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samedi 10 décembre 2016

Telemis

Allier qualité des soins et gestion des coûts est un véritable défi pour les hôpitaux. C'est également la préoccupation de la société Telemis qui propose des solutions de télémédecine et d'imagerie médicale
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Mis à jour le 23/03/2005 | Imprimer | Envoyer

La spin-off néo-louvaniste, connue pour ses projets dans le domaine de la Télémédecine, fournit désormais une solution globale de gestion de l'imagerie médicale. En proposant l'imagerie médicale sans film, Telemis s'attaque aux deux problèmes majeurs des hôpitaux:

  • la maîtrise des coûts,
  • l'amélioration de la gestion des dossiers des patients.

Créée en avril 1999, grâce au programme First Spin Off de la Région Wallonne, Telemis S.A. occupe aujourd'hui 14 personnes et dégage une marge brute convaincante. L'actionnariat est composé d'investisseurs privés mais aussi d'institutionnels tels que Nivelinvest et la Sopartec (UCL). Telemis compte différents sites installés principalement en Belgique, en France et en Italie.

Stéphane Ketelaer, Managing Director de Telemis nous a expliqué comment mettre les nouvelles technologies au service des soins de santé.

Stéphane Ketelaer, Managing Director de Telemis Telemis

Un credo: l'imagerie médicale sans film

  • Qui? Telemis
  • Quoi? logiciels de gestion d'imagerie médicale
  • Quand? création en 1999
  • Avec qui? laboratoire Télécoms de l'UCL
  • Où? www.telemis.com

La pierre angulaire de Telemis, c'est l'imagerie médicale sans film. En quoi la suppression des bons vieux clichés examinés au négatoscope constitue-t-elle une avancée majeure? Le constat de départ est simple:

  • les dernières générations de scanners et d'appareils de radiologie produisent de plus en plus d'images par examen;
  • chaque planche radiographique coûte quelques euros;
  • la gestion et l'archivage de ces clichés est fastidieuse;
  • les films radiographiques font l'objet d'un processus particulier de recyclage.

Station de visualisation

La solution Telemis-Medical

Stéphane Ketelaer a expliqué à l'AWT qu'il place l'activité de son entreprise à la frontière entre les applications de télémédecine (entre différents sites) et les applications PACS (Picture Archiving and Communication System).

Au départ, Telemis s'est orientée vers la télémédecine. Le premier projet concernait la région de Chimay où il y a beaucoup d'accidents de la route avec traumatisme crânien, mais où l'hôpital ne dispose pas de neurochirurgien. Plutôt que d'envoyer systématiquement les patients dans une ambulance avec un risque important de décès durant le transport, l'hôpital de Chimay faisait un scanner, l'envoyait à l'hôpital universitaire de Mont-Godinne chez le neurochirurgien, celui-ci faisant un pré-diagnostic du type "gardez le pendant deux jours, ne l'envoyez pas maintenant sinon il va mourir".

Au fur et à mesure des années, Telemis a constaté qu'il y avait d'autres demandes au sein des institutions. Une des priorités de ces institutions était la gestion des coûts. L'entreprise a donc voulu répondre à ce besoin spécifique du secteur hospitalier.

La solution proposée par Telemis-Medical concerne la gestion des images. Son déploiement se fait en quatre étapes:

  • étape 1: acquisition d'images: la gestion de l'imagerie médicale commence dès la production d'images (digitales) par les scanners et appareils de radiologie. Actuellement, tous les renouvellements d'équipements portent sur des machines digitales;
  • étape 2: distribution d'images: en offrant un processus de transmission rapide d'images de bonne qualité, Telemis permet la consultation des images par tous les cliniciens impliqués dans le dossier, présents sur un ou plusieurs sites. Dans près de la moitié des cas, le prescripteur de l'examen est un médecin externe qui doit également accéder à l'information. La solution prend également en compte cet élément en publiant les images sous différents formats dont le cd-rom. Sur celui-ci, il y a les images et un visualisateur automatique. Il y a aussi la possibilité de faire des clichés sur papier ou éventuellement de transmettre les informations via un extranet;
  • étape 3: intégration au système d'information de l'hôpital: la notion de gestion du dossier médical électronique est de plus en plus présente dans les hôpitaux. L'image n'est qu'une partie du dossier et doit être intégrée au dossier médical. Dans ce contexte, l'identification du patient est extrêmement importante. Un des avantages importants des dossiers électroniques de soins consiste à permettre des recherches sur les noms de patients, pour autant que ceux-ci soient standardisés et parfaitement identifiés. L'identification de patient, cela demande un lien avec les systèmes d'accueil et d'enregistrement des patients via des identifiants uniques;
  • étape 4: archivage et back-up: une fois les 3 premières étapes réalisées, on peut investir dans le système d'archivage qui permet de faire un back-up et d'archiver sur plusieurs années.

