualité de soin dans les maisons de repos mais également pour les soins à domicile.

La connexion à Pyxicare s'effectue via une application dédiée disponible pour tablette (plusieurs tablettes sont supportées). Cette application permet de construire un dossier de soins électroniques. Celui-ci va collecter et rassembler les informations sur la situation actuelle du patient, puis, via un questionnaire, va donner au personnel soignant des indicateurs individuels donnant une vue d'ensemble de la situation personnelle du patient et des indications pour éventuellement modifier la nature et les modalités des soins.

Le questionnaire reprend plusieurs aspects tenant, par exemple, à la situation clinique, à la situation sociale ou encore à l'environnement et aux aspects psychologies du patient. L'analyse des résultats se traduit alors en termes de points d'attention activables ou non par le personnel soignant. La plateforme donne aussi accès à des données statistiques via des échelles et une évolution de l'état de santé du patient dans le temps.

Enfin, Pyxicare c'est également un système collaboratif qui permet l'échange des données concernant le patient afin d'améliorer la prise ne charge et la qualité des soins. La synchronisation de ces données s'effectue dans le cloud. Toutefois, il est intéressant de noter que l'application peut aussi bien fonction en mode connecté qu'en mode déconnecté.

La plateforme est également ouverte rendant possibles les échanges d'informations avec d'autres sources de données comme le dossier médical du patient à l'hôpital.

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