L'imagerie sans film en 4 étapes

Une réponse adéquate aux besoins du secteur des soins de santé

L'avantage immédiat d'une solution PACS réside essentiellement dans la réduction des coûts de radiologie et de scanner. A plus long terme, c'est toute la gestion administrative qui peut s'en trouver améliorée mais aussi la qualité des soins aux patients.

Réduction des coûts

En allouant le budget annuel consacré aux films radiographiques à un système PACS, les hôpitaux réduisent leurs coûts d'examens et s'assurent la maîtrise de ceux-ci. Par exemple, pour un hôpital de 520 lits répartis sur deux sites produisant 2,5 terabytes d'imagerie par an, on évalue le budget annuel de films radiographiques à 300000 euros.

Comparaison des coûts entre une solution avec film et le PACS

La solution PACS ressort ses effets dès la première année. En amortissant le matériel sur cinq ans, l'économie directe réalisée se monte à plus de 40%.

Améliorer la gestion administrative et la qualité des soins

En systématisant la collecte d'images, celles-ci peuvent facilement être intégrées aux dossiers (informatisés) des patients.

Il y a moins de pertes d'archives, ce qui permet un meilleur diagnostic car l'intérêt de l'imagerie réside notamment au niveau des possibilités de comparaison: comparer deux patients qui ont des problèmes semblables ou, pour le même patient, comparer une radio de contrôle vieille d'un mois avec celle réalisée le jour même.

On peut d'ailleurs se demander comment ces comparaisons se faisaient auparavant. Il fallait sans doute compter sur la bonne volonté du patient pour ramener ses clichés ou encore garder les clichés dans l'hôpital mais via une demande préalable. Tout cela était assez lourd et se prêtait assez mal au diagnostic efficace et direct.

Pour ceux qui aiment la technique...

En tant que fournisseur de logiciels, Telemis ne souhaite pas imposer de configuration technique particulière à ses clients, mais préfère pouvoir s'adapter à l'environnement existant le cas échéant. La technologie Java a donc été choisie dès le départ pour sa portabilité sur les différents systèmes d'exploitations.

Les informations sont stockées dans une base de données MySQL, totalement multi-plateformes également. Plus simple que certaines de ses concurrentes, elle est très performante. Lors de l'installation sur site, deux serveurs de bases de données sont installés. Les fonctions de réplication sont gérées par l'application Java. Les serveurs sont généralement installés sur le site client car la plupart des hôpitaux préfèrent gérer eux-mêmes leur système et garder leurs données centralisées.

La sécurité est un élément majeur dans le développement du sytème. L'infrastructure se base sur un système de clé publique et clé privée. Toute l"information qui circule est cryptée et signée (ce qui permet de retracer l'historique de l'utilisation des images). Les droits d'accès des utilisateurs sont définis à l'installation.

Une initiative à souligner: Telemis a déposé ses sources chez un notaire afin de garantir l'accès au code source à ses clients si l'entreprise venait à disparaître.

Le format DICOM

Les images radiographiques sont enregistrées au format DICOM (Digital Imaging and Communications in Medicine). Cette norme est utilisée pour enregistrer les images médicales sur support numérique et facilite les communications et transferts entre différentes marques d'ordinateurs. Ce format se différencie des standards BMP ou JPG par sa capacité à contenir des informations textuelles sur le patient ou l'examen. L'ensemble des informations accompagnant une image pourra être récupéré et intégré dans les bases de données. A partir de cette base de données, les cliniciens peuvent effectuer différentes recherches pertinentes. Un atout que n'offrent pas les planches argentiques.

Les images DICOM, en 3 dimensions, sont aussi plus détaillées au niveau des échantillonnages, ce qui permet un grand niveau de précision (contraste, luminosité, variation de couleurs) et de qualité, améliorant ainsi le diagnostic.

Les images sont cryptées et soumises à différents algorithmes de compression, avec ou sans perte, choisis selon le type d'image et l'utilisation qui en sera faite (cd-rom, communication vers l'extérieur, etc). Par exemple, les images fournies sur cd-rom et destinées à un médecin seront enregistrées en jpeg, mais aussi en haute définition DICOM. Le visualisateur fourni par Telemis permet de visionner les images DICOM.

Pour en savoir plus

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